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 Les Tourments de Shinra

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Shinra Az-Dard
L'Archer de la Mort
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Localisation : En cavale
Messages : 109

MessageSujet: Les Tourments de Shinra   Mer 31 Oct - 12:49


Chapitre 1 : Evasion


J’étais agenouillé devant mon Maitre, directeur de la caserne militaire. Deux autres de ses sujets étaient à ma droite.


- Toi, Shinra Az-Dard, connu et crains sous le nom de l’Archer de la Mort, je t’honore pour tous les services rendus à notre glorieuse et puissante Nation. Tu incarneras pour notre roi, une arme de dissuasion et de guerre. Tu honoreras ton peuple en agissant pour son bienfait…

Nous étions dans une salle obscure, enfouie sous la caserne. Elle était éclairée par une timide lueur provenant des rares torches allumées. La cérémonie était sobre. Pas de grand public, pas de couronne, pas d’applaudissement. Juste ce heaume hérissé, créé à mon égard pour représenter mon agressivité, ma rage et mes qualités de tueur. Mais je n’avais que faire de tout cela. Cette caserne, ces gens ne m’étaient plus d’aucune utilité. Mon entrainement et mes missions avaient fait de moi quelqu’un de détaché, sans remords, sans scrupules, sans aucun sentiment, outre cette folie furieuse qui me remplissait d’une haine infinie.

J’avais tué tellement d’hommes, de femmes et d’enfants. Je me remémorai chacun de leur visage. Terrifié à l’idée de perdre leur vie ou leurs proches. J’étais celui qui nettoyait, purifiait ces terres symboliques. Mais toutes ces règles m’ennuyaient désormais. J’en avais marre de suivre ses directives à Lui, notre roi, comme à mon directeur qui commençait à se faire vieux.

Que m’avaient-ils offert en échange de ces massacres ? Un heaume de guerre ? C’est pitoyable. Des idées bouillonnaient dans ma tête. Je ne savais même pas par où commencer. Cependant je devais attendre le bon moment pour quitter ce système borné et dicté par des lois qui m’empêchaient de vivre normalement. Mais bientôt, je violerais tous ces codes de conduite.

La morale n’a jamais été mon fort. Je n’en ai d’ailleurs jamais eu. La compassion, l’amour, tout ceci n’est bon que pour les faibles. Il n’y a que ceux qui connaissent la véritable douleur qui peuvent savourer la vie comme ils le souhaitent. Ils en connaissent la notion et la valeur, même s’ils l’ont perdu comme moi. Mes mains sont peut-être tâchées de sang, mais au nombre de vies que j’ai pu prendre, elles sont d’or.


- … Tu recevras par conséquent, et en vertu de nos lois, ce heaume représentant l’honneur, la détermination et la…

Cessez donc votre discours… Gardez votre salive pour d’autres. Laissez-moi partir en paix. Laissez-moi vivre comme je l’entends. Laissez-moi découvrir et tuer n’importe qui. Vous m’avez rendu plus agressif que je ne l’étais. Laissez-moi vous montrer que le garçon que vous aviez connu a disparu pour devenir une véritable bête corrompue par le sang… Je désactivai discrètement le cran de sécurité de ma petite arme placée sur ma main droite. Je fis une première pression de la paume. Un léger « clic » s’échappa du mécanisme. Elle était prête à tirer. Je l’étais aussi.


- Shinra Az-Dard, enfant perdu des Quartiers Sombres, aujourd’hui l’un des plus grands assassins de Misengris, nous te…

Il y a avait ces deux hommes à ma droite que je devais éliminer en premier. Puis ensuite viendra le tour de ce vieil homme marqué par des siècles de vie.

Tous ces cyclums passés à endurer des souffrances pour devenir le meilleur. Tous ces cyclums à sacrifier ce qui me restait d’humanité… Tous ces cyclums ont disparus. Les personnes que j’avais côtoyées n’étaient plus que des souvenirs. Je devais passer à autre chose. Mais avant…


- Ainsi, Shinra Az-Dard, nous te nommons soldat d’honneur de Misengris.


C’était le moment d’en finir avec tout ceci…



Dernière édition par Shinra Az-Dard le Dim 11 Nov - 21:53, édité 1 fois
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Shinra Az-Dard
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Localisation : En cavale
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MessageSujet: Re: Les Tourments de Shinra   Jeu 1 Nov - 11:29

- Vous savez que je n’ai aucun honneur, dis-je.

Mon Maitre fut surpris de ma réponse et répondit d’un ton sec :


- Je te demanderais de te taire jusqu’à la fin de la cérémonie.


- Je n’ai plus d’ordre à recevoir de votre part, répliquais-je en me relevant.

- Mais bon sang, que fais-tu Shinra ?!

- Oubliez l’enfant que vous avez rencontré il y a des cyclums de cela. Je suis un tout autre Supérieur désormais.

- Shinra je t’ordonne de … !


Je venais d’abattre un des deux gardes qui étaient à ma droite. L’autre pus esquiver de justesse mon tir et se planquer derrière une des colonnes qui soutenait le plafond de pierre.

Je me jetais sur le vieux Supérieur. Il me repoussa d’un violent coup mais je repartis de plus belle à la charge. Si je ne le maitrisais pas, je ne pourrais très certainement pas arriver à bout de l’autre assassin. Cette fois-ci, le directeur était prêt à se battre. Je feintais un crochet gauche pour camoufler mon tir hasardeux. Ma fléchette se planta dans son bras gauche. Il cria lorsque celle-ci pénétra dans sa chair. Déstabiliser par la douleur, je saisis l’opportunité. Je bondis, l’attrapant par le col pour le ramener vers moi. Puis dans un même geste, je plaquais son dos contre ma poitrine, mon bras gauche lui serrant la gorge sans l’étrangler.


- Sors de ta planque, assassin ! J’ai la vie de ton directeur entre mes mains !

Il ne sembla pas bouger. Se moquerait-il lui aussi de la mort du directeur ? Ce dernier prit la parole. Sa voix était haletante à cause de sa blessure, mais on percevait malgré tout son calme dans ses paroles :


- Shinra, tu oses te rebeller contre moi qui t’es tout appris ? Te rends-tu compte que tu te rebelles contre la volonté toute entière d’une nation ?

- Dites-lui de sortir de son trou ou je vous jure que je vous tuerais !
lui criais-je.

Je perdais patience. Je commençais à me rendre compte du pétrin dans lequel je venais de me mettre. Je ne devais pas pour autant perdre les pédales. Il fallait que je reste lucide dans mes actes. Et j’étais déterminé à obtenir ma liberté, et ce à n’importe quel prix. Si je désertais, on m’aurait pris en chasse tout en sachant à qui je ressemblais. Mais ici tout sera différent. Ils traqueront une ombre, un fantôme, un nom sans visage. Je ne pouvais plus faire machine arrière. Il n’y avait que deux personnes qui pouvaient m’identifier à mon visage. Et ils étaient dans cette pièce.


- ORDONNEZ-LUI ! m’impatientais-je.

- Sors mon ami. N’aie crainte.

Il sortit lentement de sa cachette, arc bandé sur le directeur et moi. Son visage… Aucune expression. Pas une marque de peur, de tension ou de panique. Il paraissait calme.

- Lâche ton arc !
lui ordonnais-je.

Il ne bougea pas. Il restait à me fixer, me viser avec son arme. Ses mains ne tremblaient pas. Ses bras non plus. Il respirait normalement. Sois il excellait pour camoufler sa peur, sois il était serein, comme si il avait déjà vécu cette scène des millions de fois.

- LACHE TON PUTAIN D’ARC OU JE LE TUE !

Le directeur fit un signe de tête. Je n’eus le temps de réagir. L’assassin tira sa flèche en pleine poitrine du vieux directeur.


- ENFOIRE !

Je répondis instinctivement en lui envoyant une salve de fléchettes. Il put en esquiver une, mais il s’en prit deux autres au niveau de la clavicule. J’entendis des gémissements. Je voyais le reste de ses jambes à partir des genoux. Il bougeait faiblement. Il devait être grièvement blessé. Je m’avançais comme je pus avec le corps de mon ancien maitre qui perdait vie. Arrivé au niveau de la colonne, je jetais un coup d’œil à l’assassin qui était en train d’agoniser : un de mes tirs l’avait atteint à la gorge. Son destin était scellé. Il allait bientôt mourir. Mon Maitre prit la parole:


- Si… Si tu veux devenir le plus reconnu des assassins… Il te faudra… Tuer ceux qui sont meilleurs que toi… Mais… Tu n’iras pas plus loin… Eh eheh…


Il prit la flèche qui l’avait transpercée. Il la remua légèrement. Je lâchai prise. Le vieux tomba par terre sur le dos. Moi j’étais à quatre pattes sur le sol. Je sentais quelque chose de froid au niveau de mon abdomen. J’y déposai ma main gauche. Je sentais un liquide coulait. Je la retirai pour voir ce qu’il y avait dessus. C’était rouge. C’était mon sang.
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Shinra Az-Dard
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MessageSujet: Re: Les Tourments de Shinra   Mer 7 Nov - 19:31





Ma blessure ne semblait pas très profonde, mais si je ne m’en occupais pas rapidement j’allais y passer aussi. Mais je voulais rendre un dernier adieu à celui qui m'avait entrainé. Je revins donc vers mon ancien Maitre, toujours sur les rotules à cause de ma plaie. Le directeur respirait encore, mais difficilement. Chaque battement de son coeur semblait pour lui une véritable souffrance. Mais son regard était rempli d'une tristesse mélangée à de l’incompréhension...

- Pourquoi… ? me demanda-t-il d’une voix faible. Je t’avais pourtant… tout donné…

- Je veux être libre désormais. Vivre ma vie comme je l'entends. Mais cette liberté à un prix, et je suis prêt à le payer.

- Je comptais… Tant sur toi… Tu avais tout… d’un parfait assassin…

- Les lois et les ordres… Je les ai assez endurés...


Il s'agrippa à une des manches de mon manteau. Il serrait comme pour me transmettre sa douleur. Ses yeux débordaient de larmes. Les miens finirent par en verser aussi...


- Je t’en supplie Shinra… Ne trahis pas notre Nation… Elle a déjà… Trop souffert…

- Je protègerais Misengris, mais à ma façon. Soyez en paix désormais...

- J’aurais tant voulu…Te voir… Grandir…
dit-il dans un dernier soupir.

La mort l’emporta. Ainsi la fin de sa vie marquée la naissance d'une autre. La mienne. J'aurais voulu que cela se passe autrement... Mais si un jour je voulais vivre librement sans être traquer, il devait en être ainsi...
Je déchirai une partie de sa manche du vêtement blanc qu’il portait. Je le passais autour de moi au niveau de ma blessure tout en serrant fort pour qu’il exerce une pression. Le tissu prenait déjà une teinte rouge. Je sentis au fond de moi cette chose s’excitait. Il fallait que je quitte ce lieu le plus rapidement possible avant que je ne perde le contrôle. Je me relevai et vis le heaume que le vieux Supérieur était censé m’offrir. Il était toujours sur son piédestal. Je fis quelques pas, et le pris. Je le mis sur ma tête puis je le recouvris avec la grande capuche de mon manteau. Il m’allait à la perfection. Je le porterais en votre honneur, Maitre.

(à répéter si vous n'avez pas finit de lire)

Je me retournai et me dirigeai vers la sortie. Ma blessure me faisait mal. J’avais beau appuyer avec ma main, elle me tiraillait de douleur. Elle était peut-être plus profonde que je ne l’avais pensé… J’ouvris à la volée la grosse porte de la salle. Des escaliers se présentaient à moi. Je les gravis avec peine, m’aidant des rambardes pour monter. Chaque effort que je faisais rendait plus pénible le suivant. Il y avait une trentaine de marches à parcourir. Arrivé en haut, j’étais essoufflé. J’avais du mal à reprendre ma respiration. Face à moi se trouvait une nouvelle porte. Je l’ouvris. Un garde se postait à l’entrée. Il se retourna et me vit.


- Il y a un fou furieux en bas ! Il a tué le directeur et un de ses sujets ! J’ai réussi à le blesser, mais lui aussi ! J’ai besoin de ton aide ! improvisais-je en tentant de reprendre ma respiration.

Il restait là à me dévisager. Il ne semblait pas me croire.


- Qui es-tu ? me demanda-t-il en pointant son arme vers moi.

- Un des sujets du directeur !

- Qui est ce fou furieux ?

- C’est Shinra ! Il a tout totalement pété les plombs !


Je savais que dans la caserne, plus d’un voulait me tuer pour l'avoir emmerdé pendant tous ces cyclums de "vie commune". Tout le monde me connaissait, mais mon visage leur était inconnu. Ce garde faisait partie de ceux à qui j'avais fait des malheurs. J'allais pouvoir tirer partie de cette soif de vengeance... Après quelques secondes de réflexion, le garde répondit:

- Amènes y moi !

La cupidité des Supérieurs… Aussi bien notre force que notre faiblesse. Et cette fois-ci, la chance semblait être de mon côté. Pour le moment.

- Passe devant, je vais te ralentir en descendant sinon !


Il acquiesça d’un signe de tête et ouvrit la marche vers l’escalier. Dès qu’il atteint la première marche il se retourna. Il vit alors qu’il était tombé dans mon piège.

- Je suis Shinra Az-Dard… Et ta vie s'achève maintenant.

- Espèce de … !


Je lui tirai une fléchette en pleine tête. Je verrouillai la porte. J’étais dans la cour de la caserne. Heureusement, personne ne trainait ici à ces heures-là. Je voyais le grand portail de la caserne ouvert. Il y avait deux gardes là-bas.
J’essayais de trottiner avec ma blessure à travers la cour. Je sentais le sang couler sur ma peau. Le tissu blanc était désormais totalement rouge sur ma blessure et aux alentours. Je perdais du sang, beaucoup trop de sang. Ma tête me tournait. Des flashbacks de mon enfance me revenaient. Il ne fallait pas que je perde conscience, pas maintenant. Pas si près du but.

J’étais juste devant le portail. Je m’apprêtais à sortir. Je recouvrais ma blessure avec mon vieux manteau puis dans un ultime et dernier effort, je me suis redressé et me mis à marcher normalement. Chaque pas était une torture qui me faisait grimacer. Heureusement, ma capuche et mon heaume me cachait le visage. Je passais derrière les deux gardes de la caserne. Ils étaient à ma droite, de dos. Un d'eux pointait son doigt vers le Sud en racontant des histoires sur le port.

Je traversais la rue, zigzaguant entre les véhicules tirés par toute sorte de créature. Pourvu que…


- Eh toi là-bas ! Qui es-tu ?


Je me retournai rapidement. Ils me regardaient. Merde… C’était pour moi. Ils commencèrent à s’avancer parmi les nombreuses charrettes qui circulaient dans les deux sens. J’étais quasiment de l’autre côté de la chaussée. Je vis une charrette remplit de foin avancée vers moi. C’était ma seule occasion. Je disparus du champ de vision des deux gardes et me rapprochait de la charrette. Elle passa à côté de moi. Je saisis une des rambardes qui maintenait la cargaison puis je me suis allongé et me suis recouvert de foin. Je tournai la tête vers la chaussée. Les gardes arrivèrent juste à côté de la charrette. Ils regardaient dans tous les sens, y compris les toits des maisons.

- Putain, où est-ce qu’il est passé ?! cria de rage l’un d’eux.

La charrette s’éloigna lentement de ces abrutis sans cervelle. Je n’avais plus rien à craindre d’eux, mais c’était désormais ma blessure qui m’inquiétait. La charrette tourna à l’angle de la rue. Je me découvris du foin qui était sur moi. Mon pantalon s’imbibait du sang… J’en avais perdu une quantité importante. Je ne sais pas combien de temps je pourrais encore tenir, mais j’allais très certainement perdre conscience d’ici quelques minutes. Je ne savais pas où allait la charrette, et c'était le dernier de mes soucis. Du moment qu'elle m'emmenait loin de ce lieu, ça m'ira. Ma vision devenait de plus en plus floue au cours du voyage. Je pus distinguer les contours du château... Les bruits autour de moi se transformaient peu à peu en échos. Les marchands qui beuglaient plus fort que leurs animaux devinrent pour moi une mélodie... Les mouvements de la charrette me berçaient vers l’inconscience, vers ma mort… Je ne pouvais pas finir ainsi… Pas moi… Ce fut le néant…

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Shinra Az-Dard
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MessageSujet: Re: Les Tourments de Shinra   Dim 11 Nov - 10:44


Chapitre 2 : Renaissance


Je rouvris lentement les yeux. Je ne distinguais pas grand-chose, juste des formes aux contours abstraits et des couleurs qui se mélangeaient. A ma droite, de la lumière se dégageait de ce qui ressemblait être une fenêtre. Mon regard s’y perdait.

J’entendais mon cœur battre, comme un rythme de tambour qui résonnait dans mes oreilles. J’entendais ma respiration lente mais régulière. J’étais vivant. Puis il y eut un autre rythme de tambour. Je vis un visage sans en distinguer les détails passer au dessus du mien. De longs cheveux d’un blond éclatant tombaient, me caressant furtivement le torse. Puis j’entendis une voix dont je ne comprenais pas la langue. Elle résonnait dans ma tête. Bien que je ne saisissais pas le moindre mot de ce qu’elle disait, elle m’était agréable. C’était comme si elle m’apaisait. Même l’immonde chose que j’avais en moi ne semblait plus me hanter.

Ma vue redevenait de plus en plus nette. Et puis je pus observer le visage qui me parlait. Je l’admirais même. Les yeux d’un vert émeraude, ses traits fins avec de magnifiques longues oreilles décorées d’anneaux d’argent, la Supérieur qui se trouvait devant moi n’avait d’égale splendeur. Ses mots toujours imperceptibles m’enchantaient. Ils m’emmenaient dans un autre monde. Que m’arrivait-il ? J’avais déjà connu de l’attirance pour des femmes, mais ici… Tout était différent. Le temps semblait s’être arrêté. Je pensais contrôler mes émotions. Mais à ce moment précis, c’était une explosion, un mélange de toutes les sensations possibles et imaginables. Pour la première fois de ma vie, je ne pensais plus, c’était comme si les battements de mon cœur me dictaient ce que je devais faire…


- Eééé…aaaa….aaaa

Je ne comprenais rien. Je faisais un effort considérable pour la comprendre. Je fronçais les sourcils, comme si la regardait d’un air plus pénétrant m’aurait permis de mieux la comprendre. Elle sourit. Ses dents blanches étaient parfaitement alignées. Cette supérieure avait un sourire éclatant. Je me mis à sourire aussi. Bêtement. Je ne savais même pas pourquoi. Je devais très certainement avoir une tête d’imbécile, mais la voir sourire me faisait du bien. J’avais l’impression de vivre ailleurs…

- Est-ce que ça va ? reprit-elle d’une voix douce.

- Je gnble tra vien… bredouillais-je.

Elle sourit de nouveau. J’en fis autant. Puis je repris la parole, mais avec des mots compréhensibles cette fois :


- Je… Je pense que oui… Où suis-je… ?

- Chez nous, répondit-elle en montrant de sa main deux personnes à sa droite.

Il y avait deux autres Supérieurs. Une femme et un homme. Ils étaient très certainement ses parents. Ils me saluèrent d’une main. Je voulus en faire de même, mais j’étais trop faible pour la lever. Elle semblait de plomb. Je ne pus que leur répondre un timide « merci ». Quelques secondes plus tard, je brisais le silence qui s’était installé :

- Pourquoi... M’avoir aidé ?

- Pourquoi te laisser mourir ? répondit le père. Ma fille suit des cours en médecine. C’était pour elle, une aubaine de s’entrainer,
reprit-il avec le sourire.

Je ris pour la première fois depuis longtemps. Mais ce fut bref car je ressentis de violentes douleurs au niveau de ma blessure.

- Je crois que tu devrais te reposer un peu. Nous parlerons plus tard, conclut le père.

Il quitta la pièce suivit de sa femme. Puis il appela sa fille qui répondit qu’elle les rejoindrait plus tard. Elle déposa de nouveau son regard sur moi. J’en avais des frissons. Son regard me désarmait. Elle me mettait à nu, sans défense. Sans l’ombre d’une hésitation, je lui aurais offert tout de moi, comme si mon propre corps ne m’appartenait plus. Elle évitait cependant que nos regards se croisent. Ils étaient furtifs, mais plein de sens. Elle prit une bassine d’eau qui était par terre. Il y a avait de la vapeur d’eau qui s’en échappait. Elle sortit du récipient un torchon imbibé. Elle l’essora, descendit le drap qui me recouvrait et mit le morceau de tissu sur ma plaie.


- Lorsque mon père vous a trouvé sur sa charrette, vous aviez perdu conscience. Votre blessure commençait à s’infecter parait-il. Il m’a dit qu’il tentait de stopper au mieux l’hémorragie. Je suis arrivée peu de temps après et j’ai pu finir ce qu’il avait commencé. Navré de cette grossière cicatrice, j’ai plutôt l’habitude de recoudre des bêtes, dit-elle en découvrant ma blessure.

En effet cela n’était pas joli à voir. J’avais déjà eu à me faire recoudre la peau, mais jamais je n’avais vu un tel désastre. On dirait qu’elle s’y était reprise à plusieurs fois. Les fils allaient dans tous les sens et il y en avait beaucoup trop. Ça allait être prometteur lorsque le temps sera venu de les enlever. Mais malgré tous, c’était grâce à elle que j’étais encore en vie. Et j’étais prêt à accepter tout traitement, du moment que je sois avec cette femme.
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Shinra Az-Dard
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MessageSujet: Re: Les Tourments de Shinra   Dim 11 Nov - 22:31

- Je ne saurais comment vous remercier…

- Reposez-vous, ça sera déjà une bonne chose.

- Comment vous appelez-vous ?

- Diana, et vous ?


Soudain, je redescendis de mon nuage. La réalité vint me frapper de plein fouet. Qui j’étais… ? J’étais Shinra Az-Dard, le Supérieur qui a assassiné d’innombrables gens, qui a tué le directeur de la caserne ainsi que ses deux sujets et qui est désormais en cavale. J’étais l’Archer de la Mort, j’étais un Supérieur corrompu au sang. J’étais un être dangereux, un fou. Voilà qui j’étais.

- Je suis… Furiand.

- Et que faites-vous dans la vie, Furiand ?


Je ne pouvais mentir à ses questions. Ils devaient avoir vu mon équipement.

- Je suis soldat à la caserne.

- Et comment avez-vous pus vous retrouver blessé comme vous l’êtes dans la charrette de mon père ?


Là, il fallait que j’invente. Ou alors que je fasse l’amnésique. Solution la plus simple je pense, vu mon état.

- Je… Je ne me souviens plus exactement… Je me souviens m’être battu lors d’un entrainement, j’ai dû prendre un coup d’épée… Mais je ne vois pas comment j’ai pu atterrir sur le foin de votre père.

- Sauf que ceci, noble Furiand, n’a rien d’une blessure d’épée. C’est une flèche qui vous a touchée.

- Alors je ne saurais quoi vous répondre. Je me rappelle juste cette douleur à l’abdomen…

- Reposez-vous maintenant. Je vais vous laisser dormir.


- Combien cela fait-il de temps que je suis ici ?

- Vous avez passé la nuit dans une inconscience totale. Nous pensions vous avoir perdu.

- Navré de cette frayeur. Merci encore Diana…


Elle quitta la pièce en fermant doucement la porte. La tête sur un traversin, je fermai les yeux, balayant les souvenirs de mon ancienne vie par le visage de Diana. Au fond, je m’en tirais bien. Ma liberté s’annonçait par de merveilleuses rencontres…
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Shinra Az-Dard
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MessageSujet: Re: Les Tourments de Shinra   Lun 12 Nov - 13:33

Dans les lums qui suivirent, je pus me lever et marcher, mais avec difficulté. J’appris par la même occasion que j’étais dans les Quartiers Sombres, et que pour payer les impôts, le père travaillait dans les champs. Entre temps, il me redonna mon équipement.

Sa compagne, elle, « travaillait » dans la maison close… Elle me racontait que si elle ne trouvait pas un mari convenable à fille, elle finira malheureusement par être une prostituée. Quand elle le pouvait, elle prenait soin de moi, m’aidant à marcher, à monter les escaliers. Cette femme avait un cœur pur et une volonté remarquable pour tenter de sauver sa fille de ce bordel de femelles en chaleur.

J’avoue qu’après avoir appris cela, imaginer ne serait-ce qu’une seconde voir Diana se faire prendre par ces chiens affamés de jolies femmes ne me plaisait guère. Je ne saurais dire le temps que j’ai passé avec eux. Ils étaient devenus pour moi une seconde famille. J’aidais le père de Diana dans ses champs, je ramenais sa compagne de son travail, évincée de sa journée et de l’alcool qu’elle avait bu pour oublier ce qu’elle faisait. A plusieurs reprises, elle m’avait fait une proposition lorsqu’elle était sous l’emprise de l’alcool. En temps normal, j’aurais accepté. Mais j’ai sans cesse refusé, par respect pour sa personne et pour Diana. J’admirais cette famille. En bref, Furiand, le soldat amnésique remplaçait Shinra, l’Archer de la Mort.

Et de fil en aiguille, Diana et moi sortions ensemble de plus en plus souvent. Je m’amusais avec elle. Nous partagions le même humour, les mêmes blagues… Les mêmes sentiments. Si bien qu’un soir, nous finîmes par nous embrasser…

Nous étions sur le toit d’une vieille bâtisse à regarder les étoiles. L’air devenait frais mais nous aimions rester là, à admirer les astres. Allongés l’un à côté de l’autre, nous parlions de choses qui n’avaient aucune importance, mais qui pourtant, nous rapprochaient chaque jour un peu plus. Et ce soir-là fut le soir le plus intense, le plus sentimental, le plus passionné de toute ma vie.

Pendant qu’elle me parlait, elle me saisit discrètement la main, la serrant contre sa généreuse poitrine. Je tournai la tête pour regarder son visage. Elle m’observait déjà. Ses yeux exprimaient la même chose que moi. L’Amour. Nous nous aimions. Je ne pouvais me retenir plus longtemps. Je me suis jeté sur elle, l’embrassant avec toute la fougue, toute la frustration que j’avais pu garder en moi. Elle ne s’y opposa pas, loin de là. Elle me suivit dans ce désir sexuel que nous attentions tous les deux.

Je la déshabillais petit à petit, enlevant d’abord son haut. Sa peau satin resplendissait avec le clair de lune. Je mordis avec une sauvage douceur sa poitrine, puis je suis remonté vers son cou, laissant sur mon chemin des baisers d’amours. Je lui mordis l’oreille. Son souffle s’accéléra. Il devenait bruyant mais il m’excitait encore plus. Je l’embrassai à m’en étouffer. Puis une nouvelle fois.

Elle m’arracha mon haut, me griffa les côtes et l’abdomen. Je lui pris sauvagement son bas et le retira. Elle était nue désormais. Nue, et à moi. Elle était un cadeau, un miracle. Elle finit de me déshabiller rapidement. Elle me caressa. Je n’en pouvais plus… Je voulais faire l’amour à cette femme. Toute la nuit, et même tous les jours, à chaque instant qu’il m’aurait été possible de le faire. Je la soulevais par les fesses et me mis debout. Et subitement, cet instant magique se produisit. Elle gémit de plaisir. Moi aussi. Je l’avais pénétré. Je me sentais en elle. Une extase à l’état pure.

Je la plaquai contre un mur et lui fit comprendre à quel point je l’aimais. Son souffle, ses gémissements, nos corps brûlant du désir de l’autre, notre sueur qui se mélangeait, qui nous liait par cet acte. C’était une façon de marquer notre territoire. Je dus lui mettre la main devant la bouche pour atténuer le bruit de ses hurlements. Elle en faisait de même pour moi. Je m’égosillais à crier du plaisir que je prenais. J’avais l’impression qu’à chaque instant j’allais me réveiller de ce fantasme qui était une pure réalité. Nos ébats durèrent des heures, la mettant chaque seconde qui passait à l'épreuve de mon corps qui lui donnait tout le plaisir qu'elle désirait. Je lui donnais tout. Tout de moi. Mon ancienne haine, ma colère, ma rage, mes sentiments, ma chair, mon amour, mon cœur. Puis, suite à des heures d'ébats intenses, nous nous allongeâmes, elle sur moi. Couvert de nos affaires, elle s'appuyait sur mon torse, me dévisageant comme si c'était la première fois qu'elle me voyait. Son visage et son regard exprimaient... Je ne saurais le dire... De l'admiration ? De l'amour ? La découverte de quelque chose de nouveau ? L'excitation du moment ? Contemplation ? Je ne savais pas, mais j'aimais son regard. Il me réchauffait, m'apaisait, comme toujours.

- Je t'aime Diana.

- Je t'aime aussi mon Amour...
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Shinra Az-Dard
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MessageSujet: Re: Les Tourments de Shinra   Lun 12 Nov - 23:47

Chapitre 3 : Exil

Spoiler:
 



Je la sentais contre moi, vivante et possédant cette chaleur que seuls les vivants pouvaient transmettre. Moi qui était normal de glace, cette dernière fondait. La flamme ardente de Diana me consumait jusqu'à l'os, mais je m'en moquais. Je la laisserais me réduire en cendre s'il le fallait. Je caressais sa longue et magnifique chevelure qui s'étalait sur son dos. Je sentais encore ce doux parfum qu'elle déposait dans ses cheveux. Il m'enivrait, me faisant vagabonder dans un autre monde...

Je la regardais. Elle s'était assoupie. Son visage endormie lui donnait l'air d'une merveille que l'on souhaiterait garder toute sa vie. Et elle l'était. Elle laissait paraitre sur son visage un bonheur indescriptible, celui que je lui donnais. J'étais heureux. Heureux de pouvoir enfin partager une vie, heureux de pouvoir illuminer celle d'une autre personne, celle que j'aimais éperdument. J'avais le sourire aux lèvres. Rien ne ressemblait à mon ancienne vie... Peut-être que Shinra Az-Dard était voué à disparaitre... Peut-être était-ce la fin de l'Archer de la Mort... Peut-être était-ce la fin de cette chose hideuse au fond de moi qui m'appelait au massacre... Peut-être que... Je finis par m'endormir sous les astres qui brillaient encore de leur lumière argentée.

Lorsque je rouvris mes yeux, il faisait plein jour. La lumière du soleil m'éblouit quelques secondes, puis je pus de nouveau voir correctement. Diana était toujours là, sur moi. Elle n'avait pas bougé de la veille. Toujours ce magnifique visage au teint pur, dessiné par des traits fins et avec un air d'allégresse. Je n'en revenais toujours pas d'avoir partager autant de moi avec la plus belle créature que j'ai pus rencontrer dans ma vie. Tout me semblait si irréel, si... Cela ressemblait à un compte de fée. Tout était tellement beau que j'avais l'impression de vivre dans une autre dimension... Je l'admirais encore quelques minutes, puis elle ouvrit ses yeux émeraudes qui me désarçonnaient chaque fois qu'elle me regardait.


- Bonjour mon Amour, dis-je en lui déposant un baiser sur son front.

- Si tu crois que je vais me satisfaire de si peu maintenant…


Je la regardai, passant une main dans ses cheveux entremêlés par notre nuit animale.


- Je te ferais le petit déjeuner en rentrant.

- C’est déjà mieux,
répondit-elle avec son sourire envouteur.

Nous repartîmes de la bâtisse vers sa maison. Dix minutes de marche nous suffirent pour l’atteindre. Nous y entrâmes. Devant nous, dans la salle à manger, se tenaient les deux parents. Le père paraissait furieux. Il me regardait comme s'il allait me tuer.

- Où étiez-vous ?! rugit le père.

- Nous…


- Tais-toi ! Je parle à ma fille ! me coupa-t-il.

- Et bien… Nous étions sur le toit d’une vieille bâtisse à regarder les étoiles,
répondit timidement Diana.

- Je t’avais interdit de sortir la nuit Diana ! Les Quartiers sont malfamés, tu le sais très bien !

- Mais Furiand était avec moi !

- Et que pourra-t-il contre cinq gros gaillards ? La seule chose qu’il pourra faire, c’est te voir te faire violer ! Tu n’as aucun scrupule à notre égard… ? Tu ne vois pas ce que nous faisons pour toi… ?


Des larmes commencèrent à couler sur les joues du père, comme de la mère. J’étais mal à l’aise, mais j’éprouvais tellement de peine pour eux. Une famille si bonne méritait une meilleure vie. Diana me serra la main avec force. Elle était crispée, tendue, comme si elle sentait que tout allait basculer. Son père remarqua son geste et hurla de nouveau :

- VOUS… VOUS ETES ENSEMBLE ?


Cette fois-ci, je ne dis rien. Diana prit la parole instinctivement :

- Oui ! Nous sommes ensemble ! Nous nous aimons ! ET NOUS L’AVONS FAIT !


Son père était désormais dans une fureur noire. Son regard, ses lèvres, ses narines tremblaient… Il s’apprêtait à tempêter… Mon Dieu, qu’avais-je fait ?

- VA-T-EN ! PRENDS TES AFFAIRES ET NE REVIENS JAMAIS ! TU M’ENTENDS ? JAMAIS ! OU JE TE TUERAIS !
me vociféra-t-il.

En temps normal, c’est moi qui l’aurais tué. Mais je n’ai pas discuté. J'étais désemparé. Je ne savais plus quoi faire, où me mettre ni même quoi dire. Je suis monté à l’étage, sous le regard furieux du père. Dans la chambre je pris toutes mes affaires, tout mon équipement. J’étais redevenu soudainement Shinra. Mon passé m’avait rattrapé en quelques secondes. Qu’allais-je devenir après ça ?

Je redescendis les escaliers. Toute la famille était à la même place. Le père, rouge écarlate en première ligne, la mère en larmes juste derrière, et Diana en sanglot, gisant par terre derrière cette barrière humaine. A mon tour, je me mis à verser quelques larmes. C’était une véritable déchirure pour moi. Tout ce que j’avais pu imaginer la veille, tout ce que je pensais vivre avec elle s’était envolé en un instant. Je n’allais très certainement plus jamais la revoir… Ma nouvelle famille n'était désormais plus qu'un souvenir...


- J’aime votre fille…

- DEHORS !

- …Merci… Pour tout…

En franchissant le seuil, mes entrailles se sont nouées. Je me retins de ne pas vomir. Je ressentais une profonde douleur au niveau de mon cœur, comme une déchirure, une plaie ouverte, béante. Moi qui répétait que l'Amour était pour les faibles, j'y ai succombé. Et j'en payais désormais d'un lourd tribu ce que j'avais toujours renié. Aujourd'hui et plus que jamais, j'étais déchu, malheureux. J'étais au bord du gouffre. Désormais, plus rien ne me retenait si je chutais. Je sentais toute cette peine à l'intérieur de moi. Je sentais toute ma colère, ma haine, mon désarroi, ma folie... Tous ces sentiments liés à la douleur. Ils refaisaient surface. Mais je n'aspirais plus à vivre avec tout ceci. Je voulais vivre l'Amour. Je ne voulais plus maitriser ce que je ressentais. Je ne voulais plus alimenter mon être de cette essence morbide. Je ne voulais plus être fort comme on me l'avait appris. A tirer sa force de ses malheurs. Je voulais être faible et vivre heureux avec une Supérieur qui me consumerait mon âme et me purifierait de mes pêchés. Je voulais connaitre le bonheur et la joie de vivre, sourire à la vie sous un soleil éclatant... Je ne voulais plus de cette sombre vie, cachait aux yeux de tous, à la merci de la solitude et de la folie.

Je voulais revivre. Revivre ce que je venais de perdre.
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Shinra Az-Dard
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MessageSujet: Re: Les Tourments de Shinra   Sam 17 Nov - 10:55

Je remontais la rue, abattu par ce qu'il venait de se passer. Après quelques longues minutes de marche, à gauche de nouveau, se trouvait un cul de sac assez reculé. Je m’installai au fond. Je m’assis en boule, la tête entre les genoux. J’éclatais en sanglot. Je me desséchais sur place. Je ne pensais pas qu’un Supérieur pouvait autant pleurer. Et pourtant, une partie des manches de mon manteau fut imbibée de larmes. Je restai un long moment ainsi, seul, à penser à mon Amour perdu.

Je finis par poser ma tête contre des ordures et fermis les yeux. Lorsque je les rouvris, il faisait sombre, presque nuit. Je m'étais assoupi. Je me relevai et… Je ne savais pas d’où j'avais pus tirer cela, mais une force inconnue me poussa à aller voir de nouveau les parents. J’étais déterminé à leur montrer à quel point j’aimais leur fille et que j’étais prêt à la rendre la plus heureuse de toutes les femmes.

Je me mis à marcher rapidement, puis à courir. Je souriais, ravivais par une force déterminante qui me poussait de l’avant. Arrivé au seuil, je vis la porte entre-ouverte, les lumières allumées. Je l’ouvris. Tout était calme. Je continuais dans la maison, mais personne ne se trouvait au rez-de-chaussée.

J’avais déjà connu ce genre de situation auparavant. Je me souviens à une de mes missions avoir retrouvé un endroit aussi calme. Aussi paisible. Aussi… mortel. Mon instinct de tueur se réveilla. Je sentais que quelque chose s’était passé ici. Mais j’espérais que ça ne soit pas ce que je pensais… Je montai rapidement les marches pour accéder au premier étage. Peut-être étaient-ils tous dans la même chambre ? Peut-être que ses parents la consolaient ? Que pourraient-ils leur arriver d’autres ? J’ouvris la première porte face à moi. Rien. J’ouvris la deuxième qui se trouvait un peu plus à droite. Rien. Et la dernière… Celle où l’on m’avait hébergé, était ouverte… Je m’approchais au pas de plume, préparant mon arme à la main. Je fis volte-face à l’entrée de la chambre et… J’eus un haut-le-cœur.

Ma respiration se coupa, comme si l'on m'avait écrasé les poumons. Des larmes perlaient sur mon visage. C’était même un torrent de chagrin qui se déversait sur mes joues puantes d’ordures. Mais je ne pouvais qualifier avec des mots le cauchemar qui se trouvait devant moi… Abominable, atroce, cruelle, immonde… Je ne saurais trouver les mots…

Le père de Diana avait la tête tombante et du sang gouttait encore de son visage. Il était attaché à une chaise, pieds et mains liés. Quant à sa femme et Diana, elles étaient toutes deux nues et attachées au lit par des cordes. Leurs corps étaient marqués de nombreux coups de fouet, et des auréoles jaunâtres apparaissaient sur le drap blanc au niveau de leur entre-jambe. Le lit, le sol, les habits étaient maculés de sang. Je me dirigeai en titubant vers le corps inerte de Diana.

Je suis tombé à genoux devant le lit, dénouant sa main qui était froide. Je la caressai. Je l’embrassai. Mais rien n’y faisait. Sa peau restait d’un froid de mort. Tous ses soupirs… Tous ses gémissements… Tous nos plaisirs… Tous ces moments que nous avions pu partager ensemble ne ressemblaient désormais qu’à des cadres muraux qui retraçaient une histoire qui s’était terminée trop tôt. Je pleurais, encore et encore. Je criais de désarroi. Je ne me retenais plus, c’était trop dur. Je n’en pouvais plus. Je me suis relevé et me suis penché sur le visage de Diana. Malgré les coups qu’elle avait reçus, elle restait belle. Je lui caressai le visage, puis ses cheveux. Elle semblait dormir paisiblement, loin de toute cette triste réalité, de ce cauchemar permanent…


- DIANA !
criais-je de désespoir. DIANA JE T’EN SUPPLIE ! REVIENS-MOI ! PAR PITIE… REVIENS !

Je posai ma tête contre sa poitrine où je n’entendais plus aucun battement de cœur.

- Pardonne-moi Diana… Pardonne-moi… Tout est ma faute… Je n’aurais jamais dû monter dans cette charrette… J’aurais dû mourir… Pas toi… Pardonne-moi, mon Amour…


Je fermai les yeux, me ressassant tous ces souvenirs. Tous nos souvenirs. Je me rappelais des après-midi que nous passions ensemble à apprendre ses cours. Les moments où nous nous sommes disputés. Et ce moment unique sur le toit… Mes entrailles se nouèrent si fort par ces souvenirs que je finis par ne plus pouvoir respirer. Ma vision devint floue, puis ce fut le trou noir…

Lorsque je me suis réveillé, mais je pensais encore à ce que je venais de voir. Je me persuadais que lorsque j’allais rouvrir les yeux, j’allais être à nouveau sur le toit le soir où Diana et moi avions fait l’amour. Mais lorsque je les ouvris, c’était des tâches de sang qui s’incrustaient dans le parquet. Je me retournai et vit le bras pendant de ma moitié, morte. Je ne pus retenir de nouvelles larmes, mais je devais quitter cet endroit. Je sortis de la chambre, à quatre pattes, incapable de tenir sur mes deux jambes. Arrivé au niveau de l’escalier, je m’appuyai sur la rambarde pour redescendre. J’avais du mal à bien distinguer ce qui m’entourait. Mes yeux pleins de larmes m’empêchaient de voir correctement. Et je m’en foutais. Si cela pouvait m’aider à mourir…

Je me dirigeai vers la sortie, lorsque je vis un papier déchiré et où il était écrit avec du sang :


« Nous savons qui tu es,
Nous savons ce que tu as fait,
Et nous sommes venus te chercher.
Archer de la Mort, ton erreur te coûtera la vie.
Signé : Les Trois Lames du Silence.»


Je prix le morceau de papier de la porte. Les Trois Lames du Silence... Les trois Supérieurs assassins les plus redoutés de Misengris... Des frissons me traversèrent le corps. J’avais peur… Mais je ressentais autre chose en moi. De la colère, de la haine contre ces... Mêmes les pires insultes en liléen ne suffiraient pas.
Tout ce que j’avais enfouis au plus profond de mon être refit surface. Cette folie meurtrière que j’avais refoulée, elle était de nouveau présente, et elle voulait que je trouve les auteurs de ces actes.

Et j’étais déterminé à les trouver, et ce, peu importe le temps que cela pouvait me prendre.

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Shinra Az-Dard
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MessageSujet: Re: Les Tourments de Shinra   Sam 17 Nov - 19:42


Chapitre 4 : A l'aube d'un nouveau cauchemar

A partir de ce jour, tous ceux qui oseront me barrer le chemin, je les tuerais. Peu importe qui ils sont. Je les anéantirais tous. Un par un. Je les saignerais comme des animaux. Je les ferais souffrir comme j’ai souffert. Je leur ferais subir les pires atrocités qu’un Supérieur puisse faire vivre. Diana, je te laverais de ceux qui t’ont souillé. Je les brûlerais vivant, ils me demanderont de les achever. Je serais sans aucune pitié comme ils l’ont été avec toi. Mon âme ne s’apaisera que lorsque je les aurais tous fait disparaitre. Je le jure de mon sang ! Je les massacrerais en ton nom !

Je sortis de la maison qui servait de tombeau à mon ancienne famille. Je me mis à marcher rapidement. Il fallait que je sorte de cette ville. Elle était devenue trop dangereuse pour moi. Si je voulais avoir une chance de survivre, c’était la seule solution.
J’atteignis l’axe principal de Misengris. Je le traversai parmi les nombreuses charrettes tout en dirigeant vers le sud, ma seule opportunité de quitter ces lieux. Je me mis à courir, comme un fou qui pensait se faire courser par la Mort. Et au fond, c’était bien le cas. J’étais désormais dans les petites allées des bas quartiers qui menaient au port. Je fuyais parmi ce dédale de rues boueuses et nauséabondes vers mon salut, le port. Peu importe la destination de celui qui m’emmènera, j’étais prêt à le suivre. Je voulais quitter ma cité pour le moment, peut être pour toujours même. Des larmes remplissaient mes yeux d’une tristesse sans nom, et d’une colère que même mes hurlements de fureur ne sauraient apaiser. Comment avais-je pus en arriver là ? J’allais bientôt sacrifier ce qui le seule chose qui me restait, ma ville natale.

Après une vingtaine de minutes de course, je parvins finalement aux abords maritimes. L’air était empli une odeur de poisson et de vase séchée, mais la vie du lieu était animée et propice aux échanges. De derrière la maison où je me cachais, je voyais des pontons où de nombreux bateaux accostaient. Certains de ces coques à mat étaient vidés de leur chargement. Des gardes perchés plus haut que les pontons, surveillaient l’ensemble pour contrôler de loin les échanges. Je scrutais les environs pour voir si un de ces marchands maritimes allaient bientôt partir. Je sortis de ma ruelle, l’air de rien, marchant tranquillement. Je descendis la petite pente qui menait aux premiers bâtiments du port qui étaient surement des hangars pour stocker la marchandise. Je me glissais entre deux murs pour ressortir un peu plus proche des pontons.

En regardant autour de moi, je vis un Supérieur qui avait un âge avancé par ses rides. Il semblait se préparer à prendre la mer. Après avoir fermer sa grosse, il l'emmena avec lui sur le ponton. Je le suivis une dizaine de mètres derrière. Nous dépassâmes plusieurs coques se balançait au ryhtme de l'eau. Le vieux ponton au bois sur lequel je marchais aussi. Des cloches maritimes sonnaient un peu partout, survolaient par des charognes volantes à l'affut du moindre fruit de mer égaré.


L'homme devant moi s'arrêta et posa sa caisse. Il souffla un coup et se retourna. Il me regarda d'un air étonné.


- Je peux vous aider ? me dit-il d'un ton abrupt.

J'enclenchai la petite arbalète sur ma droite et pointai mon arme vers lui. Il recula, levant les bras.


- Emmenez-moi sur votre bateau loin d'ici et je ne vous ferais rien.

- Par Misengris, qui êtes-vous ?!

- Ne m'obligez pas à tirer. Dépêchez-vous de monter avant que les gardes ne nous repèrent ! Aller !


L'homme s'exécuta à la tâche et reprit sa caisse qu'il monta sur le petit bateau marchand sur notre droite. Je lui emboitai le pas, braquant toujours mon arme sur lui.


- Où allez-vous ?

- A... A Lorde-Gian mais...

- Lorde-Gian...


C'était dangereux là-bas et je ne serais pas accueillit les bras ouverts... De toute façon ça ne pouvait pas être pire qu'ici. On me traquait comme un chien égaré, suivant ma trace jusqu'à remonter et éliminer tous ceux qui j'ai pus côtoyer.

- Très bien. Partons dès maintenant.

- Mais je...

- Ne me le faites pas répéter une seconde fois.


Il dénoua les cordes retenant le bâteau et déplia les voiles. Il ramena l'ancre à son bord et la coque se mit à suivre le courant marin. Mon départ de Misengris pour Lorde-Gian venait de s'entamer. Je naviguais désormais vers des terres qui m'étaient inconnues et hostiles. Je naviguais vers un autre tournant de ma vie.

Le cauchemar ne faisait que commencer pour moi.
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Shinra Az-Dard
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MessageSujet: Re: Les Tourments de Shinra   Lun 26 Nov - 9:32


Chapitre 5 : Les sources du Mal



Deuxième Cyclum, Kenat 3, 400.

"Je viens d'avoir tout juste 45 ven et... On m'a montré des choses horribles. On m'a dit d'écrire ici ce que j'avais ressentit en voyant ça. Je sais pas pourquoi Monsieur le Directeur m'avait fait faire ça. Il m'a montré des gens morts. Il m'a montré... Des bras tout seul, et des jambes où on voyait à l'intérieur. J'ai vomis. Ça sentait pas bon. Il me forçait à tout voir. "Regarde" il me disait en tenant ma tête. "Ces gens ont fait du mal à notre cité. Il fallait les punir. Comprends-tu?". Je me souviens de tout ce qu'il m'avait dit. Il avait même dit que ça sera mon métier plus tard. En plus, je sais pas ce que c'est, mais j'entends quelque chose que personne d'autre n'entend. Monsieur le Directeur disait que c'était ma petite voix et que l'on en avait tous une. Pourtant les autres eux, ils n'en avaient pas..."



Deuxième Cyclum, Sevan 4, 400.

"Monsieur le Directeur m'avait offert deux beaux couteaux mais qui étaient plus longs que les autres à la cantine. Il m'avait dit qu'il était désolé pour le retard. Mais c'était pas grave. C'était la première fois que quelqu'un m'offrait quelque chose. Je l'avais serré dans mes bras. Et j'ai dit "Merci papa". Monsieur le directeur, c'était comme mon père. Il était gentil avec moi, même si des fois, il me grondait. Mais il a voulu me montrer quelque chose encore aujourd'hui. Il répétait que ça allait m'aider. J'étais heureux qu'il m'emmène voir quelque chose. On est sorti derrière la caserne et il m'a emmené dans un souterrain. J'avais peur tout d'un coup. Il me tenait la main pour me rassurer, me montrant des sourires. Je savais qu'il pouvait rien m'arriver si j'étais avec lui. Dans le couloir, ça puait à nouveau. Il y avait une porte au bout du couloir. Il l'ouvrit. Ca sentait encore plus fort... Il y avait plein de gens les uns sur les autres devant moi. Ca faisait une montagne de gens. Beaucoup de mouches volaient au dessus, et des rats venaient manger les gens. J'ai grimacé. Je voulais sortir. Je me blottis contre Papa. "Mon fils, tu dois regarder ça. Tu ne seras jamais fort si tu ne regardes pas." Il me retourna vers les morts.

- Vous n'avez pas honte de faire endurer cela à un enfant ?

J'ai levé les yeux et j'ai vu des gens accrochés au dessus des morts. Eux, ils étaient vivant. "Mon fils, ces gens là sont méchants. Ne crois jamais ce qu'ils te diront." me chuchota Papa. J'ai dit oui de la tête. Puis il me lâcha et mit de l'huile sur les morts.

- Vous êtes complètement cinglés ! Un enfant ne devrait jamais voir ce genre de choses !

En fait, j'aimais bien regarder tous ces gens. Ma petite voix m'appelait. Je ne savais pas ce qu'elle disait, mais Papa m'avait dit que je devais l'écouter. J'ai fermé les yeux. Elle me disait "Admire". "Admire tout cela". Elle disait d'autres choses aussi, mais je ne savais pas quoi... Papa était revenu vers moi et m'a tendu une torche. Avec un grand sourire il m'avait dit : "Fais plaisir à Papa. Allume le feu." Je voulais pas trop au début parce qu'il y avait encore des gens vivants accrochés au dessus. Il a répondu que c'était pas grave et qu'ils allaient bientôt l'être aussi.

Ma petite voix me disait d'obéir. Mais j'entendais plein de cris maintenant. Je me souviens, j'avais vu pleins d'images dans ma tête. Y'en avait beaucoup avec du sang et des yeux qui me regardaient sans bouger. Je voyais plus très bien, tout devenait rouge. Le sol, il bougeait. Je suis tombé à 4 pattes. Je me souviens parce que j'avais eu mal aux genoux. Mais Papa m'avait aidé à me relever. Il me disait que je devais être fort et courageux. J'étais près du tas de monsieurs et de madames. "Jette la torche" m'avait ordonné Papa. J'ai pas voulu désobéir et j'ai lancé. Tout d'un coup, un gros feu s'alluma. Ca m'avait fait peur et je suis tombé sur le dos. Les autres au dessus commençaient à hurler. Les flammes les touchaient à peu près au ventre. Je sais pas pourquoi, mais ça me faisait moins peur que les jambes toutes seules de la dernière fois. On était pas resté longtemps. Papa et moi, on a attendu que les gens là-haut ne parlent plus et on s'est en allé.

Il est tard cette nuit. J'arrive pas à dormir. J'ai encore l'odeur des morts dans le nez. Je me souviens encore des gens qui criaient. Papa n'était pas là. Il est tard et j'ai pas sommeil."

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