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 Mémoires d'une nuit.

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Cerra Kelanor

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Localisation : Lorde-Gian
Messages : 474

MessageSujet: Mémoires d'une nuit.   Jeu 7 Mar - 21:14

Un papillon qui voit la lumière.


Ce devait être une journée comme une autre. Cerra, comme son rang l'exigeait, était parti depuis plusieurs lum déjà, dans la capitale de Lorde-Gian. Urghan, son frère, avait la ferme intention de créer des liens avec les autres peuples d'Eleris, et ce peuple là, composé d'humains arrivés il y avait à peine plus de 430 ven, et de leur descendance, constituait une cible de choix, moins implantée que les autres. Ce n'était cependant pas la première fois que l'Etementa se retrouvait dans la cité de nacre. Il y était déjà venu, toujours pour la même raison : Celle d'en apprendre toujours plus sur ses habitants, le tout étant de savoir s'ils étaient prêts à la venue des Etementa sur les terres du Roi Kedric Norken. Pour cela, Cerra passait plusieurs lum à arpenter les rues, fréquentant les tavernes et les lieux les plus empruntés de la cité, écoutant attentivement les conversation des hommes, tentant de percer les secrets de leurs pensées vis-à-vis de son peuple. Mais pour le moment, ses conclusions ne s'étaient guère montrées glorieuses. Avec la création d'une milice ayant pour but l'extermination pure et simple des Etementa, dirigée par un homme fraîchement passé par le portail, et la blessure d'un autre par l'un des siens, le peuple de Lorde-Gian, tout comme sa cour, se montrait toujours extrêmement méfiant à l'égard des Etementa, qu'ils puissent venir des montagnes ou des falaises. Lorsqu'il se retrouvait dans quelques tavernes, Cerra essayait, bien souvent en vain, de convaincre ceux qui pensaient alors être son concitoyen du changement radical qui s'était opéré dans les montagnes d'Izefrid, persuadant ses interlocuteurs que les Etementa des falaises n'avaient rien à voir avec leurs cousins des montagnes, et qu'ils n'avaient que de pacifiques intentions à l'égard des autres races d'Eleris. Mais les fils de dieu n'étaient pas encore prêts. Il lui fallait continuer à parcourir Lorde-Gian, montrer aux hommes qu'un nouvel ordre était en train de naître.

Aujourd'hui, Cerra avait décidé d'aller au cirque, endroit qu'il avait toujours préféré éviter. Il était averti de la présence d'héritiers aux pouvoirs inconnus. Si certains étaient faibles et pouvaient simplement épater la galerie en faisant apparaître une gerbe de flamme dans un seau d'eau ou bien invoquer les vents sous le cirque, l'Etementa se doutait bien que d'autres possédaient des propriétés insoupçonnées et insoupçonnables. Seulement, il fallait bien passer par là un jour ou l'autre. Il y avait peut être des gens à l'esprit ouvert par ici. "Après tout", se dit-il, "si les spectateurs ne sont pas effrayés par quelques flammèches, ils ne devraient pas être effrayés par un peuple pacifique..."

C'est ainsi qu'il pénétra sous le cirque. Les artistes passaient leurs journées à faire leurs numéros, les trapézistes, les clowns, les dompteurs et les héritiers. Tous se partageaient la scène dans un ballet réglé comme une boite à musique. Tandis qu'il s'asseyait sur un siège inconfortable, légèrement surélevé par rapport aux rangs plus proches de la piste centrale, les enfants Grenël jouaient leur partition, indépendamment des mouvements de foule. Le spectacle ne s'arrêtait jamais, du petit matin jusqu'au soir. Il y avait d'abord eu ces jeunes filles qui avaient joué aux acrobates sur le dos de bêtes de somme, puis, elles avaient été suivies par un vieil homme bariolé, au sourire irrésistible, qui mimait les aventures d'un Don Juan malchanceux. Des dompteurs lui avaient emboîté le pas, faisant rugir des bêtes féroces, mais inconnues de Cerra, tandis que le public retenait son souffler à chaque fois que le fois claquait dans l'air ambiant. Après quoi était entrée sur scène une fille de dieu, apparemment jeune, peut être un peu plus jeune que lui, du moins c'est ce que l'on aurait pu dire face à son visage, pâle mais parfaitement dessiné. Elle semblait être sortie droit d'une peinture ou d'une rêverie. Ses longs cheveux de geai s'animaient à chacun de ses pas, donnant à la jeune femme une aura presque fantomatique. Elle avança d'un pas lent jusqu'au centre de la piste où une petite table avait été dressée, totalement nue de tout élément, avec pour seule compagnie deux chaises, de chaque côté de la table de bois.

Son instinct ne le trompait pas. Cette femme avait quelque chose en plus que les autres. Elle semblait totalement déphasée, son regard absolument vide, ses lèvres qui s'animaient sans qu'un son ne parviennent jusqu'à son ouïe sur-développée. Cerra fronça les sourcils, épiant chaque mouvement que l'artiste pourrait faire. Il ne savait quoi, mais elle l'attirait, comme la lueur d'une bougie attire le papillon de nuit vers une mort certaine.

Cerra la regarda s'asseoir délicatement, usant de ses mains pour éviter de froisser sa longue robe satinée. Alors, la jeune femme passa son regard parmi la foule mortellement muette, posant ses yeux terrifiants et pourtant innocents sur chaque personne dans la foule. Puis, ses iris gelés se posèrent dans les siens. Cerra prit une profonde inspiration, soutenant avec difficulté le regard de l'artiste qui lui sourit, l'invitant à la rejoindre sur scène. D'un coup d'oeil furtif sur les côtés, il s'assura que c'était bien à lui que l'invitation avait été faite, avant de constater avec horreur qu'il devait descendre les gradins pour venir s'asseoir sur la chaise qui faisait face à la table et à la Grenël. L'Etementa soupira avant de remercier Serer de lui avoir fait prendre d'autres vêtements que ceux qu'il porte d'habitude. Il avait troqué la lourde fourrure contre du tissu fin, blanc. Une cape cachant tout de même deux petites dagues qu'il avait préféré prendre en cas de besoin, dissimulées derrière ses reins.

Cerra atterrit enfin sur la piste de sable, marchant encore sur les quelques pas qui le séparait de la chaise. Seul sous les lumières du cirque. Face à l'une de ses lumières. Comme un papillon suivant sa mortelle curiosité.
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Lane Girith
Etoile du cirque
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Localisation : Le Cirque Grenël
Messages : 10

MessageSujet: Re: Mémoires d'une nuit.   Jeu 21 Mar - 11:14

Lane s’était préparée minutieusement comme chaque jour. Elle avait coiffé ses cheveux, qui pourtant ne nécessitait pas grand soin de par leur fougue et leur volupté naturelle, puis elle s’était maquillée légèrement les yeux, sans se revêtir d’un quelconque maquillage de scène. Là n’était pas son rôle. Lane était de ceux qui ne quittent le cirque et l’habite, de leur corps mais aussi de leur âme. Elle n’avait donc aucune raison de se cacher, son visage faisant d’elle la « femme-qui-devine-tout », celle que tout le monde reconnait. Elle avait également enfilé l’une de ses robes, celle-ci plus légère que d’habitude, à cause de la chaleur certaine qui régnait en ville en ce jour. C’est donc après quelques gymnastiques rapides qu’elle sortie de sa loge et alla vers l’immense tente qui servait pour les spectacles.
C’est dans un presque ballet féerique qu’elle se déplaçait sur le grand terrain d’herbes. Tous la regardait passer pour aller donner son numéro, l’admirant presque de par sa facilité à être talentueuse sans pourtant porter une tête blonde. En entrant dans les coulisses sombres, elle croisa son mari qui vint à elle et lui déposa un baiser sur le front. Lane avait toujours eu beaucoup d’affection pour lui, mais jamais d’amour contrairement à celui-ci. Malgré tout, il était celui qu’on lui avait donné pour époux alors elle le respectait de la traiter si bien et avec autant d’égard. Elle se dirigea vers la piste d’un pas léger et arriva vers la table qui était disposée au milieu du grand rond central. Elle s’assit délicatement et regarda la foule dans un silence presque angoissant. On ferma les grands rideaux de toile et seule la lumière des torches présentes illuminèrent bientôt le chapiteau.

C’est alors que son regard se pose sur l’un des spectateurs. Elle ne sut pourquoi mais c’était lui qu’elle avait choisi. Sans prononcer un mot, elle le fit descendre des gradins pour la rejoindre dans l’obscurité naissante. Elle réussi enfin à voir son visage lorsqu’il s’approcha de la table et vint s’asseoir en face d’elle. Elle le contempla alors pendant quelques minutes qui parurent longue pour l’étranger. Il n’était pas comme les autres et elle s’assurait ainsi d’étonner certainement davantage les autres personnes présentent. Lane avait longtemps appris à deviner de simples choses rien qu’avec l’observation. Elle arrivait donc à mettre mal à l’aise son interlocuteur très rapidement et le faire se trahir avec facilité. C’est ainsi qu’elle commença les hostilités après un long silence.

Vous ne me connaissez pas, n’est-ce pas ? Vous me croyez dangereuse, vous ne savez pas ce qu’il va vous arriver mais vous êtes terriblement fasciné par ma présence…

Elle savait que seuls les inconnus mal à l’aise étaient ceux qui n’étaient jamais venu voir son numéro et elle savait également par expérience qu’elle prodiguait aux hommes un sentiment de désir qui les mettaient tout de suite dans une position inconfortable lorsqu’ils se trouvaient au milieu d’une piste de poussière face à une inconnu qui les fixe et dangereusement désirable. Elle contait donc tenter son premier tour après avoir vu sa réaction. Celle-ci arrivant à point nommé elle n’hésita pas à se lever, à regarder la foule ci et là et à lancer à son cobaye, d’une voix forte.

Maintenant je veux que vous pensiez à quelque chose, très fort et que vous vous concentriez sur cette même pensée. N’en changez pas, sinon je le saurais alors concentrez-vous et je vous dirais ce que vous avez en tête…

Lane attendit une minute que l’homme aux yeux de glace prenne le temps de choisir u élément et se concentrer dessus. C’est alors qu’elle commença la comédie habituelle, faisant mine de rentrer en transe et de méditer. Puis, elle s’aperçu qu’elle ne pouvait pas lire en lui. Elle discernait toutes les pensées de la salle avec une aisance enfantine, mais rien n’émanait de lui. Rien. Pas un songe, pas un mot. C’était la première fois que l’étoile était confrontée à un tel dilemme. Elle décida alors de retourner face à lui et le fixa un moment avec une détermination sans pareil. Si elle ne trouvait pas quelque chose à dire, elle allait rater son numéro et attirerait la colère du grand Grenël, qui n’hésiterait pas à la punir ce soir. Si elle disait un mensonge, l’homme en face d’elle la dénoncerait et elle se ridiculiserait, elle et son cirque. Plutôt que de faire porter le chapeau à tous, elle décida de prendre sur elle, le regard de son amant l’oppressant de ses yeux lubriques. Elle chuchota alors à l’inconnu un petit mot.

Vous n’êtes pas comme les autres…

Puis elle le regarda une dernière fois, et quitta la piste, sans aucune information de plus. Elle n’aurait su expliquer ce qu’il s’était passé aujourd’hui, mais elle saurait comment elle en serait punie. C’est ainsi que le soir même, pendant que chacun dinait dans la liesse, Lane eu le droit d’être reçue par le grand Grenël et fut battue, face au manque de réponse qu’elle pouvait apporter face au fiasco qu’elle avait vécu ce jour. C’est ainsi que toute la nuit passa pour elle, à être violentée encore plus que d’habitude, sans un arrêt de coups et d’abus. Elle le savait, plus jamais elle n’irait choisir un spectateur dans la foule sans avoir tenté au préalable de percer son secret et ses songes.


***


Le lendemain, elle n’alla pas à sa représentation. Recouverte d’hématomes, de griffures et encore blessée des violences de la nuit, elle resta dans sa loge, pleurant sur son ratage de la veille. Elle n’arrivait pas à en vouloir à son maître de l’avoir traitée ainsi, car c’était de sa faute à elle. Pourtant, au fond d’elle, elle sentait qu’elle n’avait pas mérité telle correction. Son mari n’était même pas venu la voir, sachant très bien ce que son propre père avait infligé à sa femme. Elle avait pu le lire dans son esprit, il se doutait que celui-ci avait abusé d’elle, ce qu’il n’avait jamais su auparavant. Lane se sentait sale et faible, incapable de réaliser son numéro face à un étranger quelconque. Pourtant, elle se rappelait de son visage et aurait aimé le voir à nouveau pour savoir ce qui l’avait empêché de lire en lui. Mais le visage abimé par la violence l’empêcherait de sortir de son terrier aujourd’hui, ainsi que l’humiliation qui lui serait réservé par les autres artistes, tous jaloux de son talent les autres lum de chaque ven.

Elle alla alors simplement dans sa loge qui était collée à sa tente personnelle, pour se maquiller un peu. Elle tenta d’effacer les quelques contusions sur son visage et cacha le reste par une robe simple et inhabituelle, blanche, comme les dames de la ville, faite de lin et légère. Elle tenta de coiffer ses cheveux d’ombres et passa quelques artifices sur sa peau rouge et bleue. Elle savait que la nuit dernière allait changer son existence, et que rien ne serait plus pareil à présent.



Spoiler:
 
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Cerra Kelanor

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Localisation : Lorde-Gian
Messages : 474

MessageSujet: Re: Mémoires d'une nuit.   Jeu 21 Mar - 13:53

Cerra avait beau penser très fort aux falaises, rien ne se passait. La femme s’agitait devant lui, passant d’un bout à l’autre de la scène, paraissant entrer en transe, mais rien. Toujours rien. Les falaises, sa famille, c’était la première chose qui lui était passée par la tête. Il ne savait pas pourquoi il y avait pensé alors que la jeune femme lui avait dit qu’elle le saurait, mais c’était la première et la seule image sur laquelle son esprit s’était posé, et la hantise d’en changer et donner à l’artiste la preuve qu’il en avait peur était plus forte et Cerra était resté fixé dessus.

Fort heureusement, lorsque la femme se rassit devant lui, le regard mêlé de surprise et de détresse, elle ne dit mot. Ils se regardèrent longtemps dans le blanc des yeux avant qu’elle ne veuille bien rompre le silence. Elle lui souffla quelques mots avant de quitter la scène sous le silence médusé de l’assemblée qui attendait la fin du numéro qui n’arriverait jamais.

-Vous n’êtes pas comme les autres…

Cette phrase résonna en échos dans son crâne, comme les fines gouttelettes qui perlaient des parois rocheuses des cavernes, se perpétuant à l’infini tandis qu’une autre s’écoulait alors, créant une douce musique, monotone et infinie.

-Vous n’êtes pas comme les autres…

Il se releva, fixant les spectateurs qui ne comprenaient pas plus que lui ce qui venait de se passer. Pourquoi, comment avait-elle raté son numéro ? Comment ça, n’était-il pas comme les autres ? Qu’avait-elle pu voir pour qu’elle dise ça ?

-Vous n’êtes pas comme les autres…

L’Etementa remonta les marches de bois qui auraient dû le ramener à sa banquette, mais les regards inquisiteurs et les chuchotements vindicateurs de la foule le firent changer d’avis, et, sans demander de retour, il prit la direction de la sortie, s’échappant de cette dangereuse atmosphère. Les spectateurs devaient lui en vouloir, ils devaient penser qu’il n’avait pas su focaliser ses pensées et qu’il avait saboté le tour de la jeune femme. Ils auraient eu raison si Cerra n’avait pas été sûr de lui. Elle n’a simplement pas réussi à percer ses pensées, ou peut-être n’avait-elle simplement pas souhaité le révéler…
Et si la jeune femme avait perçu les falaises ? Avait-elle comprit qu’il n’était pas ce qu’il prétendait être en se trouvant dans Lorde-
Gian ?

-Vous n’êtes pas comme les autres…

Le doute le rongeait. L’artiste, si elle avait percé son secret, se mettait autant en danger qu’elle le mettait lui-même en danger de mort. Il devait la revoir, il devait savoir si elle avait été avertie de sa vraie nature. Cerra prit donc la direction de la taverne la plus proche, conscient que c’était dans ces lieux que l’on pouvait soutirer les meilleures informations. Un homme ivre et bien facile à manœuvrer et obtenir de lui un renseignement précis si l’on sait s’y prendre… Et que l’on y met la patience…
Il pénétra donc dans le lieu, finement nommé « La Taverne de la Cité » et fut agréablement surpris de voir que la majorité de la clientèle était déjà fortement alcoolisée. Il s’approcha du comptoir, coupant dans toute sa longueur, la taverne en deux parties égales, d’un côté, les clients beuglant leurs commandes, tentant de se frayer un passage parmi leurs congénères, tandis que de l’autre côté, les serveurs et serveuses s’affairant à remplir les chopines qui semblaient pleuvoir. Il parvint rapidement à capter le regard de l’une des serveuse avant de lui indiquer d’un signe qu’il désirait lui aussi boire une chope de bière, chope qui arriva devant lui quelques instants plus tard, en échange de quelques modiques pièces. Il repéra à sa gauche, un homme dont l’alcool ingurgité devait semblait suffisant pour qu’il puisse encore tenir un discours compréhensible. Cerra engagea rapidement la conversation en se présentant sous un nom factice, rappelant la serveuse pour qu’elle apporte à son interlocuteur de quoi se rafraîchir. Après quelques questions bien senties, Cerra salua l’homme, désormais en possession des informations qu’il était venu chercher et quitta la taverne en direction d’une auberge où passer la nuit.
S’il trouva rapidement l’objet de ses convoitise et qu’il se coucha sans heurt, sa nuit fut agitée. Il ne parvint à trouver le sommeil que lorsque la voix de la femme se tut, et même dans ses songes, elle venait le retrouver dans sa chambre, l’épiant tandis qu’il perdait peu à peu ses habits conventionnels pour revêtir une apparence plus bestiale. Il la voyait se retirer, les gardes accourant pour le percer de leurs lances. Il se voyait, la tête tranchée et exposée en place publique, la jeune femme admirant le fruit de son travail.

-Vous n'êtes pas comme les autres...

Cerra se réveilla en sursaut, le souffle court, la peau humide, trempée de sueur, reprenant difficilement sa respiration. Il alla se réfugier, explorant les méandres de son visage à la recherche d’un quelconque indice trahissant sa nature. Il passa ses mains le long de ses joues, caressant sa barbe. Il tenta de regarder au fond de ses yeux, observant méticuleusement sa dentition. Rien. Il n’y voyait rien. Et pourtant, il n’était pas « comme les autres »…
Se passant une violente giclée d’eau sur le visage, le soleil vint l'éclabousser de ses rayons perçant, ce dernier trônant déjà bien haut dans le ciel partait déjà dans sa course descendante. Cerra se rhabilla, quittant l’auberge en déposant à nouveau les pièces d’or demandée par l’aubergiste au passage pour se retrouver à nouveau à l’air libre. Il prit de nouveau la direction du cirque, se souvenant de ce que l’homme de la veille lui avait dit.

« -Je ne sais pas si tu es au courant, mais les tentes des artistes se trouvent toutes derrière le cirque, et crois-moi, c’est pas bien compliqué d’y pénétrer. J’me souviens quand j’étais moins souvent au comptoir et plus souvent en ville, il y avait une Grenël qui m’plaisait bien. Un soir, j’ai traversé les tentes pour trouver celle de cette femme. On a passé une nuit d’enfers ! J’te raconte pas ! »

Il marchait vite, très vite, avalant la distance qui le séparait de son but à une vitesse soutenue, percutant au passage les quelques passants qui ne s’écartaient pas sur son passage, provoquant la naissance de quelques noms d’oiseau grâce auxquels on aurait pu le pister facilement tout au long de son trajet, ne s’excusant que pour feindre un sentiment dont il était totalement dénué.
Lorsqu’il arriva au cirque, des ombres menaçantes se tortillaient déjà sur l'herbe qui séparait la tente de spectacle des tentes privées et il suivit alors les conseils que lui avait donnés l’homme, demandant aux artistes présents où il pourrait trouver celle qui lisait dans les pensées des gens. Il se souvenait du nom qu’il avait réussi à lui soutirer. Elle s’appelait Lane. Lane Grenël, mariée à un fils Grenël. Une petite fille lui indiqua la tente qu’il cherchait, et c’est plein d’appréhension qu’il s’approcha. Prendrait-elle peur en le voyant ? Tenterait-elle d’appeler au secours ? Avait-elle déjà prévenu la Garde ? L’Etementa prit une longue inspiration et passa la tête à l’intérieur. Le lieu était finement décoré malgré l’exiguïté de l’habitat. Tout cela paraissait normal, étant donné qu’elle était la femme du fils Grenël, elle disposait donc de privilèges dus à sa position sociale. Cependant, il n’y avait personne. Il remarqua une ouverture sur le côté donnant sur ce qui semblait être une pièce plus intimiste.

-Y’a quelqu’un ? Demanda-t-il à tout hasard.

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Lane Girith
Etoile du cirque
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Localisation : Le Cirque Grenël
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MessageSujet: Re: Mémoires d'une nuit.   Mar 11 Juin - 13:28


[RP clôturé - suite ICI]
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