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 Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]

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Ionos Selherand
Trappeur errant
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Localisation : Partout en Eleris
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MessageSujet: Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]   Sam 12 Oct - 9:11



Combien de temps s’est-il écoulé depuis ma dernière visite à Lorde-Gian ? Je ne sais pas… Depuis mon affrontement contre Viktor, ma rencontre avec Ishuen et avec sa compagne Daenerys, je ne sais pas combien de temps s’est écoulé. Quelques semaines ? Un mois peut être plus ? Lors de mon affrontement contre Viktor je n’ai pas pu me mettre sous ma forme bestiale et espérer le contenir, résister…

Peut-être que je serais mort. Mais le problème est que la malebeste ne m’obéit pas. Elle est sauvage et indépendante, comme un loup solitaire qui ne chasse que lorsqu’il a faim.  Ishuen peut m’apprendre, cela peut prendre longtemps, c’est pourquoi je dois confier Zraïfa à quelqu’un en qui j’ai confiance. Je ne peux pas la laisser près de moi, car la prochaine fois Viktor la tuera sans aucune pitié et cela je ne l’autoriserais pas.
Je dois donc me rendre au seul endroit où elle sera en sécurité, à la cité des humains. Mais je ne la confierais qu’à une seule personne, celle que je n’ai pas pu me résoudre à oublier durant le flot de souffrances et de douleurs que j’ai traversé. Shemrie Da’Xian, la femme au serpent, l’ensorcelleuse aux pupilles d’étoiles.

Même si je ne sais pas combien de temps s’est écoulé, je n’ai pas oublié la route pour aller jusqu’à Lorde-Gian, jusqu’à la vile haute, jusqu’au pas de la porte de chez elle… Il devait être pas loin de midi je crois car j’ai entendu sonner les cloches du clocher il y a peu de temps. J’hésite à frapper car un terrible sentiment m’envahit soudain, et si elle m’a oublié ? Si elle ne me reconnait pas ? Et même si elle se souvient pas de moi, elle se demandera surement pourquoi un trappeur a besoin de laisser son chien à une étrangère, ce n’est pas logique.
Elle doutera, elle se demandera ce que je suis réellement et je ne pourrais pas me dérober éternellement. J’aurais tant besoin de conseils, d’aide. Ma chienne vient couiner à mes jambes et je m’empresse de la prendre dans mes bras afin de la caresser un peu nerveusement. C’est alors que, comme chez Ishuen, je ressens une présence familière mais fantomatique derrière mon dos :


- Si tu ne frappes pas, elle ne pourra pas t’entendre arriver et t’accueillir petit frère.


Je reconnais à nouveau cette voix féminine, je croyais qu’il s’agissait là d’une hallucination de ma douleur. Mais à ce qu’il parait, les Etementas peuvent parfois sentir la présence des êtres chers qu’ils ont perdu lorsque leur cœur est tourmenté. Ma voix se fait tremblante, douteuse et apeurée :


- J’ai peur… Je pourrais lui mentir, jouer sur sa le fait que je suis sentimentale et que je ne peux pas me débarrasser de ma chienne comme ça. Mais elle saura qu’il y a autre chose… J’ai si peur…


Le spectre de ma sœur me répond assez sèchement :


- Si le fait de lui mentir te fait peur, alors dis-lui la vérité. Comptes-tu continuer à vivre dans le doute et la peur ? Si c’est comme ça que tu comptes vivre, tu n’honorera point ma mort petit frère…


Mes doigts se resserrent autour de la fourrure crème de ma Zraïfa, je réponds faiblement :


- Tu es cruelle Origa…


J’ai l’impression de la sentir contre moi, son souffle chaud contre mon oreille. Je n’ai jamais osé m’avouer qu’elle me manquait aussi, Origa, toi que j’ai tué, que je n’ai pas pu sauver. Je me souviens trait pour trait de Viktor, l’expression de son visage, mais le tien ma très cher sœur. Je n’arrive plus à m’en souvenir. Elle me parle d’un ton plus doux :


- J’ai juste gardé la fâcheuse habitude de dire les choses telles qu’elles sont. Je resterais toujours dans ton cœur petit frère, jusqu’à ce que tu sois heureux et que tu aies enfin trouvé la rédemption que tu cherches tant. Je t’aime mon frère, frappes maintenant. Avec de la chance, tu lui as manqué à elle aussi…

Puis elle disparait, comme un vent de brouillard. Je passe rapidement une de mes manches pour m’essuyer les yeux, pose Zraïfa sur le sol qui me suit en boitillant légèrement et me dirige vers la porte. Mon point frappe trois fois. J’attends patiemment que Shemrie vienne m’ouvrir, puis lorsqu’enfin ma patience est récompensée, que la porte s’ouvre j’affirme en souriant, Zraïfa à mes côtés :

- Bonjour Dame Shemrie Da’Xian…


Dernière édition par Ionos Selherand le Jeu 17 Oct - 11:23, édité 3 fois
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Shemrïe Da'Xian

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Localisation : Lorde-Gian
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MessageSujet: Re: Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]   Mar 15 Oct - 13:43

Une fin de delum très tranquille. L’amarius leur a donné à tous un lum de congé après que le scriptorium ait achevé la commande de deux manuscrits historiques, dont les nombreuses enluminures racontaient la genèse de Lorde-Gian jusqu’à la veille de la Grande Guerre. Shemrïe n’a que peu aimé ce travail. Elle a été chargée des dix derniers chapitres et, tandis qu’elle remettait soigneusement le contenu des carnets raturés au propre sur le parchemin vierge, il lui a déplu de sentir au fil des pages le spectre du conflit peser sur sa plume au fur et à mesure que la marche de l’Histoire se déroulait. Aussi est-elle plutôt soulagée d’avoir terminé. Aujourd’hui est donc un lum étrange, sans travail particulier à faire hormis celui qu’elle peut se donner elle-même, un lum chargé de vent et de nuages qui la tient en haleine alors qu’elle prépare des bandelettes pour de nouveaux parchemins. Comme si quelque chose s’annonçait d’en l’air et fait vagabonder son esprit, l’empêchant de totalement se concentrer sur les détails et la multitude d’objets familiers dans sa petite chambre. Tandis qu’elle suit soigneusement de son coupe-papier les lignes tracées à la mine de plomb sur la surface blanche et lisse de la peau traitée, la jeune femme se demande d’où peut bien lui venir cet instinct qui la tient en éveil.

Déjà cinq cyclums depuis sa rencontre avec Cerra, depuis son pacte tacite passé avec les Etementas réfugiés dans les falaises. De là, il lui a fallu pas moins de trois cyclums au total pour réaliser l’enchantement dont ils avaient besoin et se faire connaître en secret du roi Kedric. Shemrïe n’a mentionné que son propre non et le moyen de la contacter, elle et elle seule, afin que la cachette des créatures reste secrète en cas de velléités d’attaque préventive de la part du roi. Le faucon de flammes indolores a pris son envol à l’aube il y a plus de six delums et elle l’a regardé s’éloigner avec au cœur l’étrange impression de poser une nouvelle pierre sur un édifice aussi impressionnant qu’instable. C’est certainement ce qu’est leur folle entreprise, mais elle ne le regrette pas. Pour l’instant, elle se contente d’attendre. Au fil des lums sans réponse qui se succèdent, cette attente s’est fait floue et diffuse sans la quitter, imprégnant l’air de rien chaque geste du quotidien. Et alors que rien ne semblait devoir changer, elle s’est surprise alors que la fête du nouveau ven s’approchait de repenser au trappeur aux cheveux de neige qu’elle a rencontrée à la même occasion, il y a bien longtemps lui semblait-il. Aujourd’hui encore, alors qu’elle caresse la tête plate et les écailles douces de Fafnir qui rampe sur ses épaules, elle se demande ce qu’il est devenu. Qu’est devenu Ionos Selherand, cet homme timide et maladroit, plein de bonté qui a bu une coupe avec elle pour célébrer leur rencontre et leur accord ? Elle n’a aucun moyen de le savoir mais elle imagine qu’il est sans doute à se mouvoir silencieusement, respectueusement, parmi les arbres de Kirigan ou d’ailleurs, à la recherche d’animaux dont il pourra prélever de quoi vivre. Et des peaux qu’il mettra de côté pour elle, comme il le lui a dit…

L’Héritière se redresse et secoue ses longs cheveux noirs. Cette expectance dans laquelle elle se tient l’empêche de travailler, alors qu’elle a tant à faire. Pourtant, elle ne s’impatiente pas alors même qu’elle s’intensifie. Quelque chose est en marche vers elle aujourd’hui. Elle n’a aucun moyen de le savoir, mais elle le devine de la même façon qu’elle devine les runes qui se révèle à elle lorsqu’elle créé ses parchemins. Il suffit de le laisser venir… Si bien qu’elle n’est presque pas surprise lorsqu’elle entend les coups frappés à sa porte. C’est à peine si elle se demande qui vient ainsi à sa rencontre. Rajustant le poids de Fafnir sur ses épaules, elle s’avance vers la porte et ouvre. Et lorsque la haute silhouette rouge couronnée de cheveux blancs se dresse devant elle, elle ne se retient pas de sourire avec simplicité, comme si ça venue était prévue.

« Deux amis font-ils preuve d’autant de gravité lorsqu’ils se retrouvent ? Shemrïe suffit amplement. Bonjour, Ionos. Entre, je t’en prie. »

Il n’a rien perdu de sa maladresse et cela l’amuse alors qu’elle s’efface pour le laisser rentrer dans la petite pièce. Si le lit et le coffre contenant ses vêtements sont en ordre et communs à toutes les chambres de cette bâtisse, il n’en va pas de même pour le cuvier de bois au pied du lit, rempli d’un fond d’eau et garni de grosses branches mortes, servant de repaire à Fafnir. Et bien sûr, partout s’empilent boîtes, pot d’encre, rouleaux de parchemins vierges, calames, pinceaux, diverses plantes, le tout s’amoncelant autour d’un écritoire marqué par l’usage. Une odeur de papier et de fleurs séchées flottent entre les murs, bercée par la rumeur du dehors parvenant à travers la fenêtre ouverte. Même si elle a peu à offrir, Shemrïe fait un peu de place auprès de ce minuscule bureau. Elle caresse la chienne Zraïfa pour la tenir éloignée du berceau de son serpent.

« Je suis heureuse de te revoir. Jusqu’où donc es-tu allé chasser pour mettre un ven entier à revenir à Lorde-Gian ? »

Et ce n’est que lorsqu’elle se retourne vers lui et qu’elle le contemple dans la lumière blanche de ce jour nuageux, qu’elle s’aperçoit que quelque chose a changé. Pourtant c’est toujours le même homme qu’il y a un ven qui se tient devant elle. Elle reconnait son visage franc, son regard brillant et ce sourire timide qu’il pose sur elle alors que son grand corps semble le gêner dans un si petit espace. Mais dans ce cas pourquoi quelque chose en lui semble abîmé, brisé, perdu ? Elle ne saurait le dire, pourtant elle le sait. Aussi clairement qu’elle a deviné sa venue sans pouvoir y mettre de mots, elle sait que le Ionos en face elle est différent de celui qu’elle a rencontré. Alors, avec une humble sollicitude, elle s’enquiert sans ambages de ce changement.

« Tu as maigri… que t’est-il arrivé ? »
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Ionos Selherand
Trappeur errant
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MessageSujet: Re: Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]   Jeu 17 Oct - 13:45


Un Ven… Mon sommeil a-t-il été si douloureux, mon rétablissement si long qu’il m’a fallu presque un Ven entier pour revenir à Lorde-Gian ? Je n’ose y croire et pourtant, au fond de moi je sais que c’est vrai. Il s’est passé si peu de choses pour moi en un Ven, très peu de chasse, ma confrontation contre Viktor Kèrn, le reste du temps je l’ai passé en compagnie d’Ishuen et de Daenerys.

Un Ven, mais la Shemrie que j’ai rencontré est presque toujours la même. Son regard d’étoiles, sa voix sûre et agréable, sa démarche assurée et élégante, sa chevelure noire qui coule le long de ses épaules et de son cou… Elle est toujours aussi belle, envoutante et mystérieuse qu’avant, peut être même un peu plus. A moins que ma convalescence m’ai presque fait oublié la beauté de son visage.

Je découvre l’intérieur de sa boutique, il s’y dégage un puissant arôme de parchemins de papiers, d’encre noire, de bois venant de la Forêt de Komcho, de la peau de serpent… Je découvre ainsi l’endroit où vit l’envoutante ensorcelleuse. Je suis un peu mal à l’aise car c’est bien la première fois que je me rends dans la demeure d’une dame. Afin que Zraïfa ne vienne point importuner Dame Da’Xia ou Fafnir, du moins ce qui lui sert de berceau. Je la rappelle, la fait s’allonger dans un coin ou elle ne risque point d’abimer quelques affaires de Dame Shemrie et lui ordonne de ne point bouger.

Je sors de mon sac quelques peu, c’est assez peu je dois avouer surtout pour un Ven entier. J’affirme d’un ton un peu coupable :


- La chasse n’a point été bonne Dame Shemrie. Je vous ai néanmoins ramené 3 peaux de Daim venant de la forêt de Kirigan, quelques ramures et j’ai aussi trouvé cela il y a peu, quelques hermines au pelage noire je l’ai travaillé comme une écharpe et …Hé bien… Comme cela faisait bien longtemps que je ne suis pas revenu à Lorde-Gian, je me suis dis… C’est à vous si vous le désirez… Les bêtes n’ont point souffert et leurs pelage vous tiendront chaud si vous vous aventurez au delà de la cité.

J’ai en effet chassé cette animal il y a une semaine de cela, c’était un coup de chance, je n’ai jamais pour habitude de tuer des animaux pour offrir leurs pelages en cadeaux, mais je me suis dis que cela ferait peut être plaisir à l’ensorcelleuse de Lorde-Gian. A moins que je ne me sois trompé auquel cas je devrais m’excuser.

Puis lorsque je vois ces yeux qui croisent à nouveau mes pupilles et le ton de sa voix lorsqu’elle semble inquiète au sujet de ma santé, je dois avouer que je suis bien resté quelques secondes sans savoir quoi répondre. Pourquoi s’inquiète-t-elle autant pour moi ? Nous ne nous sommes vus qu’une fois et pourtant elle ne m’a pas oublié ? Et moi non plus je n’ai point pu me résoudre à chasser de mon esprit le parfum de cette belle sorcière à la chevelure noir de jais.

Je réponds en souriant légèrement à Shemrie, lui dévoilant qu’une moitié de la vérité :


- Un accident de Chasse… J’ai eu le malheur de rencontrer l’un des prédateurs les plus redoutables d’Eleris. J’ai été recueilli et soigné par un couple. Mes blessures ont été plus graves que je ne le pensais. C’est la raison de ma longue absence. Mais je vais mieux, ne vous en faites point…

Je trouve un endroit pour m’assoir en prenant soins une nouvelle fois, de ne point abimer ou casser quelques bibelots, parchemins de Dame Da’Xian. Puis lorsque je peux la contempler en face de moins je décide de m’intéresser à elle, de savoir ce qu’elle a bien pu faire durant un Ven tout entier, les rencontres qu’elle a pu faire…

C’est alors que je sens sur elle, une odeur que je ne saurais décrire mais que j’ai déjà senti auparavant. Ce n’est pas celle de Fafnir, il dégage un parfum de cuir très léger. Non cette odeur la est plus sauvage, indomptable… Je suis assez surpris de ne point l’avoir senti plus tôt, sans doute étais je encore troublé par l’aura de Dame Shemrie. Lorsque je piste l’odeur d’un animal je la garde bien en mémoire, et elle reste tant que je ne l’ai pas traqué, retrouvé et tué. Mais cette odeur commence à raviver un souvenir lointain, un souvenir vieux d’au moins un Ven, ce parfum est aussi familier que celui de Dame Shemrie et pourtant je n’arrive point à me souvenir de qui ou de quoi il peut s’agir.

C’est alors que mon instinct mon confirme quelque chose me troublant au plus haut point. Je n’ose y croire mais il faut me résoudre à cette vérité très surprenante. Cette odeur, il s’agit d’un Etementa. Shemrie aurait elle prit le risque de s’aventurer jusqu’à Izfried ? Non, même les aventuriers les plus téméraires évitent les montagnes de Kèrn. Dans ce cas, aurait elle rencontré l’autre meute ? Celle d’Urghan Zànx. Je n’ose y croire et pourtant c’est la seule explication possible.

Cela veut dire qu’elle a déjà fréquenté des Etementas ? Peut être même qu’elle a un compagnon Etementa ? Ce qui expliquerait pourquoi elle porte son odeur et qu’il ne peut se rendre à Lorde-Gian. J’ai l’impression de sentir mon cœur se déchirer, mais je ne puis lui en vouloir. Je n’ai nul emprise sur elle, nulle influence… Il est normal qu’en un Ven elle a rencontré quelqu’un. J’espère juste que ce dernier prendra soin d’elle.

Bien que je ne puis rester plus longtemps car ma peine récente meurtrie mon cœur prends mon courage à deux moi afin de lui faire une requête qui lui semblera certainement peu ordinaire :


- J’aurais un service à vous demander Dame da’Xian, ma chienne Zraïfa a été blessé elle aussi. Et je ne puis l’emmener chasser avec moi et je ne peux pas me résoudre à l’achever. Vous comprenez, pour la plupart des trappeurs lorsqu’un chien ne vous sert plus, il vaut mieux la laissé à une famille ou l’achever. Moi je ne peux pas l’abandonner mais je ne peux pas l’emmener avec moi pour l’instant. J’aimerais que vous la garider temporairement, elle est obéissante et elle s’est déjà habitué à vous et à Fafnir.

Je fais l’erreur de croiser à nouveau les pupilles d’étoile de l’ensorcelleuse de Lorde-Gian. Je détourne mes yeux et reprends :

- Je comprendrais que vous refuseriez et je ne vous en tiendrai pas rigueur. Je m’arrangerais pour la faire garder par quelqu’un d’autre mais pas de Lorde-Gian vu que, il y a de fortes chances que…

La tristesse gonfle ma gorge, une nouvelle fois j’ai l’impression de m’enfuir. Je tiens à elle mais je sais que je ne peux pas me rapprocher plus. Il ne faut pas, je n’ose points lui avouer que je suis moi-même un Etementa mais qu’est ce que cela changerait ? Rien, car je sais que lorsque je serais partie, elle n’aura plus un regard sur moi, elle ne me demandera plus rien et elle m’oubliera assez facilement. Mais peut être qu'elle ne comprendra pas mon geste et qu'elle m'en voudra certainement. Je ne le saurais qu'après qu'elle ne m'ait répondu

Je reprends et conclue donc :


- Que je ne revienne pas à Lorde-Gian…
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Shemrïe Da'Xian

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MessageSujet: Re: Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]   Mer 23 Oct - 13:42

Avec cette même maladresse attendrissante qui colorait ses gestes lorsqu’elle est venue lui parler la première fois il y a un ven, Ionos entre à petits pas dans la chambre, rappelant Zraïfa et l’envoyant coucher dans un coin dégagé pour qu’elle ne gêne personne. Un léger sourire effleure un instant ses lèvres alors qu’elle déplace une pile de rouleaux de parchemins tenus par des ficelles afin qu’il puisse s’installer sur le tabouret auprès de l’écritoire. Sa demeure est modeste et peu spacieuse mais elle devine qu’il ne lui en tient pas rigueur. Même si au final elle ne le connaît que peu, elle sait qu’il n’est pas homme à faire attention à ce genre de choses, surtout s’il parcourt tout le continent à la recherche de fourrures. D’ailleurs, avant même de s’asseoir, il pose à terre son sac et entreprend de lui donner les prises qu’il a mises de côté pour elle. Les ramures ne lui serviront pas, elle les décline donc poliment mais observe avec lui les peaux de daim souples et douces, en éprouve la solidité entre ses doigts et hoche la tête avec satisfaction. C’est d’une excellente qualité et l’énergie en est encore très nette, elle a eu raison de lui faire confiance. Les acceptant avec un sourire, elle va les poser sur un coffre dans le but de les porter à un tanneur de sa connaissance. Deux suffiront à faire des parchemins de bonne facture, la dernière sera parfaite pour recevoir telle quelle quelques runes animales. Toutefois, alors qu’elle se saisit de la bourse où elle conserve son argent, elle a la surprise de voir les quelques hermines qu’il lui tend avec timidité. Restant un moment immobile, elle finit par les accepter, encore sous le coup de l’étonnement. La fourrure est épaisse, soyeuse et chaude sous sa paume. Cela faisait bien longtemps qu’on ne lui avait pas fait de cadeau.

« Je n’ai pas coutume de porter ce genre de chose, mais je les garderai pour les grands froids. Merci. »

Elle lui sourit avec sincérité mais son regard demeure perçant malgré tout. Même si Ionos s’est montré gentil de nature, elle devine à son regard inquiet que ce n’est pas tout. Il n’aurait pas fallu un ven entier pour ramener cela, ce n’est certainement pas la raison de son affaiblissement. Autre chose couve dans les pupilles de pierres précieuses du trappeur. Et s’il se dépêche de lui avouer la raison de son absence, à cause d’une rencontre malchanceuse avec un grand prédateur (ce mot résonne longuement dans son esprit sans qu’elle ne s’explique pourquoi…), une ombre fugace et triste sur son visage lui souffle avec insistance qu’il y a peut-être une autre raison à sa venue que simplement faire du commerce. Pourtant, même si elle est parvenue à le deviner, elle ne peut s’empêcher d’écarquiller les yeux de surprise face à ce qu’il lui demande.

Shemrïe pose les yeux sur la chienne allongée dans son coin, les oreilles dressées alors qu’on parle d’elle. Elle ne parvient pas à comprendre. Ionos a plusieurs fois dit et montré à quel point Zraïfa était importante à ses yeux. Pourquoi voudrait-il soudainement s’en débarrasser, même si ce n’est pas de gaieté de cœur ? La raison, quelle qu’elle soit, échappe totalement à la jeune femme et elle ne peut faire aucune conjecture, si ce n’est qu’il lui cache quelque chose. Une chose importante dont la dissimulation pèse sur leur relation soudain. Sans mot dire, l’Héritière pose ses yeux sur le visage du trappeur et scrute ses traits de son regard perçant, tout en l’écoutant lui dire qu’il ne reviendra peut-être pas. Elle peut voir la tristesse et le malaise qui le font se détourner alors qu’il lui parle. L’étonnement qu’elle a ressenti s’évanouit pour laisser la place à un calme olympien et un long moment de silence suit les derniers mots d’Ionos avant qu’elle ne prenne la parole en réponse, avec lenteur :

« Tu as été blessé gravement et tu reviens à Lorde-Gian pour me laisser ta seule compagnie, pour que j’en prenne soin si jamais tu ne revenais pas… Que comptes-tu faire de si dangereux pour agir ainsi, Ionos ? »

Shemrïe a posé la question sans dériver un seul instant le regard, accrochant posément et sans issue celui du trappeur. Ses prunelles violines cillent à peine tandis qu’elle le fixe, qu’elle lui dit sans un mot qu’il ne peut se jouer d’elle ainsi. Elle a toujours respecté l’intimité des autres, mais elle refuse qu’Ionos l’entraîne dans un secret sans rien lui en dire. Même si cela peut sembler égoïste ou intrusif, elle veut savoir et ne le laissera pas partir vers un quelconque péril sans en connaître la nature s’il lui confie la responsabilité d’une personne qui lui est chère.

« Je ne refuse pas de te rendre ce service si cela peut t’aider. Mais je ne suis pas de celles qui acceptent tout sans rien dire, même de la part d’un ami… »

Et parce qu’elle a bien conscience qu’elle exige beaucoup de lui, elle pose une de ses petites mains sur la sienne, large, calleuse et chaude, tremblant sur son genou.
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Ionos Selherand
Trappeur errant
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MessageSujet: Re: Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]   Dim 27 Oct - 16:39


Un Ven est passé, et pourtant Shemrie a toujours le don de deviner mes actes mieux que quiconque. Elle me déchiffre aussi aisément qu’elle peut le faire avec ses parchemins, ses grimoires… elle ne me gardera pas Zraïfa tant que je ne lui ai pas dis pourquoi je préfère tenir ma chienne éloignée de moi pour le moment, pourquoi je reste aussi secret sur mes blessures. Il ne me serait point compliqué, de quitter ces lieux, prendre ma chienne et la laisser dans un chenil…

J’aimerais quitter au plus vite mais je n’y arrive point, pour dire vrai, je ne sais trop que faire tant cette situation m’embarrasse. Je me sens comme piégé, acculé comme un animal que l’on chasse. Mes sens se troublent et une boule se forme dans ma gorge. Je ne peux pas lui répondre que si je pars aussi loin, c’est pour mieux dompter la malebeste, ne plus avoir peur de moi-même, ne plus craindre de blesser les personnes qui m’entourent et qui me sont chers… Mais je ne peux pas, je n’y arrive pas.

J’ai peur que ce qui s’est passé avec Camille il y a tant d’années, ces gens que j’ai massacrés, je ne me souviens plus de leurs cris mais je me remémore parfaitement bien de leurs corps mutilés et ce celui de la femme que j’ai jadis aimé… et que j’ai tué sans aucune pitié.

Alors que je me perds dans des méandres de panique et de paralysie,  je sens soudain la main de la dite ensorceleuse qui se pose sur la mienne. Ma surprise est immense et je n’ose croire à ce geste un moment, car sentir ce simple contact me rappelle des souvenirs à la fois douloureux et tendres… Je fais l’erreur de recroiser la flamme lunaire des pupilles de Shemrie, plongées dans les miennes. Cette tendresse que je sens émaner d’elle est aussi agréable qu’une brise chaude venant caresser ma peau.
Je suis trop ancré dans le passé, au point que j’oublie quelque chose de simple : Shemrie n’est pas Camille. De plus, elle semble porter l’odeur d’enfants de Serer sur elle. Celle d’un alpha et d’un autre que je suis sur d’avoir déjà rencontré mais dont je ne me remémore pas le visage. Ceci pour dire, Shemrie a déjà rencontré et sans doute fréquenté des Etementas. Et elle est toujours devant moi, en vie et toujours aussi mystérieuse, troublante et belle.

Pour que l’odeur de ces hommes de Serer soit aussi fort, je me dis que peut être que son compagnon en est un. Cette pensée lacère un peu mon cœur mais je me dis qu’au final je ne perds rien à me montrer honnête. De toute façon que suis-je à ses yeux ? Rien de plus qu’un ami… Il est temps de me faire à cette idée et que je cesse de me martyriser à me faire de fausses illusions ou à espérer aimer quelqu’un… Je reste un enfant de Serer et un monstre, rien de plus…

Zraïfa s’est rapproché de moi, elle aussi me comprend bien, elle me fréquente depuis si longtemps et ma malebeste ne l’a jamais dérangé. On dirait même qu’elle attend que je parle à Shemrie, que je ne reste pas prisonnier de mon silence. Je suis prêt à lui faire confiance, et si je me suis trompé alors les chasseurs d’Etementas et de Naüros ne tarderont pas à me faire la peau, mais au moins j’aurais été honnête et je ne supporterais pas le calvaire de cette insignifiante vie qu’est la mienne plus longtemps.
Alors je prends une grande inspiration et affirme à la sorcière aux pupilles d’étoiles :


- Je dois mes blessures non pas à une bête, mais à un monstre… Un Etementa d’Izfried, l’Alpha même tristement connu sous le nom de : Viktor Kèrn. Contrairement aux autres enfants de Serer que vous avez rencontré, il n’a aucune pitié et selon lui, tous les Lorde-Giens doivent mourir, tous sans exceptions. Nous avons combattu, il m’a brisé le dos et m’a laissé pour mort. Par chance,  j’ai été recueilli, soigné et je suis retourné à Lorde-Gian pour y laisser ma chienne car je ne peux pas l’emmener avec moi. Je compte chasser mais je risque de la blesser…

Je reprends mon souffle, je ne penserais que cela serait aussi difficile pour moi de parler à Shemrie. Bien que, je ne peux pas affirmer aussi vite si notre « partenariat » ou notre amitié y survivre. Cependant, je me confesse, car je veux prendre le risque de lui faire confiance:

- Je suis un Krüon, cela signifie exilé en Nwalkhan, le langage Etementa. J’ai été autrefois membre de la tribu de Viktor jusqu’au jour il m’a fait affronté ma propre sœur : Origa. Et je n’ai pas pu achever ou la sauver. J’ai erré avant de finir par me fondre dans la culture des humains, mais je sais qu’au fond de moi je ne serais jamais comme vous, car j’ai été banni d’une autre tribu d’humains. Alors, je chasse, avec pour seul compagnon ma chienne Zraïfa. Mais voila, un Ven est passé et j’ai rencontré d’autres personnes qui m’acceptent tel que je suis. Je pars apprendre à mieux dompter la malebeste en moi, pour que plus jamais je ne puisse avoir peur de blesser quelqu’un qui m’est cher. Mais que je puisse protéger les personnes que j’aime. Alors, oui je vous ai menti… Mais pas parce que je ne vous faisais pas confiance, mais parce que j’ai peur de vous blesser, de vous faire du mal… et cela…

Ma gorge se resserre de plus en plus, chaque mots à prononcer devient une véritable torture… et pourtant, il le faut, je ne peux pas m’arrêter :

- Je ne me le pardonnerais jamais… Bien que je ne vous ai vu que deux fois, je me sens apaisé quand je vous voie, vous parle… Alors même si vous ne me pardonnerez jamais, sachez que si vous voulez que je vous protège je le ferais, sans hésiter une seule seconde… Mais si jamais je me montre trop envahissant alors que vous avez déjà un compagnon… Je ne vous importunerais plus…

Je remarque que je n’ai pas lâché sa petite main, sans même faire attention et sans avoir quand cela est arrivé, j’ai saisis la main de Shemrie, mes doigts d’acier s’étant refermés comme les serres d’un rapace. Je sens la chaleur et la douceur de sa peau, j’y goûte quelques secondes avant de lâcher mon étreinte m’excusant au passage :

- Excusez moi…
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Shemrïe Da'Xian

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MessageSujet: Re: Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]   Jeu 31 Oct - 14:05

Peut-être est-il déloyal de pousser ainsi Ionos à révéler ce qui, de toute évidence, est un véritable poids sur sa conscience. Shemrïe peut le deviner à la manière paniquée dont ses yeux cherchent désespérément un point d’appui dans la pièce, pour pouvoir fuir loin d’elle et loin de souvenirs qui semblent s’agiter sous son front préoccupé. Pourtant, le remords qu’elle pourrait ressentir à l’avoir ainsi acculé s’étouffe de lui-même devant ses convictions. Elle sait qu’elle ne peut pas accepter de l’aider la conscience tranquille sans savoir de quoi il retourne exactement. Certains peuvent peut-être respecter le silence de ceux qui leur sont chers, mais la jeune femme connait déjà le prix de cet assentiment et il lui en a bien trop coûté par le passé pour qu’elle accepte de payer le prix à nouveau. Si jamais elle risque de perdre son ami Ionos, elle entend au moins savoir pourquoi. C’est ce qui la pousse à poser doucement sa main sur les phalanges serrées du trappeur et à capter son regard lorsqu’il relève le visage vers elle. En offrant à ses yeux brillant de trouble l’asile des siens, elle retrouve l’espace d’un instant le sentiment de tendre curiosité qui l’a tendue autrefois vers un homme. L’envie maternelle d’apaiser, même pour un bref instant, ses souffrances.

Ce sentiment lui fait garder le silence alors qu’elle écoute les aveux d’Ionos. Les véritables origines de sa blessure, causée par l’alpha des Etementas d’Izefrid en personne. Sa guérison miraculeuse grâce à des âmes charitables. Une autre souffrance, plus ancienne, plus terrible encore parce que privée de tout espoir de guérison. Et puis une opportunité nouvelle, celle de pouvoir maîtriser sa véritable nature, la bête qui sommeille en lui. Shemrïe ne parvient pas à s’étonner qu’il soit un Etementa, du moins pas au sens où l’on s’y attendrait. Cela explique tellement de choses qu’il lui semblait avoir senti tressaillir dans son instinct que ça lui apparaît presque comme naturel. Ce qui cause sa surprise, c’est plutôt la fréquence avec laquelle les bêtes de Lûna croisent sa route ces temps-ci. Cerra, Urghan et Ionos, maintenant… Cela ne peut pas être du au hasard et la jeune femme ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine forme de fascination pour cette fatalité qui lie inextricablement son avenir à des créatures désavouées de tous. S’il y a une signification à cela, elle est bien incapable d’en dire la nature. Elle ne peut que s’y plier et, pour le moment, effacer la souffrance qui étreint la voix d’Ionos alors qu’il relâche sa main en s’excusant, alors qu’il l’avait serrée avec émotion tout au long de son récit. L’Héritière laisse passer quelques instants puis sa voix prend doucement la suite au silence :

« Pourquoi t’excuse-tu alors que tu ne souhaites que protéger ceux qui comptent à tes yeux ? »

Ses pupilles violines viennent supporter l’éclat écarlate et sinople des siennes et elle appuie sa réponse d’un léger sourire. Juste suffisant pour qu’il le sache sincère. Par-dessus tout, Shemrïe aimerait qu’il comprenne qu’elle ne le juge en rien. Et que vouloir préserver les autres n’est pas à ses yeux matière à reproches. Malgré tout, comme elle ne sait pas s’il comprendra et qu’elle serait elle-même bien incapable de l’expliquer convenablement, elle préfère changer de sujet et revenir sur une de ses phrases :

« Tu te méprends. Le seul compagnon que j’ai eu a rejoint Eskat il y a déjà plus de deux vens. Ce que tu sens sur moi, ce que ne sont que tes semblables des falaises que j’ai rencontrés et que j’ai décidé d’aider. »

Elle replace une mèche de cheveux derrière son oreille en songeant à Yondel. Au fond, rien n’a vraiment changé depuis cette époque. Elle est toujours désespérément poussée vers les choses et les hommes brisés. Cette volonté de réparer, de soulager son prochain… sans doute une façon indirecte d'apaiser ses propres blessures. Mais il n’est pas temps de s’étendre sur de telles pensées. Se détournant de la pièce où elle avait posé le flou de son regard, elle fixe de nouveau Ionos pour prononcer, une fois encore, le serment qu’il a besoin d’entendre :

« J’ignore ce que tu as éprouvé autrefois. Je ne veux pas le savoir si tu ne veux pas me le dire. Sache seulement, Ionos Selherand, que je ne suis pas l’ennemi de ceux qui veulent juste trouver une place dans ce monde. »

Caressant la tête douce de Zraïfa, posée sur la cuisse de son maître, elle ajoute avec un sourire :

« Je prendrai soin de Zraïfa. Tu peux chasser tes démons l’esprit tranquille… »

Sans trop savoir pourquoi, au fond d’elle résonne soudain comme un avertissement dont elle ne peut saisir la nature. Mais pendant un infime instant, elle ressent très clairement sur ses épaules le poids de ce nouvel engagement et elle s’empresse d’adresser une prière muette aux Entitiés pour qu’où qu’il aille, Ionos revienne.
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Ionos Selherand
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MessageSujet: Re: Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]   Dim 3 Nov - 15:32


Il y a un temps pour chaque chose en ce monde. Un temps pour vivre, un temps pour mourir…

Un temps pour mourir…

Longtemps j’ai souhaité que ma vie s’achève après ce que j’ai commis. J’ai porté une lourde croix, en tentant d’expier mes fautes en vain. La mort n’est jamais venu, peut être m’a-t-elle simplement scruté par plaisir malsain pour me dire que je n’avais pas assez souffert ? Je me suis longtemps demandé pourquoi le destin se montrait aussi cruel avec moi. Pourquoi dois-je vivre alors que des gens sont morts pour moi ? A cause de moi ? A quoi rime mon existence si je dois vivre en continuant d’entendre leurs cris ? A sentir la chaleur de leur sang sur mes mains ?

Un temps pour vivre…

Pourquoi cette ensorceleuse aux pupilles d’étoiles est elle aussi douce avec moi ? Pourquoi tant de bonté ? Pourquoi ne me crains-t-elle pas ? Pourquoi est-ce qu’il suffit que j’entende sa douce voix de cristal pour que très vite, je comprenne que je n’ai pas à avoir peur d’elle. Elle me fait confiance et c’est à mon tour maintenant d’en faire de même. La chaleur de ses mains est réconfortante, la tendresse de ses yeux n’a pas d’égale. Comment fait-elle pour chasser avec autant de facilité le monstre que je suis ? Car au-delà des souffrances que j’ai pu traverser, je ne lui ai jamais dit que j’ai surmonté tout cela dans l’espoir de revoir son visage et ses pupilles de voie lactée
Ma maladresse m’a encore joué des tours, moi qui pensais que dame Shemrie avait un compagnon. Mais à la place, j’apprends qu’elle est veuve, depuis peu. Je ne lui demanderais pas pourquoi elle fréquente des Etementas des falaises car cela ne me regarde point. Cependant, je préfèrerais la mettre en garde :


- Je ne vous jugerais pas sur vos fréquentations Dame Da’Xian. Mais prenez garde, car pour moi la seule différence entre les Etementas des falaises et d’Izfried est le nom de leurs chefs. Les humains de Lorde-Gian ne sont pas prêts à accepter les Etementas chez eux. J’ai appris que les humains ont très vite peur de ce qu’ils ne peuvent pas comprendre, et qu’ils agissent bien souvent comme des ignorants aveugles. Ceci dit, Viktor Kèrn n’est pas mieux… Mais méfiez-vous, car on devient souvent ce que l’on combat toujours.

Je me risque une nouvelle fois à recroiser les pupilles d’étoiles. Mes sens s’éveillent, et je puis m’enivrer du parfum fruité et enivrant de Dame Shemrie. Un parfum dissimulé sous une odeur de papiers anciens et d’encre, mais qui me rappelle le pouvoir envoutant d’une femme, surtout d’une belle femme.

Que va représenter Shemrie pour moi à présent ? Elle m’envoute et je la laisse faire. Et en même temps je n’ose point l’effleurer car elle-même si elle est mystérieusement envoutante, elle reste intouchable sans que je puisse expliquer pourquoi. Mais que représente-t-elle pour moi et qu’est-ce que je représente pour elle ?

Je ne sais pas, mais plutôt que de réfléchir plus longtemps à cela, je la remercie et lui offre en plus, une marque de condoléances en retard de deux Vens :


- Je suis content de vous compter comme une précieuse amie et je vous remercie de votre aide. Vous êtes bienveillante, délicate et d’une rare gentillesse… J’ai beaucoup de peine à apprendre que votre ancien compagnon… n’est plus… Mais je suis sûr que jusqu’à son dernier souffle, il a été le plus heureux de tous les hommes. Je sais ce que l'on ressent lorsque l'on perd ce que l'on aime... Je vous prie de me croire à ce sujet.

Je préfère ne pas en dire plus. Il ne faut jamais raviver les plaies encore fraîches du passé. Il y a bien des douleurs que le temps ne peut pas guérir.

A présent, peut-être suis-je resté suffisamment longtemps chez l’ensorceleuse. Elle a accepté de veiller sur ma chienne donc, je ne sais pas trop ce qui me retient ici ? Peut-être… L’envie de sentir encore son odeur ou la chaleur de sa main sur moi ?


- Je… Je crois que je vous ai suffisamment importuné et … que abusé de votre hospitalité… Il va… peut être falloir que je vous quitte…

Peut-être ? En fait je n’en sais rien. Je suis perdue dans les méandres d’un arôme que je ne peux pas définir et qui m’enchaine entres les mains d’une sorcière aux cheveux noir de jais et aux pupilles étoilées.
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Shemrïe Da'Xian

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MessageSujet: Re: Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]   Mer 6 Nov - 21:41

Comment poser un nom sur toutes les émotions qui semblent affleurer sur le visage d’Ionos ? Comme si, en quelques secondes, son regard semblait s’ouvrir. Comme s’il la voyait soudain pour la première fois et qu’il en était aussi surpris que reconnaissant. Shemrïe connait cet éclat du regard qui vient appuyer avec une grâce toute humaine l’arc des sourcils et illuminer le visage de l’intérieur. Elle l’a déjà vu auparavant et s’en souvenir la fait sourire. Un sourire chaleureux émaillé de l’émotion de cette mémoire lointaine. Pendant un instant, elle est toute prête elle aussi à remercier le trappeur de lui avoir dit la vérité pour le simple plaisir d’avoir pu l’accepter et elle se sentirait presque idiote de penser ainsi. De toute façon, lui semble toujours aussi intimidée avec elle alors il s’empresse de dissiper l’émoi du moment pour la mettre en garde contre les Etementas des falaises. Shemrïe baisse les yeux à ses paroles. Bien sûr que Lorde-Gian n’est pas prête. Cerra et elle le savent pertinemment. Mais depuis qu’ils se sont regardés droit dans les yeux, bête immense et frêle Héritière sur la plage, d’égal à égal, elle a en elle le sentiment que c’est ainsi que les choses doivent changer. C’est pourquoi elle le regarde de nouveau avec douceur lorsqu’elle lui répond :

« Je ne connais guère les Etementas d’Izefrid. Cependant, je préfère ne pas juger à l’emporte-pièce. La seule chose que je vois, c’est que je suis sortie vivante de chez ceux des falaises, guidée par l’un, d’entre eux alors qu’ils auraient pu me dévorer sans même y penser. Merci quand même pour ton conseil… »

Devenir ce que l’on combat… Une recommandation non négligeable. Elle aussi éveille un écho dans son esprit et lui évoque de tristes souvenirs, du temps où Yondel ne vivait plus vraiment, sans être tout à fait mort. Ce ne peut être un hasard que sa mémoire lui étreigne ainsi le cœur jusqu’à alors qu’Ionos lui présente ses condoléances pour son mari défunt. Elle secoue la tête. Elle s’est promis de ne pas regretter, de ne jamais regretter un seul des vens qu’elle a passé aux côtés de Yondel. Elle a déjà fait autant qu’elle a pu pour lui, il ne sert à rien d’y resonger. Sa voix est basse mais ferme lorsqu’elle rassure le trappeur :

« Tu as bon cœur. Mais au risque de te choquer, j’aurais souhaité qu’il s’éteigne plus tôt. Même si sa mort m’a fait beaucoup de peine, passer dix vens cloué au lit sans même pouvoir se laver tout seul est une chose que je ne souhaite à personne, surtout s’il m’est cher. »

S’il le lui avait demandé, elle aurait abrégé ses souffrances. Il a failli, une seule fois, puis s’est ravisé. Jusqu’à la fin, il lui a appris des choses… Ionos la tire de ses pensées en annonçant avec incertitude son départ. Shemrïe hausse un instant les sourcils, surprise, avant de sourire. Il n’a pas changé et curieusement, cela éveille en elle un soupçon de tendresse, teinté d’amusement.

« Pourquoi toujours cette peur d’être de trop ? Tu as peut-être du mal à trouver ta place parmi les hommes, mais sache que chez moi tu es le bienvenu. Reste au moins le temps que je te donne quelque chose. »

Se levant de son siège, elle se dirige sans hésitation vers une de ses nombreuses boîtes et en tire un parchemin inhabituellement fin, long d’une paume et large d’à peine un pouce. Recouvert sur toutes ses bordures de petits symboles complexes qui encadrent dans leurs volutes deux runes, à chaque extrémité. Le Soleil et l’Eau. Fortune et réussite, protection et délivrance. Sur l’espace vide au centre, elle écrit en un geste souple d’une plume légèrement trempé dans l’encre le nom d’Ionos. Sa main fourmille de l’énergie qu’elle imprime à son mouvement et ses yeux se ferment à demi tandis qu’elle sent papillonner dans son bras et sa poitrine les milliers d’étincelles minuscules, qui insuffleront la magie nécessaire au sort. L’encre sèche presque aussitôt sous l’effet du rituel et Shemrie roule précautionneusement le petit parchemin. Puis, elle scelle le minuscule rouleau ainsi obtenu entre deux fermoirs de cuivre en forme de capuchon qui l’empêcheront de se dérouler. Une fois terminé, elle prend doucement la main du trappeur pour déposer l’objet dans le creux de sa paume.

« Un porte-bonheur. Pour que tu reviennes sans devenir ce que tu combats, toi aussi. »

Au-dessus du talisman, la main de la jeune femme reste un moment contre celle du trappeur, songeuse. Elle a déjà vu un Etementa sous sa vraie forme, une malebeste comme le dit Ionos, et elle se souvient de la peur viscérale qui l’a paralysé lorsqu’elle s’est déployée sous ses yeux, aux premiers rayons de lune. Elle se rappelle des difficultés que Cerra avait à se contrôler, de l’agressivité qui précédait sa transformation. Si le trappeur, lui, ne maîtrise rien de la bête au point d’avoir besoin d’aide pour y parvenir, elle se sent soudain le cœur assombri d’inquiétudes. Elle finit tout de même par lui lâcher la main pour croiser les siennes sur ses genoux.

« Je suppose que tu ne sais pas combien de temps il te faudra. Personne ne t’a appris, quand tu étais enfant ? Cela doit se faire, non ? »
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Ionos Selherand
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MessageSujet: Re: Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]   Ven 8 Nov - 19:04


Je suis un peu surpris par ce que me révèle Shemrie sur son défunt époux. Le ton qu’elle a pris en m’avouant qu’elle aurait préférée qu’il ne quitte Eleris plus tôt me surprend un peu. Mais je dois avouer que j’approuve le point de vue de Dame Da’Xian. Cela me rappelle une Etementa, Kaëna. Une chasseuse qui été marié à un chasseur. Un jour, son mari se blessa gravement. Lorsqu’il fut ramené à la meute, on constata que ses blessures étaient si graves, que dans quelques mois il pourrait plus se nourrir, chasser, se laver par lui-même… Kaëna lui a tranché la gorge et s’est trouvé un autre compagnon. Bien sûr, la raison était que son mari était devenu faible et une honte pour le clan. Les faibles n’ont pas leur place à Izefrid. Mais il y a une différence entre Shemrie et cette Etementa, elle ne pouvait pas supporter plus longtemps la déchéance de son mari, qu’il devienne différent de l’époux attentionné qu’il a dû être… Par Serer, je n’ose imaginer un tel supplice.

Car, c’est ce qui m’a toujours fasciné chez les bipèdes de Lorde-Gian. Leur vie est diablement trop courte et pourtant, ils prennent tant de soins et de bonheur à fonder une famille. Pas une meute, un clan… Une famille.

Cependant, j’ai déjà beaucoup de mal à approcher les femmes, alors bien que l’idée de fonder une famille soit devenu une de mes envies les plus secrètes, je ne pense pas que cela se fera. C’est alors que Shemrie semble me taquiner, sur le fait que je veuille m’éclipser, je bafouille honteux :


- Ce... Ce … n’est pas ça ! Vous avez… certainement du travail et… Oh ! Ne vous dérangez pas pour…


Je n’ai pas vraiment l’autorité pour la retenir… Je n’ai même pas d’autorité du tout ! Je devine que ma maladresse doit beaucoup l’amuser. Si je la fais sourire, alors je suis bien heureux… Elle exécute quelque chose de bien étonnant. Beaucoup appelle cela de la magie. Moi, j’ai l’impression de voire Dame Da’Xian qui exécute ses gestes avec une telle précision, une telle grâce qu’on dirait qu’elle peint, qu’elle insuffle la vie, qu’elle danse… Mais si je ne considère pas ça comme de la magie, comment appeler cela alors ?

Après avoir achevé ce ballet visuel, elle revient avec objet bien particulier dégageant une aura que je ne saurais définir. Elle me le tend, c’est un porte bonheur. Pour que moi aussi je ne devienne plus ce que je me suis juré de combattre. Je ne suis pas gêné de sentir sa main se poser sur la mienne, ou ressentir ses pupilles de constellations et avoir l’impression de me noyer dans le ciel d’Eleris et dans un flot de sentiments complexes.

Je n’ose plus lâcher ce précieux cadeau qui me rappellera de revenir à Lorde-Gian.


- Les Etemlenta d’Izefrid n’ont pas vraiment d’enfance Dame Shemrie. On les arrache à leurs parents et on les forme pour qu’ils chassent, obéissent à l’Alpha et à tuer. On doit veiller sur la meute et le mode de pensée et à la fois différent et similaire à celui d’une communauté. Pour ma part, je préfère une vie en tant que chien errant plutôt qu’en boucher… Bien que Les humains ne soient pas prêts à une cohabitation entre nos deux races. Je suis content que des êtres comme vous existent…


Je suis un peu triste que déjà elle est défaite sa légère étreinte, car pour une raison que j’ignore. Mes mains meurent d’envie d’effleurer sa peau, juste un instant sentir la douceur de son teint de pèche, revivre cette douce sensation… Mais je préfère ne rien faire. A part peut être ceci, lui parler et retarder le plus possible mon départ :

- Je… Je compte revenir… Pour ce qui est de ma précédente et longue absence. En fait, je suis resté inconscient bien longtemps sans aucun repère. Comme je passe une grande partie de mon temps en traque et en chasse, le peu de repère que l’on a sont le soleil, la lune, le vent et certains animaux… Je… si je puis me permettre…


Je me saisis d’un parchemin et d’une plume dont je trempe la pointe dans un encrier sombre. Puis je commence à dessiner plusieurs lunes en expliquant :

- Chez nous, l’Astre de nuit que vous appelez la lune, est qu’un symbole des divinités afin d’éclairer les êtres vivants. Mais ce n’est pas seulement ça, selon la forme que prend cette astre, elle influence sur l’environnement qui nous entoure. Les arbres, les animaux, les rivières, le vent et même l’océan. Par exemple la pleine lune est symbole de période de grande chasse et de fertilité. C’est comme ça que je me repère dans le temps. Je peux vous montrer d’autres choses si vous le voulez ?


J’attends son approbation pour lui parler de plusieurs choses comme se repérer à l’aide de certaines étoiles, des significations qu’elles ont pour moi, la conséquence d’une lune sur une race animale bien précise… C’était très agréable de montrer tout cela, ce n’était pas grand-chose mais cela nous a sans aucun doute rapproché un peu. Et je me souris en voyant que je n’ai pas vu le temps passé et que je ne saurais dire qu’elle heure il est.

Au bout de quelques minutes peut être quelques heures je ne savais pas trop. Je me suis levé, pris ma chienne dans mes bras pour la caresser derrière les oreilles, l’embrasser au front et lui dire :


- Je dois partir, je ne peux pas dire quand je reviendrais. Alors tu vas rester avec Shemrie Da’Xian. Je veux que tu lui obéisses et que tu veilles sur elle comme à moi.


Elle couine doucement et vient se placer à côté de l’ensorceleuse, je suis peiné et cela doit se sentir dans ma voix lorsque je lui annonce :

- Au revoir Dame Shemrie… Prenez soins de vous, j’espère de tout cœur revenir à Lorde-Gian et vous revoir au plus vite.


Puis je me saisis doucement de sa petite main et dépose un baiser léger sur ses petites phalanges, puis mes doigts viennent effleurer une partie de sa longue chevelure ébène sans toucher son visage d’ange, afin que mes narines aspirent son parfum. Je me doute que mon geste peu ordinaire doit la surprendre, mais je la rassure

- Nous les Etementa, quand on part pour un temps et que l’on ne sait pas si nous reviendrons. Nous gardons l’odeur de ce qui nous sont proches afin de ne pas les oublier, de ne jamais les oublier… Au revoir Shemrie Da’Xian.

Puis mes pas s’éloignent de la boutique de la jeune femme. Je me retourne un faible instant, mes pupilles venant regarder cette silhouette fine et gracieuse que je salue de la main. Qu’êtes-vous donc Shemrie Da’Xian ? Une faiseuse de parchemin généreuse au cœur meurtrie ? Une envoutante et mystérieuse ensorceleuse ? Qui que vous ayez peut-être et qui que vous soyez, je ne vous oublierais pas. Je reviendrais, j’en fais la promesse et j’espère que cela ne sera point aussi long et qu’à nouveau je pourrais me noyer dans ce flot de sentiments complexes…

HRP:
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Shemrïe Da'Xian

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MessageSujet: Re: Petite Promesse et sentiments complexes enfouis [PV: Shemrie][TERMINE]   Jeu 14 Nov - 13:39

La maladresse d’Ionos a fait sourire Shemrïe alors qu’elle lui donne son cadeau. Ce n’est pas grand-chose, elle fait souvent ce genre de petit porte-bonheur. Certains disent même que ce sont des attrape-nigauds, tout juste bon à rassurer les naïfs. L’Héritière les laisse dire. Elle a beau insuffler moins de magie dans ces parchemins que dans d’autres, elle n’en est pas moins sincère dans son désir de préserver ceux qui les portent du malheur. Et quoi que l’on puisse en dire, ces amulettes protègent effectivement leurs porteurs en leur inspirant la force et l’envie de passer outre les difficultés de la vie. Elle ignore si sa magie sera assez puissante pour soutenir Ionos face à tout ce qui l’attend s’il entend dompter sa malebeste, mais elle l’espère sincèrement. Elle ne lui souhaite pas autre chose que de réussir et de revenir. Et d’ici là, peut-être que grâce à ses efforts et ceux de Cerra, Lorde-Gian sera un endroit où les Etementas pourront marcher la tête haute. C’est ce qu’elle souhaite alors qu’elle lui répond :

« Moi aussi je suis heureuse d’avoir pu vous rencontrer, toi et les tiens. »

Qui y aurait songé ? Lorde-Gian n’est peut-être pas encore prête, mais les grandes choses commencent toujours avec de petits pas et des gens que l’on appelle courageux, visionnaires ou fous alors qu’ils veulent simplement changer les choses pour les rendre meilleures. Shemrïe ne préfère pas s’embarquer dans de telles considérations pour l’instant. Leurs paroles sonnaient comme des adieux, mieux vaut apprécier la compagnie de son ami tant qu’il est encore là. Même si ce dernier ne semble pas avoir envie de s’en aller tout de suite. Avec un sourire, elle lui tend le papier et la mine de plomb qu’il lui demande gentiment. Son sourire ne s’efface pas alors qu’il commence à dessiner la lune et les étoiles qui gravitent autour d’elle pour lui expliquer leur utilité et la signification qu’elles ont chez les Etementas. Elle ne peut s’empêcher d’intervenir alors qu’il lui en parle, surprise par la ressemblance de ces connaissances avec les siennes, que Yondel lui enseigna autrefois.

« Dans les runes aussi, la lune est un symbole d’importance. C’est une messagère de renouvellement perpétuel, à la fois de vie et de mort. Je connaissais déjà son influence sur la fertilité et sur les puissances aquatiques mais je suis heureuse de constater que nous avons ce socle de connaissances en commun avec les Etementas. Parle-moi des autres étoiles avec lesquelles tu te repères. »

Et pendant quelques temps, trop plaisant pour qu’ils puissent en définir la longueur sans qu’elle ne soit en réalité passée bien plus vite, ils devisent avec enthousiasme des choses qu’ils savent sur les étoiles, les bêtes, la forêt, la magie et les gens. La jeune femme est agréablement surprise de leur découvrir tant de points communs par-delà la timidité du trappeur. Elle aussi par moment lui prend le pinceau pour expliquer quelques points précis mais bien souvent elle laisse les mots parler d’eux-mêmes. Et lorsque vient le moment pour Ionos de reprendre sa route, elle ne peut s’empêcher d’éprouver quelque tristesse à cette idée. Cependant, elle n’en dit rien et lisse sa robe sur ses cuisses alors qu’elle se relève pour pouvoir le saluer après qu’il ait dit au revoir à sa chienne. Tandis qu’il lui fait de même avec elle, elle veut répondre mais n’a pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il saisit sa main pour y déposer un baiser, comme lors de leur première rencontre. Cela l’aurait juste fait sourire avec attendrissement s’il n’avait pas ensuite glissé sa main dans ses cheveux pour en soulever le rideau d’ébène jusqu’à son visage. Passée la première surprise de ce geste inattendu, Shemrïe  reste immobile et silencieuse, soudain troublée par ce fantôme de caresse qui lui rappelle les tendres attentions d’un homme, l’espace d’un instant. Cette émotion déroutante voile légèrement sa voix lorsqu’elle fait elle aussi ses adieux au trappeur :

« Prends soin de toi, toi aussi, et reviens quoiqu’il arrive. Moi non plus, je ne t’oublierai pas. »

Pendant de longues secondes, l’Héritière reste sur le pas de la porte à le regarder s’éloigner, la main perdue dans la chaude fourrure de Zraïfa qui assiste elle aussi au départ de son maître, en couinant tristement. Et alors que sa haute silhouette disparaît bientôt, happée par la foule de l’après-midi lorde-gien, elle se surprend à frissonner, comme si Ionos avait laissé en s’en allant un espace vide où le froid s’engouffre. Sans un mot, elle reconduit la chienne à l’intérieur pour commencer d’aménager sa paillasse, en se surprenant à souhaiter que ses retrouvailles avec le trappeur ne tardent pas. Pour que ce brusque frimas sur sa peau, entre ses côtes, s’en aille dans la chaleur d’une autre de leur discussion…
HRP:
 
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