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 La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath

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Jaarhone Elban
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Localisation : A la forêt chantante
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MessageSujet: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Jeu 24 Oct - 10:43

Comment ? Une nouvelle Boutique arrive ?

Et bien oui. Je me suis déjà installé confortablement. Ma petite boutique situé sur la place du marché dans le quartier commerciale. J'ai une bonne vue sur le château de là où je suis, quelle chance !
Je soupire de joie en voyant la façade. Les vitrines sont remplis de plantes, dont j'arrive à ressentir la joie en elle. Bien sur c'est complètement absurde puisque je ne suis qu'un humain, mais j'ai l'impression que les entendre rire.
Depuis que j'ai arrêté d'être mercenaire, je me sens être quelqu'un d'autre étant donné que mes plantes sont mes seuls préoccupation.
je rentre chez moi et je m'aperçois, une nouvelle fois, que le nom choisi pour la boutique colle vraiment à celle-ci. On dirait une véritable forêt, bien qu'il n'y ait aucune mauvaise herbe. Même le sol est herbeux mais d'une herbe qui donne envie de marcher pied nu dessus.
Il y a des fleurs partout, de la petite Compagnette des champs à la terrible Croqueuse de Supérieur, qui est mis hors de portée des innocents bien sur. Ici règne une harmonie de paix et je n'ai pas envie qu'une erreur se fasse.
Quelques tables et chaises sont dans la salle, si bien la boutique pourrait servir de salon de thé également. Contre les murs, des armoires et des étagères contiennent des fioles contenant des élixirs divers et varié, il y a de l'aphrodisiaque, du contre-poison, des somnifères et des remèdes. Mais je possède aussi leurs Némésis, du poison mortel ou affaiblissant. Je n'hésite pas à les vendre, mais je fais signé au client une décharge qu'en cas de problème judiciaire, je ne suis pas tenu pour responsable ou complice du meurtre. Eh bien oui, il faut bien écarter les ennuis.
L'escalier me permettant d'aller à l'unique étage de la boutique et à l'arrière de la salle. En y montant, on y trouve un lit mais surtout des livres, des recettes et tout un laboratoire d'herboriste. Des fioles sont reposées ici et là, si bien qu'à chaque fois que l'envie d'aller me coucher me prendre, je me dois de faire un véritable parcours d'acrobate pour éviter de casser une fiole. Cet endroit est interdit au visiteur, aux clients et aux clients plus que fidèle. Il paraitrait qu'une plante rare serait si intelligente qu'elle effectuer un ordre, mais un seul ordre à la fois. Si mon commerce ne me prenait pas trop de temps, j'irai bien la chercher.
Mais bon je redescends et visiblement il n'y a toujours personne. J'en profite pour aller au sous-sol, dont la cave est cachée sous un meuble.
La cave me sert de réserve, où j'entrepose les fioles contenant des élixirs classiques. Il y a aussi quelques plantes, mais seulement celles qui peuvent survivre sans lumières. J'ai installée également une petite salle d'essai pour mes tentatives de nouvelles recettes d'élixirs. Mais ne connaissant jamais mes résultats en avance, je préfère la mettre hors de portée de mes clients, si bien que je la cache dans ma cave dont l'entrée est également cachée.
Je prends quelques élixirs dont la couleur manque dans la boutique et j'y retourne. Toujours aucun client, ce n'est pas si grave pour l'instant. Je mets mes élixirs à leurs place et j'attends derrière un petit comptoir ou une théière attend qu'on délivre son thé chaud.
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Tataliä Askiath

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Localisation : Misengris
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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Jeu 24 Oct - 17:51

Ajustant son foulard gris sur ses longs cheveux, Tataliä traversa la coquette cour intérieure du manoir des Askiath, avec la sensation d’incongruité qui la prenait toujours lorsqu’elle entendait résonner ses semelles de bois contre les dalles de pierre lisses. Avant même d’atteindre la porte de service, elle avait déjà baissé la tête et courbé les épaules dans l’attitude soumise et fuyante qu’arboraient tous les esclaves quand ils marchaient dans les rues. Une fois dehors, il lui faudrait avancer autant que possible le long des murs, en veillant à ne prendre que peu de place, à ne gêner et ne regarder personne. Et même ainsi, elle aurait sans doute de fortes chances d’être bousculée ou rabrouée par quelqu’un, pour une maladresse quelconque. Malgré tout, elle se sentait plutôt heureuse d’aller en ville. Le temps était clair, le fond de l’air doux et la pluie grisâtre des lums derniers semblait s’être finalement décidée à s’éloigner. C’était donc une assez bonne journée pour sortir, même si elle était plutôt inquiète.

Depuis avant-hier, Sylmarïl avait de la fièvre, dormait mal et pleurnichait beaucoup. Seules d’innombrables berceuses et la présence de sa nourrice parvenaient à la calmer un peu, mais son état commençait à porter sur les nerfs des maîtres. Si bien que la jeune Dame avait ordonné que l’on aille lui chercher de quoi la soigner chez un herboriste, ou à tout le moins quelque chose qui la rendrait plus agréable. Tataliä, en tant que nourrice de l’enfant, s’était donc vu confier une bourse de 50 mirs pour se charger de la commission, avec ordre express de ramener l’excédent à l’intendant. Elle avait accepté sans rien dire car n’ayant pas d’autres choix, mais en son for intérieur elle songeait qu’il n’y avait pas grand-chose à soigner. D’après Grâce-de-Liv, la petite faisait sans doute tout simplement ses dents et il aurait suffi de lui donner à mâchonner un linge imbibé d’eau sucrée pour la soulager. Grâce était toujours de bon conseil dès qu’il s’agissait des enfants mais ni elle ni Tataliä ne se serait risquée à en faire la remarque à la jeune Dame, qui devenait irritable ces derniers temps. C'est ainsi qu'elle longeait donc les hauts murs de pierre recouverts de lierre bordant les larges rues pavées aux abords du château, espérant atteindre sans trop de problèmes les faubourgs de la jolie Misengris, truffées d’apothicaires en tout genre. Elle ne prendrait peut-être que de la camomille pour faire dormir tranquillement Sylmarïl et prétendrait qu’il s’agissait d’un remède pour les fièvres infantiles si ça pouvait rassurer la jeune Dame. Trois vens pour percer ses premières dents, tout de même... elle se rendait bien compte que les Supérieurs ne vieillissaient absolument pas comme eux, les Fils de Dieu. A cet âge-là, lui saurait déjà marcher et il commencerait même à parler un peu…

Tataliä continua son chemin en essayant de ne pas trop y penser tandis qu'elle traversait la place du Conseil et arpentait les premières ruelles du quartier artisan. Comme on pouvait s’y attendre par ce premier lum de beau temps, il y avait foule et nombre de Supérieurs se pressaient dans les différentes boutiques. Au milieu du bruit et de la cohue, personne ne faisait vraiment attention à la jeune esclave et elle parvint à se frayer un chemin sans récolter rien d’autre que quelques regards condescendants ou indifférents. Soudain, alors qu’elle pensait continuer son chemin vers l’apothicaire de la rue aux Epices, une devanture attira son regard. La Forêt Chantante… Une vitrine débordant à ce point de plantes et de fleurs en tout genre que l’on aurait juré un morceau de Kirigan en plein milieu de la ville. Le nom était bien choisi. Cette percée de verdure au milieu de la pierre et de la chaux paraissait si calme et si étrange en comparaison du brouhaha du quartier que Tataliä ne put résister à l’envie de s’en approcher, et de passer le seuil. Une petite clochette discrète avertit le silence de son entrée et elle s’immobilisa presque aussitôt, surprise de voir que la forêt recouvrait également les murs intérieurs et même le sol, revêtu d’un moelleux tapis d’herbe. Muette d’étonnement, la jeune fille remplissait ses yeux de toutes ces fioles de liquides colorés, ces bocaux de poudre, ces plantes inconnues et belles dont elle ignorait jusqu’au nom. Une forme de joie enfantine se mit à papillonner en elle alors qu’elle se laisser happer par l’étrange magasin, comme si elle avait découvert un jardin visible d’elle seule, rempli de secrets parfumés qui lui seraient entièrement réservés. Pendant un instant, elle en oublia complètement la jeune Dame, les 50 mirs, les dents de Sylmarïl et la raison de sa venue. Seule lui importait l’exploration de ce lieu enchanteur. Jusqu'à ce qu’elle pose par hasard les yeux sur un comptoir où se trouvait un jeune homme aux cheveux flamboyants, tout garni de velours bariolé, ce qui jurait férocement avec l’ambiance éméraldine de sa boutique. Elle sursauta en le voyant et rougit avec vivacité, soudain transie du ridicule de s’être prise, même pendant un court instant, pour ce qu’elle n’était pas. Une esclave des Askiath ne pouvait pas être la demoiselle d’un mystérieux jardin de fleurs.

« P-pardon, messire ! J-je suis… vraiment confuse, je… n-ne vous avais pas vu… »
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Jaarhone Elban
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Localisation : A la forêt chantante
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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Sam 26 Oct - 11:53

Oh ! Une cliente !

A vrai dire, je pensais que les gens allaient juste me snober, regardant la boutique voir même en la fuyant. Après tout, comment une forêt peut-elle réellement exister dans une ville ?!
Mais soudain, telle un éclat d'espoir, une visiteuse entra, émerveillée, d'après ce que je peux voir, par la beauté de la boutique. Je profite du fait qu'elle ne m'est pas encore vu pour me faire une idée de ce qu'elle est. Je ne la situerai pas dans la noblesse mais ses vêtements ne me prouvent pas non plus qu'elle appartient à une personne des basses rues. Je ne pense que avoir à m'inquiéter de cette personne, après tout, si elle aime les plantes, elle ne peut être mauvaise.
Enfin elle m'a remarquée, ce qui la terrifie, comme si elle avait commis un acte mauvais. Je ne la connais pas mais elle ne semblait pas courir avant de venir ici.
Je m'en approche, poliment et gentiment, dans une courbette un peu trop forcé.


"Ne vous inquiétez pas, vous n'avez fait aucun mal. Bienvenue à la Forêt Chantante, que puisse-je faire pour vous servir, noble demoiselle ?"

Je me rapproche encore en faisant des gestes doux de la main pour essayer de la calmer. Il paraitrait que la flatterie aide pas mal pour vendre des produits alors j'essaye. Mais vu l'état de ma cliente, je doute que la flatterie soit réellement la nécessité pour gagner une vente. Je devrais certainement la calmer avant. Dans mes rares missions, je calmais les gens définitivement mais maintenant c'est différent, JE suis différent, je dois réussir à la calmer sans effusion de sang. Bon ok, c'est vrai que je possède une cave cachée avec des outils qui pourrait être mal pris, mais non, cette boutique est pacifique !
Mais voilà que je me plonge dans mes pensées plutôt que de m'intéresser à ma cliente ! Je secoue la tête pour virer rapidement toutes pensées profondes et je fixe ma cliente d'un regard bienveillant.


"Quelques choses ne va pas mademoiselle ? Vous semblez toute pâle."
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Tataliä Askiath

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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Sam 26 Oct - 16:10

Mortifiée, Tataliä avait de nouveau baissé la tête et se tordait nerveusement les mains, essayant d’avoir l’air humble et ne se sentant que profondément cruche. Elle avait sans doute eu l’air ridicule. Par réflexe, elle tirait sur la manche de sa chemise pour cacher la marque au fer rouge qui la désignait comme esclave des Askiath, de peur qu’il ne la mette à la porte. Pourtant, ses craintes n’avaient pas l’air d’être justifiées. Loin de vouloir faire de la place à de meilleurs clients, le vendeur s’approchait d’elle avec un sourire mielleux et une courbette révérencieuse, s’enquérant de ses désirs avec un zèle qui la mit aussitôt mal à l’aise. Elle, une noble demoiselle ? Si Tataliä n’avait pas été dressée depuis le plus jeune âge à tenir sa langue et ses pensées face à plus important qu’elle-même, c’est-à-dire tout le monde, elle lui aurait demandé aussi sec s’il se moquait d’elle. Elle n’avait rien d’une noble demoiselle. Ses vêtements, sommaires et communs malgré leur bonne coupe, ne pouvaient la désigner au mieux que comme une fille du peuple et ni grâce ni fierté ne se reflétaient dans son attitude. Seulement l’angoisse de se faire discrète. Et pourtant cet homme la traitait avec une politesse qui frôlait l’obséquiosité. La pauvre fille ne savait absolument pas comment réagir à sa sollicitude.

« E-et bien… non, je vais bien, je… »
Elle ne pouvait tout de même pas lui dire que c’était lui qui l’embarrassait ainsi. En désespoir de cause, Tataliä risqua un regard vers lui et fut surprise de le découvrir aussi jeune. Ses lourds vêtements colorés l’avaient induite en erreur et elle n’avait pas remarqué que les lignes pleines de son visage ovale ne lui donnaient pas plus de vens qu’à elle-même. Elle cessa bien vite de le dévisager avant de s’attarder trop longtemps sur ses yeux noisette, parcourus de reflets fauves qui lui semblaient étranges dans cet endroit si vert. Il ne fallait pas qu’elle outrepasse son statut. Cependant, rassurée par le fait qu’ils étaient sans doute du même âge, elle parvint à formuler sa requête de façon audible :

« Je… j’ai besoin d’un remède pour la fille de ma maîtresse. C’est une… une petite Supérieure de trois vens, qui a de la fièvre… »
Tataliä venait de révéler son statut d’esclave par ces seules phrases mais elle espérait que ce jeune vendeur accepterait quand même de la servir. Si elle ne rapportait pas au moins une fiole avec un nom plus ou moins médicamenteux, la jeune Dame serait mécontente et elle risquait d’être punie. Cette éventualité manqua de lui faire lever les yeux au plafond, quand elle savait que la priver de berceuses était le plus sûr moyen de rendre Sylmarïl invivable. Si ses parents prenaient la peine de s’occuper de leur fille et de la connaître un peu, la jeune esclave n’aurait même jamais été envoyée à la recherche d’un remède inutile contre un phénomène parfaitement normal. D’ailleurs, elle se sentit obligée de le préciser au vendeur, à voix basse pour qu’il ne pense pas qu’elle puisse remettre en question l’avis de ses maîtres, chose inconcevable pour quelqu'un comme elle :

« J-je crois qu’elle… qu’elle fait ses dents, t-tout simplement… »
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Jaarhone Elban
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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Mer 30 Oct - 17:14

Hein ? Que ? Quoi ? Une esclave ?


Je vois que j'arrive à la calmer petit à petit. Elle a réussi à énoncer la raison de sa venue, ou du moins de sa recherche, mais je ne m'attendais pas à voir une esclave, si bien habillée pour son statut.
Elle est venue chercher un onguent, ou du moins un ingrédient médical pour une poussée de dent pour un Supérieur, ce n'est pas rien. Les ingrédients sont rares et par conséquent assez cher. Je doute qu'elle ait la somme qu'il me faut sur elle, mais je trouverai un arrangement. Je trouve toujours des arrangements.
Mais un détail me chiffonne, pourquoi n'en profite-t-elle pas pour s'enfuir ? Je pourrais éventuellement l'engager et l'héberger. La différence avec sa maîtresse, c'est qu'elle serait plus ou moins libre, payée et surtout respectée comme une fille de Dieu devrait l'être. Je secoue la tête et je préfère lui en parler.


"Excusez moi mais vous avez parlé d'une maîtresse, c'est bien ça ? Pourquoi n'en profiteriez-vous pas pour commencer une nouvelle vie, plus digne que celle que vous avez en ce moment. Je suis sur qu'avec des habits, pas forcément noble, mais correctes pour votre physionomie, vous pourriez réussir facilement. Et en plus je recherche une aide pour ma boutique, et mon petit laboratoire d'alchimie. Je pourrais vous héberger, vous habiller correctement et vous loger. Vous toucherez même un salaire !
Bien sur, je vous aiderai à renouer des liens avec la civilisation, dont vous avez l'air d'en avoir un peu peur, certainement dû à votre statut social. Réfléchissez-y le temps que j'aille chercher le remède qu'il vous faut pour la petite."


Je l'invite donc, d'un petit geste du bras amical, à s'assoir sur une chaise, comme je le fais à chaque client dès que j'ai besoin de regarder à l'arrière boutique. Je m'en vais ensuite dans la petite salle où je cherche du regard l'onguent qu'il lui faudrait. Ca n'aide pas l'enfant à faire ses dents, juste à soulager nos oreilles de ses cris en diminuant sa douleur. Pour un enfant fils de Dieu normal, les ingrédients sont courants et donc le prix du produit est raisonnable. Pour un Supérieur, ce n'est pas la même chose.
Je le trouve donc et je l'attrape en faisant attention à ne pas le casser, limite comme si j'avais un enfant dans mes bras. C'est vraiment un petit trésor floral ce remède. Je l'emmène donc et je retourne auprès de ma cliente, lui présentant mon produit.


"Voilà, voilà. Il s'agit d'une petite pommade à appliquer sur les gencives du nouveau-né. Il devrait soulager la douleur du petit et donc vos pauvres petites oreilles par la même occasion. Par contre, et étant donné le rareté des produits, le prix de cette petite merveille médicale coûte deux cents mirs. Je ne pense pas que vos maîtres et maîtresses vous laissent transporter une telle somme, si bien que je propose que vous m'emmeniez les voir."
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Tataliä Askiath

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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Mer 30 Oct - 22:09

Tataliä devina au léger froncement de sourcils roux que lui donnait son air attentif que le vendeur l’écoutait consciencieusement et elle parvint à se détendre un peu. Après tout, la Forêt Chantante était un lieu apaisant et la gentillesse de ce jeune homme, aussi commerciale soit elle, contribuait à s’y sentir accueilli, à défaut d’y être en sécurité. Et pourtant, c’était comme s’il s’acharnait à lui faire ressentir toute l’absurdité de sa présence dans cette boutique remplie de verdure. Contrairement à ce qu’elle avait craint, la connaissance de son statut d’esclave ne refroidit pas son accueil. Mais même si elle pensait devoir se sentir soulagée, elle ne s’attendait pas non plus à ce qu’il prit l’exact contrepied de cette réaction. Tataliä demeura stupide pendant au moins une minute lorsqu’il lui demanda de but en blanc pourquoi elle ne s’enfuyait pas. Une question pas totalement dénuée de sens lorsqu’on prenait la peine d’y réfléchir, mais complètement hors de propos dans une tel situation. Elle se souvint de l’impression d’irréel qu’elle avait eu en entrant dans le magasin et il lui sembla en retrouver une partie alors que le vendeur proposait même de la cacher, de l’héberger, de l’employer si elle se découvrait des velléités de liberté. Tataliä l’écouta sans rien dire, puis elle sentit soudain un irrépressible tremblement lui secouer les épaules, la poitrine, et elle se mit soudain à rire. Incapable de s’arrêter pendant de longues secondes, elle riait sans joie aucune alors qu’elle avait juste envie de pleurer. Lorsqu’elle parvint enfin à se maîtriser, ce fut pour lui dire :

« Excusez-moi, messire… je suis très surprise que vous vous souciiez de moi ainsi mais… pour parler comme vous le faites, il faut être né libre… »
Elle avait conscience qu’elle se montrait plus insolente avec une telle réponse mais alors qu’elle s’asseyait dans la chaise qu’il lui indiquait, elle savait qu’aucune autre n’aurait pu lui venir à l’esprit même pour faire preuve de politesse. Ce n’était pas la faute de ce garçon, bien sûr. Il fallait être né esclave pour savoir certaines choses. En outre, que la marque des Askiath sur son bras lui interdirait de rester à Misengris si elle fuyait un jour le manoir. Que jamais ses maîtres ne la laisseraient partir si facilement maintenant qu’il avait découvert son don de voix. Et surtout, surtout, qu’elle ne pouvait pas quitter la cité des Supérieurs en le laissant derrière elle… Toute prise dans ces tristes pensées, elle ne revint à la réalité que lorsque le vendeur reparut de son arrière boutique, avec une boîte d’onguent qui lui arracha un cri de stupéfaction :

« D-deux cents mirs ?! Sainte Liv, j-je ne m’attendais pas à… je p-pensais juste à quelque chose comme… de la camomille, ou… »
Tataliä en perdait ses mots. Elle était tellement persuadée qu’elle ne prendrait qu’une petite fiole de sirop de sucre pour satisfaire à moindre frais aux exigences de la jeune Dame qu’elle était réellement abasourdi par un prix aussi exorbitant. Il était évident qu’elle n’avait pas une telle somme sur elle. Malgré tout, une fois la première frayeur passée, il lui apparut que ce n’était pas une si mauvaise idée que cela. Au moins, ses maîtres ne pourraient pas lui reprocher de prendre sa tâche à cœur et elle était sûre que la jeune Dame serait particulièrement fière d’annoncer qu’elle pouvait débourser plus de deux cents mirs pour soulager les gencives douloureuses de sa fille, bien qu’elle passât à peine deux heures par jours avec elle le reste du temps. Lissant nerveusement sa robe du plat de la main, Tataliä finit par concéder :

« Je veux bien vous conduire au manoir, mais… cela ne posera pas de problèmes pour votre boutique ? »
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Jaarhone Elban
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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Jeu 31 Oct - 17:05

Une vente particulière

Visiblement elle est attachée, certainement dû à un traumatisme quelconque, à son statut. C'est qu'elle n'est pas si mal traitée que ça. Je sais que certains maîtres et maîtresses sont correctes avec leurs esclaves, même si ça reste rare. D'ailleurs, j'espère ne pas connaître son maître ou sa maîtresse, elle serait capable de me reconnaitre, voir même de vouloir ma mort. Je sais que mes actions antérieurs m'ont valu d'être haïs chez certaines personnes.
Bon je conçois, j'aurai pu tout simplement lui fournir une petite plante pas très cher, que tout le monde a chez sois, ou presque tout le monde. Mais venant d'un supérieur, je ne sais pas si ça aurait été suffisant, c'est pourquoi je préfère la solution chère.


"Ne vous inquiétez pas pour ma boutique, mademoiselle. Les vols de plantes sont assez rare et surtout que quelques spécimens savent se défendre eux-même. Je ferme juste à clé par réflexe.
Concernant l'onguent, je sais que son prix est légèrement excessif mais je ne connais pas assez l'anabolisme des Supérieurs pour constater si une simple camomille suffit à calmer une poussée de dent d'un nouveau-né de celui-ci. Allons-y ! Si vous le voulez bien"


Ce n'était pas vraiment une suggestion, plutôt une affirmation. Car même si c'est vrai que je ne cours pas vraiment de grand risque en quittant ma boutique, le fait de m'en éloigner pour réussir une vente m'effraie un peu. Je souris à la jeune dame et en lui passant un bras autour du siens, je l'emmène hors de mon paradis, que je ferme derrière moi. La clé je la mets bien à sa place dans ma poche.

"Je suppose que votre maîtresse sera contente que je vienne avec un remède. Alors plus nous irons à votre "résidence", plus vite tu toucheras une récompense. Et puis si ce n'est pas de ta maîtresse, je t'en fournirai une. Car tout travail mérite salaire, n'est-ce pas ?"
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Tataliä Askiath

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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Dim 3 Nov - 22:19

A son grand soulagement, le jeune vendeur n’insista pas dans son idée rocambolesque et Tataliä s’en trouva soulagée. Elle ne lui en voulait pas, elle était en quelque sorte habituée à ceux qui n’imaginaient pas qu’elle ne s’appartienne pas à elle-même et qu’il ne lui vienne même pas à l’esprit de pouvoir un jour le revendiquer. De surcroît, les Fils de Dieu qui avaient la chance d’être libres n’avaient pas forcément celle d’avoir une vie facile à Misengris, ce qui était d’ailleurs rarement le cas. Mais même si elle se représentait assez bien, passée la surprise, les raisons qui avaient pu le pousser à faire cette bienveillante proposition, elle ne se voyait pas expliquer à ce jeune marchand charitable et gentil ce que c’était d’être comme elle. Le fait de marcher, parler, manger, dormir et travailler sans que rien de tout cela ne soit à vous. Le fait qu’aux yeux des autres, un fer rouge appliqué sur la chair il y a des vens et des vens vous transformait au plus profond de vous-même d’un autre Fils de Dieu tout semblable. Le fait que ce changement de nature dont vous n’aviez même pas conscience vous interdisent de faire ce que vous vouliez, d’aller où vous le vouliez, d’aimer qui vous vouliez sans craindre qu’un jour cela vous soit retiré, peu importe la douleur devant en résulter. Non, Tataliä ne se sentait vraiment pas capable d’expliquer cela à qui que ce soit, aussi en fut-elle reconnaissante au jeune homme de changer de sujet et s’empressa de hausser les épaules en réponse à son choix de médicament coûteux :

« Oh… les infusions de thym calment très bien sa toux, alors j-je ne pensais pas… que ça ferait une grosse différence qu’elle soit Supérieure… mais, c’est vrai qu’elle est fragile, pour une enfant de cet âge… »
Oui, menue et maladive, au point qu’elle en venait à craindre pour elle la moindre brise plus fraîche que de saisons, mais Sylmarïl pouvait se permettre d’être une délicate petite fille. Elle aurait tout le temps de se fortifier plus tard, même si Tataliä serait sans doute morte et enterrée avant qu’elle ne parvienne à l’âge adulte. Sortant de la boutique à la suite du vendeur, elle se préparait à prendre place trois pas devant lui pour indiquer le chemin, avec l’humilité soumise d’un esclave guidant quelqu’un, lorsqu’il cala d’office son bras sur sa manche bariolée, surpiquée de broderies. La jeune femme poussa un cri de surprise et rougit violemment, terriblement angoissée à l’idée de ce qui pourrait lui arriver si ses maîtres la voyaient ainsi. Mais elle eut à peine le temps de songer à se dégager qu’elle était déjà entraînée le long des rues, vers le quartier noble. Le cœur battant la chamade, elle pensait mourir de frayeur à chaque pas et chaque regard se posant sur eux. Les esclaves ne devait pas être traités comme s’ils pouvaient prétendre à un quelconque respect. C’était une chose dangereuse à bien des égards. Cependant, il lui apparut assez vite qu’il valait mieux donner le change, au moins pour le trajet. Elle s’efforça donc de marcher à son rythme, les yeux baissés au sol et répondant à ses paroles d’une voix hâchée.

« Les esclaves n’ont pas à être payés, messire. Notre unique récompense, c’est l’absence de punition. Mais je… je serais b-bien trop gênée pour… p-pour accepter quelque chose de v-votre part… s-sans vouloir vous offenser, bien sûr… »
Rien ne l’en empêchait réellement. Ses maîtres n’avaient pas à les payer mais les esclaves pouvaient travailler ailleurs tant que cela n’empiétait pas sur leurs tâches principales. Dix-Huit recevait souvent quelques piécettes ou des choses à manger quand il allait décharger les navires tôt le matin sur le port, en plus de ses journées à l’atelier. Mais en l’occurrence, elle n’avait pas l’impression d’avoir aidé ce jeune marchand en quoi que ce soit et il ne lui semblait donc pas correct d’accepter quelque chose de sa part. Malgré tout, comme sa gentillesse avec elle l’incitait de plus en plus périlleusement à relâcher ses défenses, elle se permit, sur le chemin, un brin de conversation :

« V-votre boutique n’est pas… ouverte depuis longtemps, n-n’est-ce pas ? Je l’ai trouvée fabuleuse… »
Tout en parlant, ils parvinrent bientôt dans les élégantes ruelles du quartier noble et elle fut bientôt contrainte de lâcher le bras du jeune homme pour marcher devant lui. Trop de gens amis de ses maîtres pouvaient la reconnaître et rapporter son impertinence. L’opprobre tomberait sur les Askiath, incapables d’éduquer leurs esclaves, et toute la maisonnée serait sévèrement punie pour prix d’une telle rumeur. Aussi Tataliä le conduisit-elle sans rien dire jusqu’au grand portail du manoir. Le portier la reconnut et les fit entrer dans la cour intérieure. Faisant signe au jeune homme, ils traversèrent l’étendue de pavés concentriques pour atteindre la gloriette recouverte de vignes, le long du mur de droite. Elle le fit pénétrer dans le manoir par une porte de service et le conduisit à travers les couloirs richement décorés, où s’affairaient en silence d’autres esclaves qui ne manquèrent pas de dévisager l’inconnu, surpris de l’audace de Tataliä. N’y prêtant pas attention, elle le mena jusqu’à la porte du petit salon où la jeune Dame se reposait la plupart du temps après-midi. S’accordant une brève pause pour remettre de l’ordre dans sa tenue, elle passa la porte entrouverte et baissa aussitôt les yeux sur ses souliers, croisant les mains sur le devant de sa robe, lorsque la splendide Supérieure à la peau cuivrée et aux interminables boucles sombres remarqua sa présence :

« Pardonnez-moi, ma Dame. Un médecin pour votre fille… »
Puis, elle s’effaça pour laisser place à l’herboriste.

HRP:
 
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Jaarhone Elban
Herboriste
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Localisation : A la forêt chantante
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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Mer 6 Nov - 15:03

C'est partit pour l'argumentation.

J'ai suivis la jeune dame, la tenant par le bras tant qu'elle le souhaite mais arrivé au quartier noble, elle préféra me lâcher, certainement pour éviter à sa maîtresse des remontrances vis-à-vis de son esclave. Quelle esclave fidèle et loyale qu'elle fait ! Je pense que la plupart en aurait certainement profité pour réduire l'image de marque de leur ancien maître, car bien sur ils auraient fuis leur situation. C'est que cette dame doit certainement bien les traité. Elle refusa mon cadeau de remerciement, mais ce n'est pas grave, je trouverai certainement un moyen de la persuader. "L'absence de punition", c'est ça une récompense lorsque l'on est esclave ?! Je suis légèrement choqué là-dessus. Le fait que les maîtres puissent être reconnaissant au point d'être clément est une chose mais accepter le refus de violence en guise de récompense en est une autre.
Je ne sais pas si c'est pour trouver un sujet de discussion, par sympathie ou tout simplement par sincérité, mais ma boutique l'aurait plus ou moins touché et voir que j'ai réussi à faire d'un vieille immeuble un endroit plaisant me satisfait plus réussir une vente.


"Merci pour la boutique mademoiselle. En effet, j'ai ouvert il y a peu. J'essaye de rendre cette ville plus colorée et plus accueillante avec mes petites fleurs. J'ai l'impression que mon petit paradis amène en cette ville, un peu de verdure auprès de ces pierres mortes. Mais pour la récompense, j'insiste ! Que vous soyez esclave ou roi, un cadeau ne se refuse pas. Après tout, vous en seriez pas venu au magasin, je n'aurai pas pu ramener à votre maîtresse le médicament et je n'aurai pas pu être payé. Donc au final, vous avez fait de grande chose sans vraiment le savoir. Alors j'insiste, je vous récompenserai si vous ne l'êtes pas."

Je parle mais je n'avais pas remarqué que nous étions à l'intérieur du manoir. Bizarrement je me sens comme une cible au milieu de ses esclaves et par conséquent je me sens pas vraiment à l'aise. Voir un esclave en bonne santé est un passage plutôt facile, tandis que là, il y avait pas mal d'esclave avec des cicatrices, certainement de guerre, ou malade. Je devrais agir, mais je sens que ce n'est pas le moment. La jeune fille est partie m'annoncer et me revient afin de me signaler qu'on m'attendait.
J'entre dans la salle et je lui fais une jolie révérende. J'ai un peu le trac mais je sais que ça passera vite. Une fois mes esprits récupéré et mon tracas fini, je peux enfin commencer un petit monologue argumentatif.


"Bonjour madame. Je me présente, Jaarhone Elban, herboriste et autodidacte en alchimie. J'ai entendu dire que votre fille est malade, une petite rage de dent par rapport à son âge. Sachez cependant qu'aucun remède n'existe réellement pour diminuer le temps de cette pousse, mais que je vous amène un onguent permettant de soulager vos oreilles et ceux de vos serviteurs du mal racontait pas votre fille.
Cet onguent soulagera la douleur qu'éprouve votre fille au point qu'elle ne sentira plus rien. Ses dents commenceront à pousser normalement. L'effet est immédiat après application.
Malheureusement, cet onguent est fait à base de plantes rares, si bien qu'il est plutôt cher. C'est pourquoi votre "amie" s'est permis de l'accompagner jusqu'à vous.
Mon produit coûte 200 mirs, mais nous pouvons négocier pour diminuer le prix ou tout simplement faire un échange commercial.
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Tataliä Askiath

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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Jeu 14 Nov - 11:45

Tataliä ne put s’empêcher de rougir devant l’insistance du jeune marchand, qui tenait visiblement à lui offrir une récompense en cadeau. Elle avait beau chercher tant et plus, aucune raison de la traiter aussi gentiment ne lui venait à l’esprit. S’agissait-il d’un geste commercial ? Cela aurait été bien inutile puisqu’elle aurait sans doute été incapable de revenir acheter des produits pour son propre compte, même si elle avait trouvé sa boutique enchanteresse. Cependant, aussi étrange que cela puisse paraître, elle ne pouvait s’empêcher de lui être reconnaissante de tant de bonté. Venant d’autres personnes que de la maison Askiath, elle en avait pour ainsi dire perdu l’habitude et, malgré tout le danger qu’il y avait pour une esclave à se réjouir de la moindre parcelle de douceur dans son existence de labeur, elle se sentait la périlleuse tentation de considérer cette gentillesse comme désintéressée. Après tout, il était plaisant de penser qu’il pouvait rester des gens bienveillants dans ce monde…

C’est pourquoi même si elle resta de marbre et les yeux baissés sur le pas de la porte, Tataliä sentit son ventre se serrer d’inquiétude pour le jeune marchand alors qu’il vantait son produit à la jeune Dame. Cette dernière, confortablement alanguie dans une robe de soie prune et argent dont les voiles claires mettaient en valeur le velouté de sa peau dorée, écoutait le garçon avec une certaine indifférence affleurant sur ses traits parfaits, comme à chaque fois qu’elle devait recourir à un individu inférieur. Mais sa réaction fut presque aussi instantanée que celle de l’esclave lorsqu’elles entendirent le mot « amie » dans la bouche du commerçant pour les associer l’une à l’autre. Tataliä devint pâle comme un morceau de glace et serra violemment les mains sur sa jupe pour en contenir le tremblement tandis que les yeux de biche de la belle Supérieure s’étrécirent à deux fentes méprisantes au regard courroucé. La jeune femme se mit à craindre le pire pour l’auteur de cette faute malheureuse et sentit une sueur froide lui baigner le dos lorsque la voix de la jeune Dame claqua dans l’air comme un fouet :

« Les choses qui m’appartiennent ne sont certainement pas mes amies et toi, Fils de Dieu, tu me sembles plus avoir l’air d’un charlatan que d’un véritable médecin. »
De tout cœur, Tataliä espérait qu’il ne serait pas fait de mal au marchand. Sa maîtresse pouvait être d’humeur irritable et décider qu’il lui manquait suffisamment de respect pour le faire jeter dehors, d’autant plus que la présence de son esclave ne lui plaisait sans doute pas. Tataliä ne savait pas si elle avait été mise au courant des infidélités de son mari mais toujours est-il que la jeune Dame nourrissait depuis peu une aigreur toute particulière à son égard. La jeune esclave pria pour que cela ne retombe pas sur le Fils de Dieu mais contre toute attente, sa maîtresse continua :

« Avant de marchander quoi que ce soit, j’entends constater l’efficacité de ton onguent. Tu peux peut-être abuser cette petite gourde avec de belles paroles mais il n’en va pas de même avec moi. »
Immédiatement après, elle fit un geste sec de sa main gracieuse cliquetant de bijoux à l’adresse de Tataliä :

« Toi, va chercher ma fille. Nous allons voir immédiatement s’il y a lieu de débourser ces deux cents mirs ou non. »
Non sans prendre le temps de s’incliner, la jeune esclave tourna aussitôt les talons et repartit au petit trot dans les couloirs dès qu’elle eut quitté la pièce. Pourvu que tout se passe bien en son absence, même s’il était vrai qu’elle n’aurait absolument aucun pouvoir si la jeune Dame se mettait en tête de châtier le marchand. Cette éventualité lui fit presser plus encore le pas dans l’escalier qui menait aux appartements de ses maîtres et elle tenta de se rassurer en se disant qu’aujourd’hui, sa maîtresse semblait plus conciliante qu’à son habitude. Peut-être qu’elle en avait assez d’entendre les jérémiades de Sylmarïl… Tataliä revint quelques minutes plus tard dans le petit salon en portant avec précaution la petite fille dans ses bras. A trois vens, elle avait toujours l’apparence d’un bébé de huit mois, potelée et joufflue, quoique déjà nantie d’une abondante chevelure de boucles sombres que sa nourrice lui tressait chaque matin. Tout juste réveillée de sa sieste, l’enfant geignait faiblement en portant sa main rondelette à sa bouche, pour tenter sans doute de soulager ses gencives douloureuses. Tataliä s’approcha avec déférence de sa maîtresse en lui présentant Sylmarïl mais elle fit savoir d’un geste qu’elle pouvait la garder. La porter sur ses genoux pendant que l’on s’occuperait d’elle signifiait une proximité importante avec le Fils de Dieu dont elle entendait se passer. La jeune esclave inclina la tête et cala confortablement le bébé sur sa hanche pour que le marchand puisse lui appliquer son produit. Elle n’osa se permettre de lui sourire en présence de sa maîtresse mais elle parvint à lui glisser un rapide regard, en espérant que cette entrevue se terminerait mieux qu’elle n’avait commencée…

HRP:
 
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Jaarhone Elban
Herboriste
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Localisation : A la forêt chantante
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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Dim 24 Nov - 13:39

"Vous me voyez choqué et désolé. Je peux vous assurer que ma pommade soulagera votre enfant."

Je m'approche de l'enfant apporté par l'esclave. Je respire un bon coup, même si je suis sur des résultats que devrait apporter ma solution, le stress se fait sentir. Sans oser regarder celle-ci, de peur de commettre une autre grossière erreur, j'applique mon médicament sur les gencives. L'onguent devrait faire effet dès cet instant. Si l'enfant souffrait, il ne semblait pas le montrer. Mais je doute qu'il sache mentir à son âge, ce qui en une part, me rassure. Je me retourne pour faire face à sa mère et dans une révérence je me permets de lui parler.

"Même si pour l'instant, votre enfant ne pleurait pas suffisamment pour vous convaincre, je peux vous garantir que vos oreilles s'en trouveront soulagées de ses pleurs.
Je peux comprendre que vous n'êtes pas convaincu totalement pour l'instant, mais croyez moi, noble dame. Votre enfant se sentira mieux avec. Pourrions-nous désormais passer à la facture de cet antidote ? Et encore une fois, je vous demande de me pardonner pour les paroles qui vous ont fâchées. Ne connaissant très peu le relationnel de l'esclave avec son esclavagiste, je ne sus comment répondre ni comment les appeler.


Je me feins d'une nouvelle révérence en espérant qu'elle acceptent le paiement. J'offrirai certainement une bonne partie à l'esclave, dont je me permis un petit clin d'oeil rapide à son égard. Le mieux que j'aurai voulu pour elle est sa liberté, mais malheureusement, je doute que ce soit possible, alors je la récompenserai en argent.
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Tataliä Askiath

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MessageSujet: Re: La fôret Chantante [RP émotion] PV :Tatalïa Askiath   Ven 29 Nov - 21:47

Tataliä aurait aimé pouvoir soutenir le jeune homme d’une façon ou d’une autre après le coup de fouet des paroles de la jeune Dame mais elle ne voulait pas risquer un geste qui aurait pu la froisser davantage. Lui présentant soigneusement Sylmarïl, elle ne pouvait que jeter de temps en temps un coup d’œil discret sur ses épaules raidies et la tension qui fronçait l’arc de ses sourcils roux. Elle le regarda en silence appliquer son baume sur les minuscules gencives rougies de la petite fille. L’enfant rechignait à ouvrir la bouche pour laisser ce doigt inconnu frotter ses muqueuses endolories et Tataliä dut l’aider en appuyant doucement sur les joues rondes. Ensuite, le contact la soulageant visiblement, elle se laissa un peu mieux faire et ses jérémiades perdirent en conviction. La jeune esclave la sentit se détendre entre ses bras et retint un sourire de soulagement à l’idée que le produit du marchand était vraiment efficace. De cette façon, peut-être que la jeune Dame se montrerait plus clémente et oublierait son mécontentement premier. Le Fils de Dieu, constatant lui aussi les menus effets de son onguent, paru retrouver un peu d’assurance et s’adressa de nouveau à la Supérieure avec une profonde révérence. Tataliä, portant son regard aussi près de sa silhouette que l’humilité le lui permettait, tenta tant bien que mal d’épier les signes de contentements sur le visage de sa maîtresse, espérant de tout cœur que le marchand obtiendrait gain de cause. C’est pourquoi son sang se figea au même rythme que le courroux s’emparait des traits de la jeune Dame, à la mention du mot « esclavagiste ». La parole était malheureuse et uniquement due à la maladresse, l’esclave en était bien consciente. Mais à son grand désespoir, assimiler une noble et honorable dame Supérieure à une fonction aussi rabaissante que marchand d’humains n’en restait pas moins une insulte grave. Avec effroi, elle vit la bouche vermeille à l’ourlet parfait se pincer avec colère et les mots qui en jaillirent étaient si venimeux que Tataliä frissonna de terreur, de la même façon que s’ils lui avaient étés adressés :

« Le silence des sots est le meilleur bouclier contre leur propre ignorance, Fils de Dieu. Voilà pour t’en souvenir : je prends ton produit mais je ne paierai que la moitié de ton prix en réparation de ton impertinence. Et maintenant, hors de ma vue. Toi, laisse-moi ma fille et raccompagne-le. »

« Bien, ma Dame. »
Mortifiée, l’esclave s’approcha et tendit avec précaution Sylmarïl à sa mère avant de reculer et de s’éloigner en s’inclinant profondément elle aussi. Puis, lorsqu’elle eut refermé la porte du salon, elle se dépêcha de conduire de nouveau le marchand dans les riches couloirs, son cœur battant si fort qu’elle n’entendait presque pas le son de leurs pas sur les tapis moelleux. Les joues rougies par l’affliction, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir responsable de ce qui venait de se passer. Bien sûr, elle n’aurait rien pu faire face au courroux de sa maîtresse de toute façon mais si elle n’avait pas conduit le jeune homme jusqu’ici, il n’aurait pas eu à essuyer une telle honte. Peut-être aurait-elle du se contenter de rester dans sa boutique et de lui faire parvenir l’argent plus tard pour le produit, avec une facture ou quelque chose de ce genre. Oui, sans doute ainsi les choses se seraient passées différemment et tout aurait été beaucoup mieux, à l’abri dans ce joli berceau de verdure parfumé plutôt que dans les pièces luxueusement froides du manoir.

« J-je, je suis désolée, Messire… Vo-votre produit a l’air… très efficace, j’en userai à bon escient, j-je vous le promets… »
Elle n’osait pas s’arrêter avant de l’avoir reconduit à la porte, de peur que la demeure des Askiath ne leur réserve encore un autre piège humiliant. Dire que ce marchand avait été si avenant avec elle alors qu’elle n’était qu’une esclave de rien du tout. Et la boutique enchanteresse, emplie de la douce lumière du parfum des plantes… Au bout de plusieurs minutes, ils parvinrent à l’extérieur et Tataliä le reconduisit à l’entrée de service en passant sous la tonnelle. Parvenue devant, elle s’arrêta enfin, à l’abri derrière la vigne alourdie de raison qui recouvrait la treille de bois. Elle se retourne vers le marchand, se sentant soudain un peu idiote de s’être dépêchée ainsi. Mais le manoir lui avait tout à coup paru tellement hostile qu’elle n’avait songé qu’à les en faire sortir au plus vite. Un lieu aussi malveillant n’était pas fait pour les personnes avenantes telles que lui. Baissant les yeux, elle aurait aimé faire quelque chose de plus pour effacer cette éprouvante entrevue avec la jeune Dame mais rien d’autre ne lui vint à l’esprit qu’une banalité :

« S-si vous laissez une… une facture à l’intendance, v-vous recevrez votre argent rapidement… »
Tataliä maudit sa maladresse mais elle n’était pas sûre que d’autres excuses servent à quelque chose. Prenant son courage à deux mains, elle ajouta dans un souffle :

« J’espère que votre boutique ne s’en portera pas mal et que… vous aurez d’autres clients plus… »
La jeune esclave s’interrompit immédiatement en se mordant la lèvre avec effroi avant de dire, même par erreur, du mal de sa maîtresse.
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