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 Un silence mortel désormais brisé [OUVERT : RETOUR]

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Shinra Az-Dard
L'Archer de la Mort
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Localisation : En cavale
Messages : 109

MessageSujet: Un silence mortel désormais brisé [OUVERT : RETOUR]   Jeu 7 Nov - 20:12

Expulsé du bar des bas quartiers, la nuit noire m'entourait. Je me mis à errer à travers les dédales de rues, perdu, ne sachant où aller. Je m'étais morfond trop de temps depuis le jour de ces festivités au sein de Lorde-Gian. Broyé l'ombre de soi-même ne mérite guère plus que du mépris et de la pitié. Depuis tout ce temps à boire, j'ai finis par en oublier mon nom et le réel but de mon existence. J'en avais même oublié mon passé. Je n'étais plus que le fantôme d'un tueur pourtant longtemps redouté. Je n'étais plus rien.

Je finis cette bouteille d'alcool au goût inconnu tel mon palais fût brûlé par tous les breuvages ingurgités. La lâchant, elle finit sa chute contre le rebord du trottoir aussi dégueulasse et crasseux que je l'étais. Mon pied s'élança en arrière pour venir buter contre cette merveilleuse merde qui me rend tout aussi abruti, stupide et mauvais... Le verre produisit un boucan à m'en briser les tympans. Bordel... L'alcool rendait le bruit plus agaçant qu'il ne l'était.

Je titubais, marmonnant des paroles que moi-même je ne comprenais pas. Je me rapprochais difficilement de mon nouveau jouet bruyant. Je le regardais fixement, mais le sol bougeait, tanguait de gauche à droite. J'en avais des nausées, mais j’avais l’habitude. C’était les premiers symptômes d’une gueule de bois prématurée. D’ailleurs, je n’en avais rien à foutre…


- RIEN A FOUTRE, OUAIS… hurlais-je d’une voix rauque et irrégulière.

M’entendant ainsi crier, ma voix me paraissait pitoyable. Me connaissant, j’aurais eu un pincement au cœur d’écouter des paroles et une voix d’ivrogne qui sont les miennes. Mais là… Là… Rien. J’étais sans émotion, sans ressentit le vide le plus complet, tout comme cette bouteille. Je me demande comment j’arrivais encore à vivre avec ce train de vie. Alcoolisé du matin jusqu’au soir, et ce, tous les lums. Parfois une ou deux bagarres animaient la soirée, et des raclées, j’en avais mis des bonnes. Mais c’est donnant donnant. Un jour vous maitrisez un gars, une semaine plus tard vous le retrouvez en compagnie d’autres. Et vous avez beau savoir vous battre, l’alcool vous rendez aussi lent et mou que des mollusques. Le seul bon point à tirer, c’est que la douleur, vous ne la sentez pas. Du moins pas sur le moment…

La bouteille était à nouveau à mes pieds. Exécutant le même geste, mon pied redonna un coup à la bouteille qui alla se briser contre le mur sur le côté. Cependant ma jambe et son poids si pesant m’emporta dans sa lancée et finit par m’écraser par terre, telle une merde qui sortait d’un cabot. J’étais allongé sur le côté, rotant de plus en plus. Ca allait venir, je le savais. Ce n’était plus qu’une question de minutes… Je me mis difficilement à quatre pattes, lâchant des jurons agrémenté de cette voix d’ivrogne. Les avant bras posaient sur les dalles tout aussi froides que puantes, souffraient. Un filet de sang coula sur le sol, suivant les jointures creuses.


- Merde… Saloperie...

S’en suivit d’un, puis deux et un troisième vomi, dont une partie recouvrait désormais mon bras droit. Après plusieurs crachats, je pris appui de ma main gauche sur le mur barbouillé de mousse humide pour me relever. Je tentais de soulever mon poids avec mes jambes tremblantes sans succès. Je n’aurais pas cru la tâche si dure. Il m’était pourtant arrivé de tomber dans cet état, mais cette fois-ci c’est comme si l’on m’avait enchainé au sol comme un esclave. Je recommençais l’opération, jurant à haute voix pour lâcher la pression de tous ces efforts pourtant si basique. Je pus finalement m’étaler flanc contre le mur, puis le dos qui commençait déjà à s’imprégner de l’humidité de la pierre. J’ai levé la tête vers les cieux. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait cela. J’avais presque oublié la beauté de ces choses scintillantes, éclairant les nuits obscures. Je ne savais pas pourquoi, mais je m’étais toujours mis dans la tête que les étoiles représentaient quelqu’un qui nous était cher. Mais…

- Hun, poussais-je de dédain. Quelle connerie…

Si tel était le cas, j’aurais vu, admiré même, ce visage que je chérissais, elle que j’aimais depuis si longtemps, elle dont le nom… D’ailleurs, quel était son nom… ? Comment pouvais-je oublier son nom ! SON NOM SHINRA !

Je me fis violence, cherchant dans ma mémoire détruite par l’alcool, le nom de cette Supérieure que j’aimais tant. Son nom restait introuvable, et plus je le cherchais, plus je me haïssais d’être devenu un être puant, sale et dont personne ne craignait . Je me passai la main dans les cheveux. Arrivé à la racine pleine de poux et de puces, je serrai mes mains pour m’en arracher. La douleur revenait, le mal de crâne aussi. Je finis par lâcher prise, ça ne servait à rien, mais pris d’une colère noire, mon poing se dirigea violemment contre le mur. L’impact me fit hurler et quelques poussières seulement s’élevèrent dans l’air. Quant à la main, la droite, celle à moitié ensevelie dans mon vomi, saignait abondamment, laissant apparaitre plusieurs ouvertures béantes. J’y voyais ma propre chair s’ouvrir.


- Diana.

C’était ça son nom. Diana. Ma douce, ma belle, mon amour disparue. Mon âme sœur disparue. Petit à petit des souvenirs me revinrent. Je revis ces moments passés avec elle, son père qui me jeta hors de chez eux, et… Non…

- NON NON NON ! PAS CA ! hurlais-je.

Elle étendue sur le lit, nue. Violée, souillée, torturée et tuée par ma faute. De la haine commençait à arpenter mes veines, diffusant dans mon corps cette chose que j’avais laissé tomber. Des frissons parcoururent ma peau, remontant jusqu’à mon échine. Je sentis une contraction au niveau de l’estomac qui me fit vomir les restes de la soirée. Le flot ne s’arrêtait pas. Du sang se mélangeait dans ce que j’avais ingurgité. Puis finalement, je finis par cracher les derniers morceaux. Même si mon nez ne sentait que l’odeur de la régurgitation, je percevais à travers cet air nauséabond, l’odeur du sang, l’odeur indescriptible de la haine qui me réalisait de nouveau, tel que j’étais avant cette descente aux enfers. Je l’entendais de nouveau, cette petite voix qui me hantait. Mais contrairement au passé, je ne me lassais plus de ses murmures, je les écoutais, telle une mélodie. Elle m’apaisait, elle me rendait vivant, elle me rendait ma vie, mon existence, ma rage, ma haine, ma peine, mon amour et surtout, cette envie incontrôlable de contempler un visage sans vie.

« Shinraaaaaaa… »
m’appela-t-elle.
« Réveille-tooooiii….. Il est temps désormais… Nous avons beaucoup de choses à rattraper, Shinra… »
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