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 La douceur des lums [PV Daenerys]

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Ishüen Hargal
Oeil de Lûna
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Localisation : Dans mon atelier
Messages : 102

MessageSujet: La douceur des lums [PV Daenerys]   Sam 16 Nov - 16:31

Une lumière douce qui entre dans l’atelier et, je ne sais pas pourquoi, un parfum de cannelle là dehors. Ca vient peut-être de la cour. Je me redresse un instant de l’établi sur lequel je rabote soigneusement la planche de noisetier et jette un œil à la minuscule cour carrée derrière dans la boutique. Coincée entre les façades des magasins adjacents et un muret trapu au fond, c’est juste un morceau de pelouse qui a poussé entre les pierres, avec des mauvaises herbes et de toutes petites fleurs roses qui piquettent le vert, très discrètement parce que le soleil a du mal à tomber jusque là. Au-delà de ce coin d’ombre et de verdure, les colombages des murs, les tuiles rouges des toits et les cordes à linge qui s’entrelacent, balancées par la rumeur incessante du quartier des artisans. C’est bien par la fenêtre ouverte que m’arrive l’odeur d’épices, ou plutôt de gâteau tout juste cuit. La rue des Boulangers n’est pas bien loin. C’est agréable.

Reposant mes outils, je me relève et secoue la sciure de bois sur mes vêtements et mes avant-bras. Derrière moi repose le squelette de ce qui me tient à cœur depuis un moment, le berceau qui attend d’être complété par les dernières lattes de bois sur lesquelles je travaille. Là d’où je viens, les enfants dorment contre le flanc de leur mère et de leurs frères, pas dans une boîte qui remue. Je sais que le nôtre ne sera pas un louveteau mais même quand j’en fabriquais pour les autres, je n’ai jamais aimé ces espèces de petites caisses qui ressemblent beaucoup trop aux cercueils qu’utilisent les Fils de Dieu pour enterrer leurs morts, idée stupide s’il en est. Comme je ne voulais pas mettre notre bébé en cage, j’ai finalement choisi une forme ronde et profonde, qui ressemble un peu à un panier et ouvre le regard sur la pièce où il se trouve, pas seulement sur le plafond. Sur la clef de voûte qui réunit les lattes rondes, j’ai sculpté Luna et la farandole de ses sœurs étoiles, et d’autres symboles pour protéger le sommeil. Nery montée sur son Navor et plusieurs oiseaux au bec entrouvert, comme pour chanter. Je suis plutôt fier de ce que ça donne mais je n’ai pas encore osé demander à ma compagne ce qu’elle en pensait. La connaissant, elle a sans doute vu ce que je trafiquais, mais si elle n’est pas encore venue me demander ce que c’était, c’est qu’elle pense qu’il s’agit d’une commande. Je ne lui ai pas dit que je faisais ça pour nous.

Je jette un œil par l’ouverture du mur donnant sur la boutique. Peu de clients à cette heure-ci parce que nous allons bientôt fermer, à part des enfants devant la vitrine qui observent les jouets avec de grands sourires plein de soleil. Ca me fait rire, moi aussi. Le visage inclinée sur la caisse, Nery a l’air de faire les comptes de la journée. Je n’ai pas fait attention à qui prenait quoi aujourd’hui mais les affaires se portent bien d’après elle. Tant mieux. Je veux qu’elle ne manque de rien. Sous le corsage lâche de sa chemise, la courbe de son ventre est de plus en plus visible et je la contemple à travers les plis de sa jupe avec un bonheur fasciné, teinté d’appréhension. C’est pour bientôt, je le sais. Tout dans l’odeur de sa peau me le dit. Et pourtant, je me demande encore si je suis prêt, si tout se passera bien. Est-ce que je serai capable de les garder en sécurité ? Dans les Collines, la Sotnia assied sa puissance et sa forteresse agrandie prend des airs de menaces quand je l’aperçois depuis le chemin vers Lorde-Gian. Il y a peu de temps, ses hommes ont tué Mansel, le meunier, après avoir découvert qu’il était un Naüro. Parfois, il m’arrive de songer que je ferai peut-être mieux de disparaître moi aussi avant qu’on ne s’en prenne aux miens. Que nous avons peut-être eu tort de penser trouver la paix à Lorde-Gian…

S’apercevant que je la regarde, Nery relève la tête pour me sourire et la nacre rosée de sa bouche dissipe une partie de mes inquiétudes. Tant que ma femme va bien, je n’ai rien à craindre de personne. Ma place est auprès d’elle.


« Il y a une bonne odeur, là dehors… »
Je la taquine. Elle a un faible pour les friandises depuis qu’elle est enceinte.

HRP:
 
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Daenerys Sil'ëm

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Localisation : Lorde-Gian
Messages : 43

MessageSujet: Re: La douceur des lums [PV Daenerys]   Mer 27 Nov - 10:41

Mes mains glissent sur le comptoir. La journée, pour mon plus grand plaisir, n'avait pas été très mouvementé. Bien que j'aime vendre ce qu'Ishüen faisait de ses mains, je ne dis pas non aux journées longue, calme et reposante. Doucement, je passe ma main sur mon ventre. Bien rond, bien chaud, notre enfant devait se sentir bien là dedans. Même si j'ai une petite appréhension quand à l'accouchement, j'ai vraiment hâte de le rencontrer, ou de la rencontrer. Nous ne savons, ni ne voulons savoir. Je pense que c'est mieux ainsi. Dans tout les cas, je l'aime déjà énormément, petit bout de moi, petit bout de lui.

Sans vraiment réfléchir, mon regard se porte sur les enfants qui restent souvent devant les vitrines. Mes pensées se forment et imaginent déjà mon enfant jouer avec eux. Dehors, dans de grands éclats de rire. Chant du bonheur et du bien être. Sans m'en rendre compte, je soupirais avec un sourire lointain. J'avais hâte de connaître ce plaisir. D'un petit coup d'oeil vers Ishü me rendit encore plus heureuse. Un coup. Je venais de recevoir un coup dans la paume de ma main. Presque aussitôt de petite larmes se formait dans le coin de mes yeux. J'aime toujours quand je sens la vie en moi, c'est un cadeau des divinités.

Aprés les quelques secondes, je me repenche sur les comptes. Les lignes de chiffres de nos ventes ne me font pas peur, et j'aime compter, calculer... Nous sommes assez chanceux, les petites sculptures de bois ont assez de succès pour nous permettre de ne pas se serrer la ceinture. Et les clients sont notre meilleur publicité. Le bouche à oreille est vraiment bon pour nos affaires. Heureusement qu'il est si doué. Je griffonne, je rature, j'annote. De la pointe de mon crayon de bois, je constate qu'aujourd'hui il y a eut quelques figurines qui sont partie, plus que les gros objets. Peut-être que demain changera la donne ? Je gardais les yeux dans le vague en repensant à notre installation ici. Mon regard, fini machinalement par reprendre le chemin de l'atelier. C'est tellement agréable de le regarder travailler.

Je croise son regard. Celui qui me remplis de bonheur. Tellement que cela déborde sur mon visage et je ne peux empêcher mon sourire de naître et de vivre sur mes lèvres. C'est drôle cette façon qu'il à de faire battre mon coeur. Quand je le vois, je ne doute ni ne regrette rien. Ma place est et restera à ses cotés, pour toujours. Une main sous mon ventre pour le soutenir avec douceur, je me rend près de lui. C'est vrai que cela sent bon de son coté. Dans la boutique, les odeurs mettent plus de temps à parvenir.

"C'est vrai... hum je crois que si je n'avais pas grignoter, je serais aller chercher quelques douceurs pour nous.. A moins que tu veuilles ? J'y vais si tu veux !"

Je continue de m'approcher de lui. Il me plait vraiment toujours autant. Au milieu des copeaux je le trouve beau. Doucement, à petit pas, je pose ma main sur sa joue et je me penche pour l'embrasser. J'ai eut envie de lui dire que c'était lui qui sentait si bon mais je me suis contentée de caresser sa joue. Ma main glissa sur son bras et je posa sa main sur mon ventre. Notre bout de chou remuait pas mal.

"Ho ! tu as sentis ?"

Un petit coup encore, de pied ? de poing ? Je ne savais pas mais j'étais toute heureuse de partager ça avec lui. Mon regard se posa sur son travail. C'était beau, tout en finesse et pourtant cela semblait solide. Je pose ma main sur le bois et le caresse de mon pouce, je ne faisait pas attention au détail et reporta mon regard sur Ishu.

"Alors c'est une commande ?"
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Ishüen Hargal
Oeil de Lûna
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Localisation : Dans mon atelier
Messages : 102

MessageSujet: Re: La douceur des lums [PV Daenerys]   Mer 4 Déc - 13:41

Elle s’approche de moi en souriant et mon cœur se réchauffe à la vue de sa main fine qui soutient tendrement la démarche chaloupée de son ventre rond. Plus l’enfant grandit, plus elle devient précautionneuse et lente dans ses gestes et cette grâce pleine d’attention réveille mes instincts paternels. Ce désir impérieux de protéger ce qui est fragile, je ne le ressentais pas aussi intensément avant, quand je la voyais forte et vive et que nous veillions tout autant l’un sur l’autre. Même si l’appréhension lève toujours un frisson dans mes mains lorsque je les pose sur son ventre, sur cet enfant qui parvient toujours à moi au devant d’elle, ma nature profonde m’interdit de me dérober et je sais que je suis déjà attaché à la vie de ce petit être qui n’est encore qu’à demi présent. Je ris en apprenant que Nery a déjà grignoté pendant la journée. C’est donc ça, cette odeur de sucre sur ses lèvres.

« Non, non, repose-toi. On en prendra en fermant la boutique. »
Mes mains trouvent asile sur sa taille arrondie et je me penche moi aussi pour rejoindre ses lèvres au-dessus de son ventre tendu dont je sens la pression contre le mien. Je n’ai pas besoin d’autres douceurs que celle-là et je ne veux certainement pas qu’elle se fatigue à aller en chercher. Elle doit garder ses forces pour une épreuve où je ne pourrais pas l’aider, mais je garde cette pensée pour moi alors que je la serre dans mes bras, appuyant ma joue râpeuse contre sa tendre paume. Des souvenirs remontent en moi alors qu’elle pose ma main contre la paroi de son ventre, où l’enfant remue allègrement. Je souris malicieusement en sentant l’écho de ses coups résonner sur nos peaux confondues. Quelque part dans les tréfonds de mon cœur, la malebeste ronronne doucement, avec une sérénité qui m’apparaît inquiétante.

« Il bondit pour réclamer du gâteau. Il est déjà aussi gourmand que toi. »
Une façon comme une autre de conjurer le début d’angoisse qui germe. Je n’en ai pas parlé à Nery, mais parfois je me demande dans les regards qu’elle pose sur moi si elle n’a pas déjà deviné. A mesure que je vois approcher la naissance de notre enfant, je sens aussi se préciser dans mon instinct les devoirs du rôle de père qui m’incombe. Les souvenirs de mon propre père émergent souvent de ma mémoire et mon cœur se serre, car il fut un bon modèle. C’est grâce à lui que je sais qu’après l’accouchement, j’aurais encore plus à cœur de protéger les miens, parfois au mépris de toute raison lorsque la malebeste se fera plus prégnante. Comme si c’était le moment de se montrer déraisonnable… La question innocente de ma compagne me ramène à la raison et me fait sourire. Une commande…

« Si on veut. C’est toi qui me l’a passée, il y a environ huit cyclums… »
Mon sourire malicieux suffit à lui donner une piste. Je m’éloigne d’elle pour m’accroupir auprès du berceau de bois pour lui en montrer les détails, avec un enthousiasme discret, légèrement emprunt de crainte. Comme à chaque fois que je lui présente mes créations, même si je sais qu’elle aime mon travail, j’appréhende toujours son avis. Comme du temps où je cherchais avec ferveur l’approbation de mon maître sans jamais l’avoir. Caressant la courbe du bois, je remonte vers la clef de voûte de la structure, lui présentant avec fierté sa petite silhouette chevauchant victorieusement son Navor, entourée d’oiseaux. Mes doigts chassent brièvement un copeau de sciure égaré dans les fines rainures de sa chevelure.

« Regarde. Comme ça, tu veilles sur son sommeil même pendant que tu dors. »
Je ne me suis pas encore ajouté. Alors que j’examine d’un œil expert les lignes des lattes, je ne sais pas si je vais le faire. Un fils de Lûna pour veiller sur les nuits d’un petit Supérieur n’est sans doute pas un bon présage. Et puis c’est justement contre cet instinct surprotecteur que je dois lutter si je ne veux pas courir à la mort en préservant les miens. Il manque encore deux lattes de bois pour que le berceau soit complet. Normalement je devrais pouvoir le finir dans les temps et un étrange mélange de joie et d’appréhension court sur mon échine à l’idée que bientôt puisse s’y trouver le sang de notre sang. Enfin, je ferais mieux de ne pas trop y songer, je m’inquiète suffisamment comme ça.

« Ca te plait ? »
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