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 Les prémices d'une ère nouvelle [PV Cerra]

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Shemrïe Da'Xian

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Localisation : Lorde-Gian
Messages : 166

MessageSujet: Les prémices d'une ère nouvelle [PV Cerra]   Lun 18 Nov - 18:20

Le doux reflet des feux de l’aube chatoie un bref instant sur le pinceau luisant d’encre, ou peut-être est-ce une étincelle de la magie qu’elle vient de mettre en œuvre. La création de parchemin ne donne pas lieu à des émanations visibles, à part en cas d’enchantements puissants ou instables, mais depuis le temps qu’elle manie et tisse ses énergies intérieures pour confectionner la trame secrète de ses sortilèges, il lui semble parfois pouvoir en distinguer les contours. C’est une sensation étrange et familière à la fois, qui lui évoque des souvenirs patinés d’une tendre amertume. Les sorts de Yondel étaient tellement virtuoses qu’elle pouvait en ressentir le maillage dans son propre corps et elle le regardait travailler avec la même intensité que lui. Mais elle-même sait de source sûre qu’elle n’a pas la maîtrise des arcanes de son défunt époux, cette maestria de puissance qui consumait lentement son corps alors qu’il entendait en percer les mystères.

Le jour naissant coule peu à peu sa lumière le long des murs de sa chambre à travers la lucarne et fait pâlir la chandelle qui brûle sur la table. Sa flamme vacillante fait trembler le grain presque lisse du parchemin face à elle, orné de nombreux symboles entremêlés de façon complexe autour de runes serpentines. L’Oiseau, la Voie, la Lune et le Seuil inversé. Porter un message puis ramener la réponse, l’un et l’autre ne se révélant qu’au nom inscrit au centre : Kedric Norken. Un sort difficile qui lui a demandé du temps, des matériaux précis et une énergie considérable. Ses mèches d’ébène collées à son front perlé de sueur, Shemrïe a les mains et les avant-bras trop engourdis pour songer à les repousser. Seule une persistante sensation de fourmillement lui indique où se trouvent ses doigts et elle les frotte lentement, précautionneusement, les uns contre les autres, pour retrouver un peu de sensibilité qui ne soit pas douloureuse. Elle a l’habitude de ces effets secondaires et elle y fait beaucoup moins attention qu’à l’excitation qu’elle ne peut empêcher de battre en son cœur. Cet artefact sur lequel elle a travaillé si longtemps lui semble encore bien plus important que le nombre de nuits qu’elle a passé à le peaufiner. Imprégnée par l’ascendance de la lune, celle qui révèle la vérité, porteuse à la fois de vie et de mort. Tant d’implications, de promesses et de périls contenus dans une si petite chose...

Maîtrisant enfin les derniers tremblements de ses mains, l’Héritière se relève et s’approche de la branche de Fafnir pour le prendre sur ses épaules. Encore endormi, le serpent ne réagit pas et elle prend bien soin de lui soutenir la tête alors que son poids familier se répartit comme une lourde parure de chair sur sa poitrine et son dos. Caressant ses écailles lisses et fraîches, elle revient prendre le parchemin achevé sur son établi avant de se tourner vers la fenêtre. L’énergie du serpent combinée à la sienne suffirait amplement à l’envol du message, mais levant les oreilles depuis sa couche, Zraïfa vient d’elle-même frotter sa tête contre sa jambe en couinant, comme pour l’inciter à emprunter de sa force. Shemrïe sourit et caresse la tête douce de la chienne. Bien qu’elle s’efforce de lui octroyer chaque jour un peu d’exercice avec de longues ballades dans les collines, l’animal semble toujours avoir besoin de se dépenser et est particulièrement sensible à ses mouvements énergétiques lorsqu’elle compose ses parchemins. Au moins, cela sera moins fatiguant pour l’Héritière et puis il lui plaît de penser qu’ainsi, son ami Ionos participe également à l’avènement des Etementas parmi les Fils de Dieu. Les yeux posés sur les tuiles des maisons, toutes rutilantes des radieuses bannières du jour neuf, la jeune femme prend un instant pour convoquer silencieusement le nom de Cerra. Comme convenu, elle l’a prévenu deux lums plus tôt afin qu’il se remette en route pour Lorde-Gian et la rejoigne quand elle serait prête. Il n’a pas encore manifesté sa présence mais elle lui fait confiance. Il viendra. En attendant, elle fait ici le second pas de son entreprise insensée, après qu'il ait ouvert la voie en lui révélant sa nature. Désormais, l’issue en repose dans les mains de Liv…

▬▬▬▬▬▬▬
Cilem 20
Plusieurs lums plus tard, alors que les étoiles s’allument dans le ciel de velours, un picotement fébrile étreint la nuque de Shemrïe quelques minutes avant que le doux son du parchemin voletant au vent ne vienne effleure le papier huilé de sa fenêtre close. Elle se lève et va le recueillir, le cœur battant et les mains frissonnantes. Elle n’a pas besoin de recueillir l’oiseau de papier qui se froisse déjà, sa mission accomplie, pour savoir de quoi il s’agit. La réponse, enfin… Pour ne pas céder à l’anxiété qui menace en elle, elle déplie le message avec un soupçon de fébrilité, en parcourt rapidement le contenu… et ne peut retenir son cœur lorsqu’il s’élance à toute allure contre ses côtes. Ainsi, le sort en est jeté. Enfilant ses bottes et son mantel rouge par-dessus sa tunique, Shemrïe quitte en coup de vent sa maison pour se rendre à l’auberge où l’attend Cerra, le parchemin plié à l’intérieur de son vêtement comme un espoir.


▬▬▬▬▬▬▬
Levo 1, Deuxième Cyclum

« Présentez-vous au château demain à midi, à la fin des audiences publiques. Nous y sommes… »

Face à eux, immobiles devant le pont levis, la haute muraille claire et sa galerie aérienne, l’immense porte à la herse relevée et la cour qui s’ouvre au-delà. Une foule de gens se presse, dans un sens et dans l’autre, pour assister aux audiences que Kedric le Sage accorde à son peuple chaque matin. Nobles, gardes, riches notables et serviteurs marchent de concert sans jamais se mêler et Shemrïe se sent un instant étourdie par la flamboyance des couleurs et des sons qui précèdent la royale demeure de son souverain, si peu familiers pour elle. Jamais encore elle ne s’est aventurée jusqu’ici et bien qu’elle ait choisi la plus élégante de ses tuniques, rouge et rehaussée de menues broderies de coton crème et or, elle se sent soudain incongrue en ces lieux. Jamais son art n’a réclamé d’elle qu’elle s’expose hors de la tranquille discrétion où elle se tient d’habitude, le mystère de ses dons instaurant une agréable distance entre elle et ses clients. Mais Cerra se tient debout à côté d’elle et elle distingue son épaule solide sur sa gauche lorsqu’elle tourne la tête. Aussitôt se raffermit son courage et elle sait qu’elle ne reculera pas. Un regard de ses yeux bleus glace et elle se souvient de la sombre fraîcheur qui rampait dans la caverne des falaises alors que les Etementas, curieux et méfiants, l’examinaient en se demandant si elle possédait réellement la carrure pour porter leur message. Elle ne peut pas décevoir tous ces espoirs non dits qui pèsent sur leurs épaules à eux deux, cette humble et poignante demande de paix et d’humanité. Rassérénée, Shemrïe ferme un instant les paupières pour chasser les derniers affres de l’inquiétude et hoche la tête en direction de Cerra.

« Allons-y. »

Les premières lignes d’un tournant dans l’Histoire…

HRP:
 


Dernière édition par Shemrïe Da'Xian le Ven 29 Nov - 18:34, édité 1 fois
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Cerra Kelanor

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Localisation : Lorde-Gian
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MessageSujet: Re: Les prémices d'une ère nouvelle [PV Cerra]   Sam 23 Nov - 17:23

Et souffle un air nouveau.


Ionos. Un parchemin. Un espoir. Lorde-Gian. Ces derniers évènements s’étaient déroulés sur un laps de temps extrêmement court. Et pour cause. Quelques heures à peine séparaient les retrouvailles de Cerra avec Ionos, la réception du parchemin et son retour dans la cité de nacre de Lorde-Gian pour retrouver son auberge. Le message de Shemrïe était clair et lançait définitivement leur entreprise, demandant à Cerra de rallier Lorde-Gian au plus tôt dans l’attente de la réponse du roi Kedric Norken. Alors qu’il reprenait sa forme animale, ses affaires fourrées en désordre dans un petit sac de voyage, Cerra s’élança à toute allure vers la capitale des fils de Dieu, un sourire déformé sur ses babines meurtrières. Plus grand-chose ne pouvait avoir d’importance à mesure que l’Etementa sentait l’heure de vérité approcher au rythme de ses monstrueuses foulées labourant le sol des collines du nord. Dans sa course folle, il ne pouvait s’empêcher de repenser à ses derniers delum. Finalement, cette héritière avait bien fait de ne pas l’oublier et de le retrouver pour lui arracher coûte que coûte les raisons de son larcin. Il revoyait son visage d’abord fermé lorsqu’elle était entrée derrière lui dans les falaises, puis lumineux lorsqu’elle se laissait approcher par ses congénères, approchant sa main d’un jeune Etementa. Comme quoi, peut-être le destin était en sa faveur aujourd’hui, et il faudrait en profiter avant que cette chance ne tourne. Et puis, alors qu’il se remémorait cette nuit sur la plage avec l’héritière, il se souvenait qu’il n’avait pas encore honoré sa parole. La récompense qu’il lui avait promise manquait toujours à l’appel alors que cette dernière avait, en plus de ne pas avoir repris son parchemin, accepté de l’aider face à la plus haute sphère de Lorde-Gian. Alors qu’apparaissait au loin les murailles de Lorde-Gian, Cerra se sentait un peu bête de n’avoir encore rien offert à l’héritière et se trouvait d’autant plus égoïste qu’il était bien peu généreux envers celle qui n’avait pas hésité un seul instant face aux dangers qu’elle acceptait au fur et à mesure qu’elle acceptait de l’aider, lui.

Cerra rentra à Lorde-Gian au petit matin, alors que les hautes murailles de la cité, habituellement blanches, s’était empourprées des rayons naissants du soleil sanguin, s’extirpant lentement de son lit à l’horizon. Il avait repris sa forme animale quelques kilomètres avant d’arriver en vue de la cité. Effectivement il n’était pas question de se faire repérer maintenant alors que, dans quelques temps, il pourrait caresser l’idée de pouvoir entrer dans Lorde-Gian comme il le voudrait, sans craindre d’y dévoiler sa nature première. Les lueurs chaudes du petit matin avaient de magnifique cette colorisation uniforme des paysages matinaux. Quelles que soient les couleurs habillant les premiers hommes déambulant dans les artères Lorde-Giennes, elles étaient ravivées de rouge, de carmin et d’écarlate en fonction de la couleur ainsi superposée. Cette palette universelle donnait à toutes les passantes un air de Shemrïe en les habillant de robes rouges. Marchant d’un pas vif, Cerra regagna sa dernière auberge en date qu’il payait en rentrant pour le dernier lum écoulé. Sur le petit oiseau de papier, Cerra avait écrit le nom de cet endroit afin que l’héritière vienne à sa porte lorsque le roi aurait répondu. Nul doute que quelques fautes s’étaient glissées dans sa réponse. Autant l’Etementa pouvait maîtriser un Liléen presque parfait à l’oral, uniquement démasqué par son accentuation forte des consonnes, mais son Liléen écrit était loin d’être aussi parfait. S’il avait dû aller à l’école pour cela, l’Etementa serait retourné aux premières cases de la scolarité pour apprendre à utiliser correctement les lettres et à séparer les mots qu’il avait tendance à regrouper par manque de lecture. Il était parfaitement conscient de ses lacunes à l’écrit, mais il était téméraire et avait bon espoir de maîtriser un jour le Liléen écrit aussi bien que le Nwalkhan. En attendant, il parviendrait peut-être à faire sourire l’héritière…

Retrouvant le couvert sécurisant de sa chambre, Cerra laissa tomber son petit sac sur le sol et se laissa tomber sur le lit, accablé de fatigue, un sourire apaisé se dessinant sur son visage marqué par les cernes soulignant ses yeux clos. Avant de sombrer définitivement dans un sommeil profond, Cerra s’imagina les jours suivants. Une Lorde-Gian peuplée de monde, les Etementa se joignant joyeusement aux héritiers et aux fils de Dieu dans une scène de liesse bon enfant. Tout lui apparaissait si beau, si merveilleux qu’il se prenait à vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, sûr de son entreprise pourtant si indécise. Alors seulement, l’Etementa s’endormi.

Il avait pu sembler persuadé de sa réussite future, le subconscient de Cerra lui rappelait bien vite que rien n’était moins sûr. Son sommeil fut agité de cauchemars aux issues funèbres lors desquels le roi n’acceptait pas sa proposition et envoyait son armée éradiquer les falaises de la présence de ses frères et sœurs. Il voyait le visage déformé par la mort de son frère, le corps mutilé de Fanë. Il se réveillait en sueur, les yeux exorbités, rouges et humides, la respiration courte et saccadée, le ventre ballonné et le cœur noué. Lorsqu’il tentait de se rendormir, l’Etementa était hanté de visions morbides et il lui semblait que dans sa tête se trouvaient des chevaux lancés dans les plaines de son esprit à toute allure, martelant son crâne de leurs sabots lourds. Cerra se leva en direction de la petite salle de bain, meublée d’une douche rudimentaire, de petits W.C et d’un lavabo simple. Se penchant au-dessus de ce dernier, il tourna l’une des petites manivelles sur le côté pour en faire jaillir un filet d’eau qu’il vint fracasser contre son visage d’une pâleur mortuaire. Il allongea ses bras sur les bords du lavabo et vint y reposer sa tête, incapable de bouger, ses jambes flageolantes ne parvenant encore à le maintenir debout qu'avec grande peine. Il rendit le lapin qui s’écoula lentement dans le lavabo souillé. Après avoir craché quelques instants le reste de bile qui envahissait sa bouche de son ignoble goût, acide et âcre, l’Etementa s’essuya la bouche et reparti se coucher, vidé.

La nuit ne s’acheva avant qu’il se soit réveillé plusieurs autres fois pour répéter le même scénario. Il se réveilla au petit matin, le visage creusé des efforts de la nuit et un puissant sentiment d’échec en prime. Quelle serait l’issue finale de leur entreprise ?

Les articulations ankylosées des efforts de la nuit et le ventre douloureux, l’Etementa descendit au rez-de chaussé pour prendre le déjeuner. Mais il se trouvait incapable d’ouvrir la bouche pour ingérer quoi que ce soit, sa gorge se bloquant contre sa volonté à chaque fois qu’il tentait de déglutir. Le stress l’avait totalement retourné, le doute l’affectait avec tellement de force qu’il se trouvait incapable de faire quoi que ce soit. Après avoir fit signe qu’il ne désirait pas terminer son assiette, Cerra retourna se coucher, faisant un court arrêt dans la salle de bain pour vomir de nouveau. Cette fois, le lapin avait laissé sa place au peu de poisson qu’il avait réussi à avaler et à quelques pommes-de-terre. Il laissa échapper un juron entre deux crachats avant de retourner dans sa chambre pour se laisser tomber sur son lit.

Les deux lums suivants suivirent le même schéma. Des nuits agitées ponctuées de vomissements réguliers et des journées où l’Etementa ne pouvait rien avaler, préférant rester allongé dans le noir relatif de sa chambre sous les attaques répétées des chevaux qui piétinaient son crâne.

Cette dernière nuit du Cilem 20 fut particulièrement agitée. Affaibli par ses dernières nuits, Cerra fut incapable de se contrôler sous l’effet de Lunä, particulièrement acérée à cette date-là. Ses os craquèrent dans un bruit sourd et son épiderme se vit recouvert d’un manteau épais de poils noirs. Sa mâchoire se garnit de croc et ses ongles se changèrent en griffes alors que l’Etementa réprimait un hurlement bestial qui ne sortit finalement que sous la forme d’un souffle.



Lorsque Cerra se réveilla, le soleil pointait déjà haut dans le ciel de Lorde-Gian. Lunä disparue, l’Etementa put enfin reprendre une forme plus adaptée à la société dans laquelle il se trouvait et se leva de son lit pour s’habiller, se laver et descendre manger une collation préparée tous les matins pour les clients de l’auberge. Cette fois-ci, ses maux passés, il réussit à manger convenablement malgré le brouillard dans lequel il se trouvait toujours. Son estomac se remplissait sans heurt et lorsqu’il eut fini son assiette de fromages et quelques fruits, il retourna dans sa chambre pour préparer ses ultimes affaires, faisant son sac comme s’il allait quitter la ville. Il ne fallait pas l’oublier, cette hypothèse que leur entreprise échoue était possible et si cela devait arriver, alors il devrait quitter la ville immédiatement. Les quelques pièces qui lui restaient, dérobées il y a quelques jours à un poivrot malhonnête qu’il avait croisé dans une taverne, lui serviraient à acheter une tenue plus décente pour se présenter au-devant d’un roi que son habituel pourpoint et sa cape de fourrure. En passant dans une rue déjà animée de Lorde-Gian, Cerra repéra l’échoppe d’un tailleur dont les habits lui semblèrent dignes de son interlocuteur. Une veste de toile aux couleurs flamboyantes et aux finitions travaillées qui lui descendait jusqu’aux genoux  et un pantalon noir plus tard, l’Etementa, la bourse ravagée, s’avança vers le château. Mal à l’aise dans ces nouveaux vêtements qui le grattaient, l’Etementa regretta bien vite de ne s’être pas présenté au roi avec ses affaires habituelles, mais il se ravisa vite, jugeant que ce petit détail pourrait faire la différence.

Alors que le château était en vue, une ultime boutique attira l’œil de Cerra. Une humble bijouterie, tenue par une vieille femme qui lui sourit lorsqu’elle aperçut que l’Etementa regardait sa boutique. Colliers et bagues, bracelets et diadèmes garnissaient les étalages. De toutes tailles et de tous métaux, nombre de ces bijoux magnifiques auraient attirés les yeux d’un client lambda, mais Cerra n’en avait cure. Désappointé, il allait partir lorsqu’il finit par tomber sur un collier en croissant avec ce qu’il reconnut comme de petites runes en guise de finitions. Il ne s’y connaissait pas beaucoup en bijoux, mais ce collier lui semblait tout à fait représentatif de sa gratitude envers Shemrïe et il s’employa à le payer. Mais la bourse bien vide, il dut se résoudre à abandonner le collier, avant que sa tenancière n’accepte les quelques pièces que Cerra avait toujours. Sa grande bonté attisa encore le sourire de l’Etementa qui laissa sa bourse de cuir à la marchande, jugeant qu’elle pouvait valoir quelques pièces supplémentaires. Satisfaite, la bijoutière remercia son client en lui donnant le collier qui avait attiré son regard dans une petite boite.

C’est ainsi qu’au Levo 1er du deuxième cyclum à midi, l’Etementa se présenta au point levis du château. Shemrïe l’y attendait et tous deux se prirent à admirer la beauté du château. Levant la tête vers la plus haute tour de ce dernier, Cerra cru naïvement pouvoir entrevoir la couronne du souverain ou bien le manteau de sa femme –quoi que celle-ci, gravement malade si l’on en croyait les dernière informations, ne devait pas être présente- ou la robe majestueuse de la jeune princesse.

« Allons-y. » lui murmura Shemrïe.

Acquiesçant de la tête, Cerra lui tendit la petite boite contenant le bijou acheté quelques instants auparavant.

-"Ce n’est pas grand-chose, mais acceptez-le, en guise de ma gratitude."

Sans attendre que l’héritière n’ait ouvert son présent, l’Etementa commença lentement à se mettre en marche parmi les flux et reflux des passants se pressant au-dedans ou au dehors du château. Après avoir fait quelques pas sur l’immense pont, il se retourna pour regarder où en était la jeune héritière.

-"Ne trainons pas, je vous prie, ces vêtement son extrêmement inconfortables." Il ajouta à sa phrase quelques jurons en Nwalkhan, suffisamment bas pour que les passants qui se dépêchaient à ses côtés ne puissent l’entendre.

Un signe de main et l’Etementa poursuivit sa route, bien décidé à faire entrer Lorde-Gian dans une ère nouvelle.

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Shemrïe Da'Xian

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MessageSujet: Re: Les prémices d'une ère nouvelle [PV Cerra]   Dim 1 Déc - 13:21

La douce chaleur de ce lum piqueté de nuages semble plus dense sur ce pont alors que se pressent autour d’eux les grappes humaines qui font la vie du château, ce matin d’audience. Tandis que Cerra et elle se laissent un instant absorber dans la contemplation des hautes tours de pierres, comme pour puiser dans leur solidité des forces nouvelles et y enraciner leur détermination, Shemrïe accueille avec soulagement la brise marine qui vient soulever les pans de sa tunique. Il est tout de même étrange que la proximité de ses semblables l’inquiète alors qu’ils s’apprêtent tout deux à franchir le pas décisif. En comparaison, elle se sentait presque plus sereine dans la grotte des falaises, entourée par les pupilles ambrées et les silhouettes de pénombre des Etementas d’Urghan. Mais peut-être est-ce dû au fait qu’elle ne s’est jamais vraiment sentie en sécurité parmi les Fils de Dieu. Abandonnant ces pensées futiles, l’Héritière s’apprête à avancer sur le pont après le signe de tête de Cerra mais celui-ci l’arrête en lui tendant un petit objet carré dans sa large main, la priant brièvement d’accepter ce présent avant d’ouvrir la marche vers le château. Haussant les sourcils, Shemrïe examine ce qui s’avère être une boîte, vraisemblablement à bijoux. La surprise interrompt la question qu’elle s’apprêtait à poser et elle finit par l’ouvrir un peu maladroitement. A vrai dire, elle ne l’imaginait absolument pas homme à faire des présents et pensait que la faveur qu’il lui rendrait serait un service. Peut-être ne souhaite-t-il pas être son débiteur des années durant, ce qu’elle peut comprendre.

En revanche, elle reste sans voix devant le bijou dont la chaîne serpente entre ses doigts. Ses yeux remplis d’étonnement vont du petit croissant de bronze au dos massif de l’Etementa qui s’éloigne et alors qu’elle s’empresse finalement de le rattraper, elle ne peut s’empêcher de se demander s’il a choisi ce pendentif en connaissance de cause. Les runes servent de nombreux arts en plus du sien et la divination en fait partie. Si elle-même est incapable de prédire l’avenir, elle connait néanmoins leurs significations et le message potentiel de celles qui ornent le collier la laisse muette de stupeur : le Serpent et le Feu, associés sur le croissant de Lunâ. Le changement convoqué par la mue de l’animal serait inquiétant couplé ainsi à la purification violente par les flammes, mais la dernière rune change la donne. Symbole ambivalent de renouveau, de vie et de mort à la fois, de vérité dans les ténèbres, dont le principe féminin est le pendant de celui de l’Etementa. Shemrïe ne peut croire qu’il s’agisse d’une simple coïncidence. Pour avoir longtemps étudié et manié la magie, elle sait que le hasard n’est qu’une illusion, que les rencontres et les évènements ne sont que le fruit des énergies du monde et de ses créatures qui s’attirent, se croisent, s’entremêlent. Aussi n’est-ce pas la naïveté ou la superstition qui lui fait voir un signe dans ce bijou apparemment anodin. Avec une confiance toute nouvelle, elle noue la chaîne autour de son poignet de façon à ce que le pendentif soit contre sa paume. Même si sa voix est toujours aussi posée alors qu’elle rejoint Cerra alors qu’il passe sous la herse relevée, ses yeux pourpres brillent d’un vif espoir dans le bref instant de pénombre des murailles :


« Décidément, vous êtes un ami de la Fortune, Cerra. Puisse cette chance durer encore un peu. Merci pour votre cadeau. »

Puis le silence les tient alors qu’ils pénètrent dans la cour intérieure du château, suivant la foule qui se presse vers le bâtiment principal et ses somptueuses tours blanches coiffées de bleu. Le cœur battant, c’est à peine si Shemrïe remarque l’élégance des élévations ornées de sculptures et de délicates frises de pierre, écrasée par la masse des murs et des gens tout autour qui lui donnent l’impression d’être guidée dans un troupeau plutôt que de marcher de son propre chef. La tension vient briser l’arc serein de ses sourcils, trahissant son inconfort à l’idée de n’être pas libre de ses gestes. C’est étrange. Jusque là, même quand elle marchait dans les rues de la Ville Haute et ses innombrables promeneurs, elle ne s’est jamais vraiment rendu compte qu’elle n’appréciait pas trop la foule… Lorsque le château les avale sous les hauteurs de ses couloirs et de ses salles aux voûtes amples, l’Héritière n’est pas beaucoup plus rassurée. Les dorures, le velours, la soie, le marbre et la luxueuse beauté qui règnent dans les lieux ne la mettent absolument pas à l’aise, même si elle a l’habitude d’avoir parfois de riches clients à lui commander des parchemins. Le sentiment poignant et poisseux de ne pas être à sa place ne veut pas la quitter et elle en vient à penser comme Cerra : vivement que finisse cette situation inconfortable, régie par un monde d’apparences et de codes que ni l’un ni l’autre ne maîtrisent et ne peuvent convoquer pour faire pencher la balance en leur faveur.

C’est dans cet état d’esprit que se trouve la jeune femme lorsqu’ils parviennent dans la salle du trône. Shemrïe se hausse sur la pointe des pieds et cherche à apercevoir le roi Kedric, maudissant sa petite taille qui ne lui permet pas de voir au-delà des têtes de tous les gens qui les précèdent. Il faut pourtant qu’elle le voie de ses yeux si elle veut qu’ils se fassent connaître. En désespoir de cause, elle finit par donner à Cerra, suffisamment grand, un petit parchemin orné de quelques runes. Le Papillon et le Flambeau.


« Concentrez-vous dessus et ne quittez pas le roi des yeux jusqu’à ce qu’il lui parvienne. »

Et grâce à l’énergie insufflée par l’Etementa, le parchemin s’anime, se plie et prend la forme d’un petit papillon qui volète par-dessus la foule jusqu’à se poser sur les genoux du souverain. Bientôt, celui-ci le défroisse pour y lire les quelques mots inscrits par l’Héritière pour signaler leur présence. Shemrïe sait que leur but est atteint lorsqu’après un signe du roi, le chambellan à la gauche du trône annonce d’une voix sonore :


« Les audiences sont levées. Le Roi se retire. »

Le cœur de l’Héritière court dans sa poitrine alors que cette simple phrase résonne comme le prélude à la bataille décisive. Alors que tout autour d’eux la salle se vide, ils restent immobiles à attendre que le départ de la foule les révèle aux yeux du roi.


« Plus de marche arrière, à présent… »
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Cerra Kelanor

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MessageSujet: Re: Les prémices d'une ère nouvelle [PV Cerra]   Mer 18 Déc - 22:20

Lorsque Cerra et Shemrïe pénètrent dans le château de Lorde-Gian, ils comprennent instantanément qu’ils ne sont pas dans leur monde. Les gens qui les croisent et les dépassent sont déjà habitués à ces lieux richement décorés des statues et des peintures à la gloire des différents souverains de la cité d’ébène. Kedric et Santia se tiennent fièrement dans les allées qui mènent à la salle du trône, dans leurs poses minérales et, bien qu’inanimés, leurs prunelles de pierre balayent les larges couloirs de leurs regards, tantôt protecteurs, tantôt inquisiteurs. Ils se posent sur le flot des nobles qui se pressent vers la salle du trône pour les audiences matinales ou qui en sortent. C’en devient presque oppressant. Au moins tout autant que de se trouver happé par la marée humain qui flux et reflux au gré des couloirs. La plupart d’entre eux sont effectivement des habitués des lieux et participent à ce ballet quotidiennement, il a donc suffit à Cerra et Shemrïe de les suivre pour se trouver dans la salle du trône. Avançant majoritairement à contre-courant de ceux ayant déjà vu ce qu’ils avaient à voir ou entendu ce qu’ils souhaitaient entendre il leur aura fallu jouer des coudes pour y parvenir, s’attirant la foudre de certains d’entre eux, pestant contre le manque d’éducation dont certaines petites gens pouvaient souffrir. Car même ainsi paré, habillés des vêtements qui leurs semblaient le plus approprié, les deux être ne parvenaient aucunement à créer l’illusion. Malgré les efforts, ils étaient encore clairement identifiables. D’autant que le manque de gout dont avait fait preuve Cerra était flagrant, ce malgré l’élégance dont faisait preuve Shemrïe à ses côté.

Lorsqu’enfin ils parvinrent dans l’immense salle du trône du château, c’est avec peine qu’ils parviennent à se glisser parmi les rangs. A côté de l’Etementa, la petite Héritière tentait de s’élever sur la pointe des pieds pour apercevoir le roi en vain. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix, Cerra, lui, pouvait discerner les traits consciencieux du souverains, répondant aux faveurs d’un courtisant qui se trouvait un peu en avant de l’estrade sur laquelle se trouvait le trône de Kedric Norken. Agacée, Shemrïe finit par tendre à Cerra un parchemin, sur lequel se trouvent plusieurs runes que l’Etementa ne parvient pas à déchiffrer et lui souffle une instruction :

«- Les audiences sont levées. Le Roi se retire. »

Surpris de se retrouver avec ce morceau de papier entre les mains, de devoir insuffler lui-même aux runes leur force, l’Etementa regarde un instant, hagard, la jeune femme qui, par son regard, renforce le courage vacillant de Cerra. Durant un instant, il se demande si leur entreprise fonctionnera, s’il sera capable de faire se mouvoir le morceau de parchemin, tandis que ses yeux passent sans relâche du roi aux runes d’encre noire. Puis, son regard se fige sur les éléments runiques. Les symboles lui apparaissent clairement à l’esprit et c’est enfin qu’il ose poser ses yeux sur le roi, se concentrant pour ne perdre un seul instant les symboles. Plusieurs fois, une tête passe devant son champ de vision et alors le charme se rompt. Exaspéré, l’Etementa en vient à songer de tout abandonner, mais il sait qu’il n’en a pas le droit. Il en vient à se dire qu’il serait bien plus aisé de se présenter au roi s’il provoquait un mouvement de panique dans la foule, s’il se dévoilait à l’ensemble de la cour, mais il ne peut pas. Ce serait faire prendre à Shemrïe des risques inutiles. Il risquerait de faire échouer leur quête alors qu’ils sont en ce moment même si près du but. Alors, l’Etementa pose un regard impatient sur l’Héritière, relevant le tête pour essayer une nouvelle fois de capter suffisamment longtemps le roi pour activer les symboles magiques du parchemin.

Et alors que les runes défilent dans son esprit, aussi clairement qu’il peut voir le roi, qu’il les reconnait aussi assurément que l’homme qui se tient assis sur son trône, il sent une énergie lui traverser l’échine, s’écouler le long de ses doigts et le petit parchemin s’extraire à ses mains, se pliant et prenant la forme d’un frêle papillon qui virevolta au-dessus des têtes de la salle pour aller se poser dans les mains ouvertes de Kedric Norken. Aussi étrange que cela puisse paraître, personne hormis le roi n’eut semblé apercevoir le petit morceau de papier traverser la salle et c’est statufié que l’Etementa attend la réponse du souverain. Ce dernier lance un regard à son chambellan, accompagné d’un mouvement de main, qui vient à l’avant de son roi pour signifier la fin des audiences.
Ça a marché. Aussi improbable que celui puisse lui paraître, Cerra a réussi à animer le parchemin. Les yeux ronds, il ne peut répondre à l’Héritière qui prononce un dernier mot, s’enhardissant encore face à l’ultime étape de leur entreprise. Oui, plus aucune marche arrière n’est possible. Et l’Etementa se sent dénudé à mesure que la cour quitte la salle du trône. Alors que les courtisans sortent un à un la pièce et qu’il peut enfin voir le roi qui se tient assis à son trône, il se sent pris de court, acculé, sans défense. Seul face à la toute-puissance du roi de Lorde-Gian. Ses yeux ne peuvent se détourner du souverain et ses pensées ne tournent plus rond. C’est en sentant la présence de l’Héritière s’éloigner en direction de ce dernier qu’il reprend ses esprits. Craintif, il lance un regard de part et d’autre de la pièce, apercevant les gardes royaux postés aux différentes issues de la salle du trône. Si, il est encore temps de faire marche arrière. Il est toujours temps de se retourner pour sombrer dans le nouveau flot des nobles s’extirpant vers la sortie. Toujours immobile, il regard Shemrïe quitter le couvert humain et s’approcher inexorablement de son but. Il jette un coup d’œil furtif vers la porte ouverte. Il n’aurait qu’un ou deux pas à faire pour disparaître, pour s’extraire de cette situation où il avait la désagréable impression d’être, pour une fois dans sa vie, la proie et non le chasseur. Mais à regarder l’Héritière avancer, aussi assurée, il ne peut se résoudre à la laisser avancer seule au-devant de cette aventure. S’enhardissant de l’aplomb de la jeune femme, l’Etementa se meut de nouveau, laissant toutes ses peurs là où il se trouvait un instant plus tôt.
Il ne pouvait pas laisser une simple scribe avoir plus de courage que lui, ambassadeur des falaises, frère du représentant légitime de son peuple. Il secoua la tête et avança, d’un pas décidé, vers la fin de son périple.

A leur vue, le roi se releva. C’est la mine grave qu’il jaugea l’Héritière et l’Etementa. Ce dernier avait rejoint Shemrïe et, déjà, passait en tête guidé par une détermination retrouvée, si bien qu’il se présenta d’abord seul au pied de l’estrade qui laissait encore à Kedric l’avantage de le surplomber de deux têtes. Un court instant, il se tint devant lui, soutenant son regard avec une once de défi dans le fond de ses iris, avant de finalement poser un genou à terre, courbant la nuque. Cerra n’était pas là pour provoquer un désordre et devait se plier à la hiérarchie qui lui était imposée, même si son geste pouvait paraître quelque peu étrange au souverain. Pour l’Etementa, son attitude était la bonne et il signifiait au roi sa soumission car, qu’il le veuille ou non, il était là pour cela, pour reconnaitre Kedric Norken comme son roi légitime.
Après avoir reçu l’autorisation de ce dernier de se relever, Cerra se redressa et déclina son identité.


-"Kedric Norken, roi de Lorde-Gian, moi, Cerra Kelanor, en ma qualité d’ambassadeur des falaises vous prie de m'accorder cette audience." Puis, se retournant vers Shemrïe, poursuivit de les présenter. "La femme qui se tient à mes côté se nomme Shemrïe Da'Xian et est la personne qui vous a contacté pour cette audience, c'est grâce à elle que je me tiens aujourd'hui, en paix, face à vous."
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MessageSujet: Re: Les prémices d'une ère nouvelle [PV Cerra]   Ven 3 Jan - 20:16



Ainsi donc, les y voilà enfin… D’un œil impassible mais emprunt de curiosité, Kedric ne quitte pas du regard les deux silhouettes qui demeurent dans la foule qui s’en va et ne peut douter qu’il s’agit des instigateurs de cette surprenante affaire. Cette révélation invraisemblable d’une horde d’Etementas aux portes de la cité, qui ne souhaiteraient rien d’autre que paix et asile. Malgré les nombreuses affaires du royaume et l’inquiétude où le plongeaient déjà l’état inquiétant de sa femme, sans parler de son indomptable fille, il n’avait pu croire à l’hypothèse d’une plaisanterie. Et après les nuits sans sommeil depuis l’annonce de cette nouvelle surréaliste, il pouvait enfin mettre des visages sur ses interrogations. Sans bouger d’abord, il regarde venir à lui cette étrange et fluette jeune femme aux longs cheveux noirs, si petite et si pâle dans ses atours rouges, et pourtant si forte par son regard perçant. Sans doute celle qui lui a envoyé ce premier parchemin il y a quelques lums, ce bout de papier volant qui lui a causé tant de questions. Puis, il se lève lorsque le grand homme brun, aux solides épaules et aux prunelles de glace, s’avance à son tour. Le roi ne tremble pas, il demeure impavide et royal sur l’estrade de son trône mais il regarde avec une acuité plus vive encore cet individu qui n’a que l’apparence d’un Fils de Dieu. Jusqu’à aujourd’hui encore, le roi avait du mal à y croire mais il ne peut nier qu’il y a quelque chose de félin dans cette démarche, un éclat sauvage dans ces yeux qui ne se baissent pas tout de suite face aux siens. Qu’est-ce qui a bien pu pousser cet Etementa à venir lui demander audience ? Comment a-t-il convaincu cette Héritière de l’aider ? Silencieux, il les regarde plier le genou et courber la tête avec déférence, écoute l’homme parler en leur nom, puis laisse passer un temps avant de répondre calmement, d’une voix posée qui ne trahit rien de toutes ses interrogations :

« Messire Kelanor, je ne peux en premier lieu que saluer votre courage, ainsi que le vôtre, Damoiselle. C’est la première fois que… l’un d’entre vous souhaite prendre contact avec les Fils de Dieu autrement que lors d’une traque sous l’œil de Lûna. Veuillez me suivre. Il y a bien trop d’échos indésirables dans cette salle… »

Congédiant son chambellan d’un geste, il repousse sa royale cape pour quitter l’estrade et mener les deux personnages dans les couloirs de son palais, jusqu’à la porte de l’Antichambre du Conseil. En prévision, il a fait renforcer la garde dans la pièce et pas moins d’une quinzaine de soldats en armes veillent, immobiles le long des murs. Il sait d’expérience que ni les Etementas ni les Héritiers ne sont des adversaires à sous-estimer s’il s’avérait nécessaire de les maîtriser à l’issue de cette entrevue. Cependant, Kedric ne semble ni inquiet ni hostile lorsqu’il s’avance auprès de la longue table d’acajou sculpté,  de son grand pas habituel. Sa main effleure les lignes polies du bois, songeuse…

« Je me suis longtemps demandé si j’allais effectivement vous accorder cette audience ou s’il était plus sûr pour mon peuple de vous débusquer et de vous chasser loin de la contrée. Aujourd’hui encore, je ne puis affirmer que je n’ai pas commis une erreur en accueillant ici une créature telle que vous. Cependant, vous n’auriez rien eu à gagner à me prévenir de votre arrivée si vous étiez venus ici avec de sanguinaires intentions. Ainsi, je vous le demande… »

Il se retourne alors vers les deux émissaires, pour appuyer ses paroles d’un regard profond, pénétrant, qui posent les questions et soulèvent les enjeux plus sûrement que ses mots :

« Pourquoi cette entrevue ? Qu’attendent les Etementas de la part de Lorde-Gian ? »
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Les prémices d'une ère nouvelle [PV Cerra]
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