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 Choc social [PV Tataliä Askiath]

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Sylsa Svylsa
Vieillard impuissant
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MessageSujet: Choc social [PV Tataliä Askiath]   Ven 17 Jan - 1:37

Comme d'habitude, j'étais a mon bureau, caché derrière une épaisse muraille de parchemin, de grimoires, de tablettes gravées et de livres reliés. Richement décoré, on pouvait trouver aux murs de grandes tapisseries aux motifs harmonieux, de grands tableaux aux couleurs chatoyantes, deux grands bibliothèques recouvraient deux murs, dans l'une d'entre elle, une porte était découpée, un ouvrage d'art faire sur mesure par un charpentier de renom. Varius et Salim étaient là, mes deux servants. Des supérieurs de lignée plus basse que j'avais prit sous mon aile il y a de cela nombre de Vens, ils ne m'ont jamais vraiment quitté, désireux de s’instruire et de pouvoir un jour prétendre à atteindre mon excellence. Le jour où j'ai dû recourir à des servants pour m'assister au quotidien, je ne voyais pas qui pouvait mieux convenir que ces deux jeunes supérieurs plein d'avenir et de promesse. Varius avait le physique carré, puissant, imposant, il aurait fait un excellent militaire et serait sans doute gradé aujourd'hui, au lieu de cela, il s'est tourné vers la culture, la politique et l'art. Salim est plus discret, au teint plus mat, il est plus petit et plus filiforme, ses cheveux d'un noir sans éclat sont reliés en de fines tresses et terminés par d'élégantes boucles d'or, reliés à de minuscules grelots. Il portait peu de bijoux, sinon ces grelots, qui ornaient également chacune de ses oreilles. Ainsi chaque mouvement de sa part produisait un faible son, ce qui pour autant, n'empêchait pas de ne jamais savoir où il se trouvait. Aux mouvements souples et harmonieux, il se trouvait souvent dans l'angle-mort de mes interlocuteurs, ou tout juste dans leur champs de vision. Il était dit assassin au service de Misengris, au service des Svylsa, les plis de sa robe pouvaient bel et bien cacher une dague, ou des poisons. Il était surtout aux petits soins moi et s'occupait de moi, surtout d'un point de vue médical, me surveillant et pouvant me prodiguer quelques soin d'urgence.

Je ne savais me déplacer sans eux, aussi c'est avec eux que je descendis des hauteurs de Misengris et quitta le château. Si j'était connu de toute la cour, je l'était bien moins des petites gens, après tout, je ne cherchais pas la popularité, aussi je me déplaçais richement vêtu, mais sans les attribut royaux qui auraient pu me lier au trône. La joie de vivre en ces lieux était communicative, il n'y avait point d'enfant à courir, de marchants vantant leurs marchandises ou de mendiants singeant les pires handicaps dans les couloirs du château. Non, tout était sous contrôle et rien de tout cela n'y serait toléré, il fallait cependant laisser ces pauvres âmes vivre là, embourbés dans leur conception du bonheur. Soudain, un mendiant agrippa un pan de ma robe, il s'écria :
" Mon seigneur, auriez-vous une pièce ou deux pour que moi aussi, je puisse m'acheter un bâton digne de ce nom ? "
La plénitude qui baignait mon visage laissa alors place au dégoût, un dégoût autant physique que moral et social, qu'un tel être ose même me regarder tenait de l'insulte la plus profonde.
" Tu perdras ton pouce pour m'avoir touché, tes yeux pour m'avoir regardé et ta langue pour m'avoir outragé, mais demain seulement, aujourd'hui je suis de bonne humeur, profite de ton monde, il s'effondrera demain. Varius... "
Salim et Varius s'étaient tous les deux raidit, aucun d'eux n'avait vu la chose venir et s'était terrible insulte que d'avoir laisser leur mentor et maître se faire agressé de la sorte, ils avaient baissé leurs visages vers mes pieds en signe de profonde excuse. Sur mon ordre Varius repoussa le vieux mendiant et lui donna une pièce d'or frappée du sceau des Svylsa, le vieillard effrayé retrouva miraculeusement ses facultés et prit ses jambes à son cou. Au fond, la scène était plutôt comique, un coup du sort, le mendiant menteur, faussement handicapé sera demain bien incapable de ce genre de miracle. Peut-être aura-t-il plus de succès...

" Salim, il me semble que tu as toujours partagé mon goût pour le chant, allons donc vérifier si les dire sont vrai, si l'un des sujets de Misengris possède une esclave à la voix d'ange. Nous en profiterons pour passer commande à la Dame Askiath, il me faut une nouvelle robe auburn... "
Nous reprîmes la route vers la demeure Askiath, rythmée par le claquement de mon bâton et des tintements de Salim, je me demandaient comment la pseudo noblesse pouvait vivre dans un tel endroit, à la fois souillé et immonde, à chaque pas, ce lieu et ses habitants me faisaient un peu plus regretter d'être venu. Cependant la perspective d'une première rencontre avec la maison Askiath me remplissait d'impatience. Jusqu'alors, il n'y avait que leurs couturières qui m'avaient rencontrées, escortées jusqu'au chateau, puis dans mon bureau, jamais je n'avais ressentit le besoin ni l'envie de faire la connaissance des Askiath. Cette visite surprise m'en dirait bien plus sur leurs qualité que toutes les rumeurs de Misengris...
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Tataliä Askiath

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Localisation : Misengris
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MessageSujet: Re: Choc social [PV Tataliä Askiath]   Ven 17 Jan - 21:07

La journée était belle. Un peu trop, peut-être. Tataliä n’aurait su le dire avec précision alors que, penchée en avant, les mains aussi tendres que possible, elle guidait les petits pas hésitants de Sylmaril dans la galerie du second étage. Quelque chose, elle n’aurait su dire quoi, dans la douceur du soleil sur sa nuque, les jeunes fruits dans le jardin ou la distance diffuse de la clameur de la ville lui semblait en suspens, et trop rutilant pour être honnête. Elle aurait aimé mettre un nom sur une si jolie menace mais les mouvements malhabiles et les gazouillis de la petite fille l’empêchaient de se méfier en lui faisant croire que la beauté du jour n’avait rien de terrible. Juste un simple moment de repos dans son quotidien. A demi bercée par cette tranquillité, par les fenêtres closes de la galerie, elle perçut le grincement de la porte de la cour que Dix-Huit n’avait pas eu le temps de graisser la veille, et un innocent réflexe de curiosité la fit se redresser pour jeter un œil au nouvel arrivant, imprévu à cette heure de la journée.

Au même moment, Glen le portier s’empressa d’ouvrir aux nobles Supérieurs luxueusement vêtus qu’il avait aperçut depuis sa loge. Reculant pour leur céder le passage dès que le large portail de bois sculpté fut ouvert, il leur jeta un rapide coup d’œil le temps de savoir s’il connaissait ou non les arrivants, puis s’inclina profondément pour demander avec déférence à leurs Seigneuries qui devait-il annoncer auprès des Dames, seules présentes à cette heure. La réponse lui fit marquer un net temps d’arrêt et il se dépêcha aussi dignement que possible d’aller prévenir la maisonnée qu’un invité exceptionnel venait rendre visite à l’improviste aux Askiath. Avec la prestance discrète qui avait cours dans le personnel bien rôdé du manoir, la nouvelle fit le tour du domaine en moins d’une minute et elle en ébranla chaque occupant aussi sûrement qu’un branle-bas de combat. Comme sous l’effet d’un vent de panique murmurant le long des planchers, chaque esclave s’empressa de regagner sa place, de disparaître s’il n’avait rien à faire là, d’apprêter en urgence le petit salon, le grand salon et le salon d’agrément ainsi qu’une collation légère en cuisine en attendant le déjeuner, de préparer subrepticement les Dames, de craindre la raison d’une venue si importante, d’espérer une bonne nouvelle, de redouter le faux pas. Tous essayèrent d’arranger à la va-vite leur mise, plus pratique qu’élégante, quoique sobre et distinguée. Mais leurs livrées de serviteurs semblaient pauvres rien qu’auprès des riches tuniques des deux suivants et tous éprouvaient la honte deux fois plus cuisante d’humilier leurs maîtres en même temps qu’eux-mêmes. Si bien que lorsque la Dame suivie de près par sa belle-fille vint l’accueillir dans le Hall, dissimulant autant que possible sa surprise et son inquiétude derrière un implacable respect et une fierté endurcie, ce vieillard aux longs cheveux de neige, courbé dans ses soieries sur un long bâton gris acier avait produit en quelque pas tout l’impact d’égards, d’humilité et de crainte qu’il était en droit d’attendre. Le Seigneur Svylsa, Conseiller du roi Mathan en personne se trouvait parmi les Askiath.

Tout cela, Tataliä ne put en avoir connaissance tout de suite. Protégée par une tenture de la galerie, elle regarda simplement le vieil homme entrer dans la cour, escorté de ses suivants, et elle se demanda pourquoi le professionnalisme d’habitude à toute épreuve de Glen semblait mis à mal par cet inconnu. De là où elle était, il lui était difficile de voir plus loin que ses cheveux et sa barbe immaculés, ses mains nouées sur son bâton et les deux hommes au physique disparate qui l’encadraient solidement, mais le pressentiment qu’elle avait eu un peu plus tôt se noua dans sa gorge. Le danger était là, tout près, et pourtant elle ne fut capable de bouger que lorsqu’ils eurent disparu dans l’encadrement de la porte d’entrée et que les premières rumeurs pressées du manoir lui parvinrent des étages inférieurs. Bien qu’en grande partie soustraite à la tenue de la maison par son éducation auprès de la Dame, la jeune Fille de Dieu n’en connaissait pas moins les rouages et elle devina aussitôt que le vieil homme était un hôte de marque. Il lui fallait vite aider à ce que tout soit parfait pour l’accueillir et pour cela, ramener Sylmaril dans sa chambre. Sylmaril… Ce n’est qu’à cet instant que Tataliä se rendit compte avec horreur qu’elle avait complètement oublié l’enfant. Et celle-ci, en aventurière précoce et lassée de marcher, s’était mise à ramper à quatre pattes avec curiosité en direction de l’escalier. Electrisée par la peur, elle la vit comme au ralenti avancer les mains et les genoux en direction du vide des premières marches et se précipita pour la rattraper tout en sachant qu’elle arriverait trop tard. Le petit corps rondelet se déroba sous ses yeux alors qu’elle tendait les mains pour le rattraper… et disparut dans l’ombre mince qui se découpait sur le palier. Surprise, Tataliä se redressa en urgence et tomba nez-à-nez avec le visage anguleux, les longs cheveux noirs et les impitoyables yeux bleus du Jeune Maître qui bouillait intérieurement de colère face à elle, sa fille dans les bras. Rentré sans prévenir de la caserne, par la porte du jardin sans doute. Pétrifiée des pieds à la tête, la jeune femme pâlit et ne ressentit même pas le soulagement de la chute évitée, seulement une profonde, innommable et térébrante terreur. Faillir à son devoir et laisser la fille des maîtres en proie au danger était une faute impardonnable. La commettre devant ce maître-là était le pire des cauchemars. Ses yeux écarquillés incapable de quitter le beau visage crispé par la fureur, Tataliä sentit en elle quelque chose mourir sous la peur et il ne lui vint même pas à l’idée de présenter ses excuses ou de s’enfuir. Elle ne pouvait plus que subir…

Mais rien de tout cela n’avait d’incidence sur le reste du manoir.

« C’est un immense honneur que vous faites à notre humble demeure, votre Excellence. Pardonnez notre peu d’apprêts, nous vous aurions accueilli avec autrement plus de faste si nous nous étions doutées de votre venue. Mais vous devez être las, laissez-moi vous conduire au salon. »
Après un profond salut, Sulinor Askiath indiqua d’un geste gracieux le chemin de la pièce avant de l’y conduire. La froideur de glace de son visage l’avait sauvée de sa surprise première. Elle n’avait pas la moindre idée de ce que Sylsa Svylsa, conseiller royal en personne, avait derrière la tête en leur faisant cette soudaine visite, lui qui n’avait de contact avec eux que par l’entremise des couturières allant prendre ses mesures pour ses robes et ses tuniques. Et même si elle y voyait bien sûr un grand honneur et une chance inespérée, elle ne pouvait ne pas redouter ce face-à-face périlleux avec la deuxième instance de Misengris. Pour tirer un quelconque parti de cette rencontre, encore fallait-il jouer sans le connaître le rôle qu’attendait d’elle le vieux Supérieur, et le jouer finement encore. Elle eut une pensée venimeuse pour sa belle-fille qui couvait déjà le conseiller de ses yeux de serpent, avide du prestige d’une visite aussi importante avant même qu’elle ne se soit terminée. Cependant, elle ne s’inquiétait pas de ce côté. Hélessabel avait beau être orgueilleuse et vénale, elle n’était pas sotte pour autant et ne commettrait pas d’impair, en courtisane experte qu’elle était de longue date. Reprenant contenance au fur et à mesure de ces considérations, la Dame des Askiath s’effaça à l’entrée du salon d’agrément, dont les baies vitrées donnaient sur le jardin en fleurs et sa fontaine de marbre, pour laisser son illustre invité prendre place sur l’ottomane de son choix. Une fois qu’il se fut assis, elle-même s’installa face à lui, sur le siège de velours damassé de soie d’un autre divan et sa belle-fille fit de même, un peu en retrait du fait de son rang inférieur dans la maisonnée.

« Que nous vaut la grâce de votre venue, votre Excellence ? »
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Sylsa Svylsa
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MessageSujet: Re: Choc social [PV Tataliä Askiath]   Mer 22 Jan - 23:33

Le portail s'ouvrit sur la demeure des Askiath et leur portier, un de leurs innombrable serviteurs, à qui il revenait la tâche ardue d'endosser la première impression. A la question de "qui", je ne pris pas la peine de m'étonner, un portier aussi instruit soit-il ne pouvait connaitre tout Misengris, cependant là était la faute, je n'étais pas tout Misengris. C'est Varius qui prononça mon nom et mon statut, il adorait faire cela, écraser par l'instruction, apprendre à qui de droit à qui ils avaient affaire. Mon simple nom aurait suffit, mais non, il ajoutait mon statut "Le Grand Conseiller du Roi de Misengris" afin d'ajouter la pression de ce que cela représentait. C'était également par fierté de me servir qu'il faisait cela, car par ses mots, il lançait cela au valet tel un "Et je suis son assistant personnel"
Quelle ne fut pas ma joie et ma satisfaction quand la surprise et l'inquiétude vint se peindre sur le visage du portier alors qu'il s'esquivait dans une avalanche de courbette et d'excuse. Sans attendre d'y être invités, nous continuâmes notre progression, entrant dans la cour intérieure et découvrant l'entièreté de leur entrée, un jardin parfaitement entretenu, une façade à la peinture impeccable, une qualité visuelle irréprochable. C'est sans doute ce que penserait un badauds ou un hypocrite noble en regardant le lieu, bien des détails n'avaient pas encore été réglés, peut-être à cause de notre arrivée matinale, mais certaines vitres n'avaient pas encore été faites, quelques arbres avaient prit la liberté de faire pousser quelque branches et le gravier n'avait pas encore été uniformisé pour laisser une allée parfaite, sans compter le fait que le portier y soit passé avant nous.
" Peut-être devrions-nous inviter l'incompétent en charge des tâches ménagères à passer au château, il n'en ressortirait que plus instruit, quand bien même soit-il possible que ces gens soient capable d'apprendre de leurs erreurs... veuillez noter cela dans mon carnet chocolat Salim.
" Voudrez-vous restituer cela aux Askiath en l'état ou puis-je me permettre d'y apposer mon style ? "
" Faites donc Salim, votre sens de la prose est une chose que j'ai toujours apprécié chez vous, j'imagine que vous saurez me représenter parfaitement, comme il en est de coutume "
Salim et Varius avaient chacun plusieurs carnets, identifiés par la couleur de leur couverture, si Varius avait l'habitude de représenter Sylsa devant les nobles, Salim s'était trouvé bien plus habile pour le faire auprès de ceux qui ne pouvaient être vu par Sylsa, ni même par un noble plus quelconque. Lui qui avait l'habitude de disparaître sans faire de remous savait débusquer ceux qui le faisaient également.
Continuant à marcher, nous arrivâmes bientôt au Hall où l'on nous fîmes entrer, je dois avouer qu'en cet instant, l'efficacité de leurs domestiques commençait à m'intéresser, car finir de préparer le lieux tout en étant capable d’accueillir ma personne dans le Hall tenait d'un haut niveau d'organisation, peut-être n'étaient-ils pas si négligeant de que cela au final.
« C’est un immense honneur que vous faites à notre humble demeure, votre Excellence. Pardonnez notre peu d’apprêts, nous vous aurions accueilli avec autrement plus de faste si nous nous étions doutées de votre venue. Mais vous devez être las, laissez-moi vous conduire au salon. »
Sans mot dire je fis un signe de la main, normalement accompagné d'une courbette, cependant cela faisaient un moment que je n'étais plus capable de cela, mon fragile équilibre et mon arthrose m'interdisant ce genre d’acrobatie. Salim et Varius m'imitèrent dans ce salut restreint, faisant de ma faiblesse un salut distinctif, une habile pirouette exécutée par une simple singerie effectuée par deux vaillants et jeunes supérieurs. Certain trouvaient leur façon de saluer insultante, les quelques imbéciles qui se sont risquer à me le faire savoir auront pleuré toutes les larmes de leur corps avant de l'avoir regretter totalement. Décortiquant du regard les expressions de mes hôtes, jugeant leurs parures et évaluant leurs tenues, mon oeil aiguisé par les âges reconnu l'exploit qui était en marche : le marbre et la perfection qui était de rigueur ne fissura pas, semblait inébranlable, capable de soutenir n'importe quelle évaluation. Une marque appréciable et que je su apprécier. Les Dames Askiath étaient apparemment à la hauteur de leur rang.
Nous nous dirigions vers le-dit salon quand je fis teinter une clochette. Son discret et harmonieux, ils m'évitaient d'avoir à donner un ordre ou de m'époumoner pour obtenir ce que je voulais. Le tintement des clochettes de Salim se fit très brièvement entendre, avant qu'il ne s’esquive et disparaisse de notre champ de vision. Il était parti en quête de ce fameux organisateur, où qu'il fut et quoi qu'il fasse.
Ce n'est que quand Varius m'aida à m'installer dans l'un des ottomane que je remarquai le départ de Salim. Je m'étais placé dos aux fenêtres, voulant profiter de la décoration intérieure. Varius se mit en retrait, son oreille entrainée suivrait la conversation et surtout, viendra à moi au moindre de mes signes envers lui.
« Que nous vaut la grâce de votre venue, votre Excellence ? »
Après un instant durant lequel j'essayai de trouver un position qui me fasse moins souffrir, mais aussi pour laisser plâner la question, je posais les yeux sur la maîtresse des lieux :
" Dame et Demoiselle Askiath, je vous prie d'excuser mon arrivée impromptue, j'ose espérer ne pas vous avoir intérrompu durant vos ouvrages. Cependant, voyez-vous, j'avais une nouvelle commande à vous soumettre et l'ennuie m’asphyxiait au château, alors par soif de nouveauté, je suis venu. "
D'un signe de la main, Varius arriva pour récupérer mon bâton, je posai les yeux sur la Demoiselle, jeune et belle.
" Ce n'est cependant pas tout, je suis aussi venu visiter ceux qui ont l'honneur de confectionner mes robes, Maître Askiath se joindra-t-il a nous ? "
Le léger bruit une clochette se fit entendre et aussitôt Varius vint placer entre mes mains grandes et noueuses les croquis de ma nouvelle robe, ou du moins je l'espérai. Les lourdes bagues et pierres précieuses faisaient trembler mes mains, aussi je me dépêchai de vérifier des croquis avant que Varius ne les transmettent aux Dames. Nous commençâmes à parler de la couleur, de la coupe et des tissus, autant de choses dont j'avais déjà idée, mais que je ne souhaitait affirmer.

Pendant ce temps, Salim s'était introduit par une porte dérobée afin d'emprunter d'un des multiples couloir qui composait la souricière des servants et esclaves, muet comme une tombe, il progressait rapidement vers ce qu'il recherchait : les habitations des esclaves, là-bas, il pourrait trouver ce qu'il voulait. Prenant grand soin à ne pas souiller son habit, il semblait survoler le sol.

Tout en reprenant les croquis, Varius prit la parole :
" Nous avons également entendu dire que vous étiez une véritable virtuose musical, peut-être nous ferez-vous l'honneur de vérifier ces dires. Mon Maître est friand de belle musique, de chant et de belle couture... "
Les yeux de Varius étaient ceux d'un charmeur, d'un séducteur, il ne cherchait pas à regarder son interlocuteur dans les yeux, mais plutôt à pénétrer au plus profond de son regard.
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Tataliä Askiath

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MessageSujet: Re: Choc social [PV Tataliä Askiath]   Jeu 23 Jan - 11:13

Une perfection de surface exige toujours en profondeur un bouillonnement proche du chaos. La maison Askiath ne faisait pas exception à la règle et les deux garants de l’ordre qui jugulaient d’une main de maître toute cette agitation étaient depuis longtemps reconnus comme tels par tous. Maintenant qu’ils avaient paré au plus urgent, Ringil laissa pour un temps la direction des domestiques à l’intérieur du manoir à Herma, la gouvernante, et se hâta d’aller débusquer du renfort dans les quartiers des esclaves pour pallier toutes les myriades de tâches secondaires qui restaient. Et dans les baraquements discrets qu’ils occupaient, tout proches mais dérobés au manoir pour ne pas risquer d’offenser la vue des maîtres, tous ceux qui s’étaient retranchés là pour ne pas risquer de gêner reconnurent le pas leste de l’intendant. Leurs estomacs se serrèrent lorsque sa silhouette sèche apparut dans les couloirs, à l’affût de main d’œuvre. Son visage osseux au nez aquilin était nanti de favoris châtains impressionnants qui tentait d’étoffer un tant soit peu sa maigreur et son crâne commençait à se dégarnir. Peu de gens l’estimaient parmi les esclaves. La plupart d’entre eux obéissaient par peur ou parce qu’ils n’avaient pas le choix. Ringil, lui, était dévoué corps et âme à ses maîtres et exécutait le moindre de leurs ordres avec une dévotion aveugle, même s’ils impliquaient le pire. Il se cantonnait derrière sa fidélité en croyant dur comme fer qu’elle le protégerait lui et les siens de la fureur des maîtres mais, pour toujours et tout le monde, il resterait celui qui avait arraché son petit-fils nouveau-né des mains de sa fille et l’avait porté sans broncher au marché aux esclaves. Il le savait, en souffrait, mais gardait également à l’esprit qu’il était l’intendant des Askiath, qu’il n’aurait rien pu faire d’autre de toute façon et que son autorité n’était pas contestable parmi le personnel. Fort de son rôle, il entreprit aussitôt de poursuivre l’orchestration du manoir :

« Runim ! Par Liv et la Sainte Vierge, que faisais-tu donc à te cacher ici alors que tout le manoir est en ébullition ?! Si jamais le Seigneur Svylsa est mécontent de sa visite, nous en subirons tous les conséquences  et elles seront lourdes, tu peux me croire ! Dépêche-toi de faire ton travail et d’aller aider Dix-Huit dans la cour ! Luvän, reviens par ici, tu tombes à pic. Porte ce message au Maître à la Guilde et hâte-toi. Quand à vous trois là-bas, allez vite aider Dersïn en cuisine, elle aura bientôt besoin de monde… »
Penser au moindre détail, prévoir les tâches à venir, employer chacun au mieux, œuvrer à chaque instant pour la perfection si chère aux Supérieurs, tel était le travail quotidien de Ringil et les Entités savaient qu’il s’y employait mieux que quiconque, quel qu’en soit le prix. Mais alors qu’il inspectait une dernière fois les baraquements de son regard d’aigle avant de remonter pour seconder Herma, il aperçut soudain au fond d’un couloir une silhouette mince et féline qui ne lui était pas familière. La ride du lion omniprésente sur son front se creusa un peu plus alors qu’il avançait de quelques pas dans sa direction, cherchant à reconnaître ce teint basané auréolé de clochettes, cette tunique élégante et cette démarche assurée qui n’appartenaient à personne dans la maison Askiath, jusqu’à ce qu’il reconnaisse l’un des suivants du conseiller Svylsa. Il se figea, pâlit et, comme toujours devant les puissants, fondit en obséquiosité pour tenter de masquer son trouble :

« Qu’est-ce que… Oh ! Mais, votre Seigneurie, ce… ce n’est pas un lieu digne de vous… »
Au même moment, à l’intérieur du manoir, Sulinor Askiath ne quittait pas des yeux le vieil homme tandis qu’il s’installait avec précaution, se gardant du moindre commentaire ou impatience. Si le conseiller ne souhaitait pas donner le motif de sa visite, il en avait tous les droits et quand bien même il en coûtait à son orgueil, si peu habituée qu’elle y était, elle était prête à souffrir toute sa supériorité dans la conversation. Le moindre faux pas avec une personne si prestigieuse pouvait coûter très cher à la famille toute entière et elle s’attelait de son mieux à brider son caractère emporté. Plus que de déplaire au Seigneur Svylsa, elle n’aurait pu souffrir de commettre la moindre faute en présence de sa vipère de belle-fille, laquelle savourait avec une satisfaction savamment tournée en humilité le regard qu’avait posé sur elle l’imposant personnage. Ravalant son dépit envers cette intriguante, elle répondit avec déférence aux questions posées :

« Votre venue ne saurait être une source de désagréments et nous sommes plus qu’honorées de vous recevoir.  Pour l’heure, ses affaires ont appelé mon époux à la Guilde ce matin, mais j’ai pris la liberté d’y envoyer un messager afin qu’il vienne au plus tôt vous présenter ses hommages. »
Et elle espérait pour Ringil qu’il avait choisi quelqu’un de rapide… Mais si elle ne doutait pas de la diligence de Daërgon lorsqu’il apprendrait l’importance de l’affaire, elle redoutait pour l’instant un détail dans les paroles du grand conseiller. Sur un son de clochette, son suivant à la carrure de soldat lui remit une liasse de croquis qu’il rapidement tout en évoquant la commande qu’il souhaitait passer et aussitôt, exactement comme elle l’appréhendait, Hélessabel se saisit de l’occasion, avec ce raffinement perfide qui l’exaspérait. Inclinant d’abord la tête vers elle avec un respect hypocrite « Puis-je, Mère ? », elle se pencha légèrement en avant pour s’adresser au Seigneur Svylsa avec une courtoisie irréprochable, un sourire avenant et secrètement triomphant au coin de sa voix de velours :

« En attendant son retour et si cela ne déplaît pas à votre Excellence, je me ferais une joie de détailler avec vous votre commande pour en référer plus tard au Seigneur Askiath, en tant que son auxiliaire. »
La Dame se contint de son mieux mais ô combien cela lui coûtait de devoir céder le pas à cette impertinente. Certes, elle était bien mieux à même de conseiller le vieux Supérieur car Daërgon l’avait pris sous son aile et elle-même ne s’était jamais intéressée plus que nécessaire à son commerce. Mais la voir savourer ainsi sa petite victoire en redoublant de politesse tandis qu’ils évoquaient robe, tunique, teintes, motifs, doublure et finesse de la soie mettait hors d’elle la maîtresse de maison. En ce moment, sa belle-fille se comportait comme si elle était déjà la Dame des Askiath et qu’elle, Sulinor, n’était plus qu’un vague résidu de ce nom, comme le père de son époux reclus dans sa chambre et dans sa sénilité. Mais alors qu’elle songeait à ce qu’elle donnerait pour lui damner à nouveau le pion, le suivant du conseiller, dont il lui était désagréable de considérer qu’il était à même de lui adresser la parole malgré son statut, lui en offrit la plus belle occasion qui soit. Alors qu’il la couvait d’un regard pénétrant et enjôleur, pour la première fois depuis leur arrivée, le masque de glace de la Dame se fissura. Ses pommettes se colorèrent d’une rougeur presque insignifiante mais immanquable dans la pâleur de son teint naturel et un sourire millimétrique vint ourler sa bouche, tandis que c’était au tour de sa belle-fille de se figer. Il ne fallut qu’une seconde à Sulinor pour se reprendre mais cette simple phrase venait de la porter au comble de l’émoi. Il savait. Rien ne le prouvait et elle ne se permettrait pas d’en faire l’hypothèse à voix haute mais en cet instant, elle était intimement persuadée que le Seigneur Svylsa avait entendu parler de son esclave si talentueuse qu’elle s’échinait à produire dès qu’elle le pouvait. Enfin tous ces efforts portaient leurs fruits. Contenant sa joie, elle s’empressa d’accéder à la demande du conseiller, avec une suffisance entièrement destinée à Hélessabel qui n’avait plus qu’à ronger son frein, amère :

« C’est bien trop d’honneur, votre Excellence, mais devant le peu de personnes sensibles à la musique dans cette ville, je ne peux vous cacher à quel point je serais comblée d’apporter quelques mélodieux agréments à une personne éclairée. Et comme je ne doute pas que vous soyez un esthète averti, j’oserais même vous proposer une petite rareté qui ravira vos oreilles. Si vous pouvez souffrir qu’elle provienne d’une Fille de Dieu… »
Un simple regard sur la gouvernante discrètement postée à l’entrée du salon «  La harpe. » suffit à la faire s’incliner, puis partir à la recherche de Tataliä. Herma, qui se doutait que cela ne manquerait pas d’arriver, transmit aussitôt le signal à Grâce-de-Liv et sa fille Alinor qui avaient déjà préparé la robe, puis partit en quête de quelqu’un pour transporter l’instrument demandé depuis l’antichambre de la Dame. La chambrière laissa l’adolescente pourvoir aux derniers détails et grimpa vers les étages supérieurs, là où se trouvait sans doute la jeune nourrice. Sans se douter une seule seconde de ce sur quoi elle tomberait.

Avec un claquement sec, la cravache mordit sa joue sans la moindre pitié et Tataliä tituba avec un cri de douleur jusqu’aux murs. La douleur cuisante lui fit aussitôt monter les larmes aux yeux et attisa la peur qui la faisait trembler des pieds à la tête. Les paupières closes, recroquevillée sur elle-même, elle n’osait ni bouger, ni respirer, et encore moins regarder le Jeune Maître même si elle savait que la punition n’était pas finie, sachant pertinemment que tout ce qu’elle ferait attiserait sa colère. Elle entendit son pas, lourd comme une sentence alors qu’il se rapprochait d’elle, sourd aux gémissements effrayés de Sylmaril qui commençait à pleurer. Il lui sembla même percevoir le léger grincement du cuir alors qu’il resserrait sa main gantée sur sa cravache et elle se raidit, attendant le prochain coup. Depuis trois vens, il ne supportait plus sa présence mais quand il avait l’occasion de la punir, il le faisait sans se priver et sans la toucher de ses mains. Mais elle était presque plus heureuse de ce dernier détail…

« Voilà pour t’apprendre, petite traînée… »
« Maître ! »
Tataliä rouvrit les yeux. La voix venait de l’escalier et appartenait à Grâce-de-Liv, ce qui lui redonna aussitôt l’espoir fou qu’elle était sauvée. Le Jeune Maître se tourna vers elle, sifflant de rage :

« Comment oses-tu m’interrompre, esclave ?! Toi aussi tu vas y avoir droit ! »
« Le conseiller Svylsa est ici, avec les Dames. Il souhaite entendre Tataliä et votre mère la fait demander immédiatement. »
La chambrière avait parlé de façon nette et imparable malgré les tremblements qui la parcouraient à la vue de tant de fureur et les larmes de la jeune fille débordèrent aussitôt de ses cils sous l’effet de la gratitude. Grâce l’avait nourrie et élevée quand sa mère était morte en couches et ne l’avait jamais considérée autrement que comme l’une des douze autres enfants qu’elle avait mis au monde en l’espace de quinze vens. Et comme pour chacun d’eux, elle la défendait sans faiblir chaque fois qu’elle le pouvait. En l’occurrence, le Jeune Maître ne pouvait plus la toucher. Il comprenait parfaitement lui aussi toutes les implications de la venue du conseiller dans leur demeure et rien ne devait offenser son regard tant qu’il serait là. La marque écarlate sur le visage de Tataliä et ses yeux gonflés pouvaient déjà être pris comme un affront. Ravalant sa colère dans un juron, il s’éloigna à grands pas vers la chambre de sa fille, pour aller la coucher avant de présenter ses hommages au Seigneur Svylsa. Dès qu’il fut hors de vue, Grâce-de-Liv se précipita sur le pallier pour prendre la jeune fille dans ses bras, l’entourer de mots tendres et rassurants, sécher inlassablement ses larmes et la conduire en douceur à l’étage inférieur où elle devait se préparer. Elle avait presque cessé de pleurer en arrivant dans la chambre où les attendait Alinor, son amie de deux vens plus jeune, et elle se laissa habiller et coiffer de leurs mains expertes. Mais même si elle parvenait faiblement à rendre à sa sœur de lait ses sourires, elle était toujours rongée par l’angoisse. Dans quelques minutes, elle allait devoir chanter pour un des personnages les plus importants de Misengris et elle allait se présenter devant lui le visage blessé. Malgré la crème et la poudre que Grâce lui appliquait sur la marque pour la dissimuler autant que possible, elle savait qu’elle se voyait toujours. Qu’adviendrait-il d’elle s’il s’en trouvait offensé ? Si elle déshonorait les Askiath ? Une punition sans doute bien plus grande et douloureuse qu’un petit coup de cravache. Elle essayait de ne pas y penser mais cette certitude lui mordait les entrailles alors qu’elle descendait de l’étage vers le salon d’agrément, se cachant comme elle le pouvait derrière l’esclave qui portait avec précaution la harpe de la Dame.

Dès qu’elle entra dans la pièce, pâle et frissonnante dans la robe de soie vaporeuse, blanche et bleue, qui soulignait sa taille et découvrait ses épaules, elle sentit le poids des regards peser sur elle, jusqu'à l’enfoncer sous terre. Elle vit distinctement la surprise et l’indignation dans les yeux de la Dame lorsqu’elle aperçut la blessure et elle se dépêcha de s’incliner profondément devant le vieil homme assis sur l’ottomane. Elle n’avait pas le droit de le regarder dans les yeux et elle avait bien trop peur pour cela mais le peut qu’elle pouvait voir suffisait à l’intimider. Sa large robe de soie fine, les bagues et ornements précieux qui ornaient ses doigts raidis par l’âge, l’allure noble de son suivant, le respect dans l’attitude des Dames, tout cela lui disait à quel point il était illustre. Et elle avait beau chercher, elle ne voyait pas comment une simple petite Fille de Dieu comme elle pourrait lui être d’un quelconque intérêt. La tête baissée, les mains jointes et les épaules tremblantes, Tataliä pria de toutes ses forces pour parvenir à chanter…

« Ne vous fiez pas à son allure chétive. Je puis vous assurer que la voix de cette petite esclave rivalise avec celle des oiseaux les plus mélodieux d’Eleris. »
HRP:
 
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Sylsa Svylsa
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MessageSujet: Re: Choc social [PV Tataliä Askiath]   Dim 26 Jan - 14:18

Salim marchait dans les couloirs étriqués et peu chatoyants réservés aux esclaves, s'en était presque nostalgique pour lui. Bien entendu, il n'a jamais été esclave ni même œuvré à l'entretient d'un domaine, non, c'est juste que dans son jeune temps, son passe-temps préféré était de poursuivre les servants de son manoir à travers portes dérobées, couloirs dissimulés et chambres recluses. L'odeur de la pauvreté éveillait en lui ces souvenirs, sa soif de jeux et de courses. S'il s'écoutait, il se mettrait alors à courir à perdre haleine dans les petits couloirs, espérant à chaque tournant tomber sur un esclave qui serait alors terrorisé de tomber nez à nez avec lui. Au lieu de cela il marchait d'un pas calme et digne, il n'était plus un enfant et même si en l'instant il ne représentait pas son maître, il n'en restait pas moins un noble, mais quelle ne fut pas sa joie de tomber sur l'intendant !
« Qu’est-ce que… Oh ! Mais, votre Seigneurie, ce… ce n’est pas un lieu digne de vous… »
Le détaillant des pieds à la tête, Salim put voir qu'il n'était pas simple esclave, il avait quelque chose de plus, peut-être était-il celui qu'il se devait de trouver, ou peut-être pas, toujours est-il que les mots qu'il venait d'employer ne lui plaisait guère. Reprenant la marche qu'il avait interrompu pendant un instant, Salim voulait voir ce dont les esclaves disposaient pour vivre. Tout en marchant, sans regarder le fils de dieu qui se tenait face à lui, afin de ne pas la gêner, Salim prit la parole :
" Je ne suis point ici pour représenter mon maître, mais plutôt pour contenter sa curiosité. Parce que ce n'est pas un lieu digne, ne m'appeler pas par mon rang, mais plutôt par mon nom, j'en ferai de même avec vous. Je me nomme Salim. Ce n'est pas un ordre, mais une demande, si cela vous gènes dites-le moi "
Salim était simple, ne s'encombrant pas de la formalité et des tournures de phrases qui encevelissait habituellement la haute noblesse. La crasse, la poussière et l'absence de richesse ne le gènait point, après tout, il avait passé une grande partie de sa jeunesse dans les quartiers de ses esclaves. Il se pencha sur l'un des couhes qui se trouvait là, l'inspectant sans la toucher, il ne souhaitait pas la déranger.
" Êtes-vous celui qui s'occupe de coordonner les efforts ? J'aurai des réflexions de mon maître à communiquer à cette personne "
Sa voix était détachée, comme s'il s'adressait à un égal, ou à un ami. Peut-être qu'au fond de lui, Salim se sentait plus alaise dans cet univers vétuste plutôt que celui, trop complexe, de la noblesse.

Dans le salon, je savourais la concurrence entre la mère et sa fille, guerre entre génération, la soif de pouvoir contre la peur de le perdre. Ô combien de fois ai-je pu assister à de telles guerres silencieuses et implicites, qu'il soit entre parent et enfant, maître et apprenti ou chef et subordonné. J'étais passé maître depuis bien longtemps dans l'exploitation de telles failles, favoriser l'un des deux fera naître la haine, la jalousie et la colère chez l'autre, les pires ennemis de la noblesse, ces émotions qui rabaissaient au bas peuple même le plus grand des souverains. Écoutant et répondant aux explications et propositions de la jeune Askiath, je laissais tourner tout cela dans mon esprit, attendant le bon moment pour cracher mon venin et détruire l'une des deux. Quel est l'intérêt ? L'amusement et la reconnaissance, celui qui tombe est détruit, celui qui s'élève me sera alors redevable. Je ne sais lequel des deux est le plus à plaindre... Varius le savait, il connaissait mes jeux et savait comment cela devait finir, alors quand il vit cette flamme s'illuminer dans les yeux de la Dame Askiath, il me fit signe que nous avions trouver les deux problématiques pour faire pencher la balance : La musique et la couture.
« C’est bien trop d’honneur, votre Excellence, mais devant le peu de personnes sensibles à la musique dans cette ville, je ne peux vous cacher à quel point je serais comblée d’apporter quelques mélodieux agréments à une personne éclairée. Et comme je ne doute pas que vous soyez un esthète averti, j’oserais même vous proposer une petite rareté qui ravira vos oreilles. Si vous pouvez souffrir qu’elle provienne d’une Fille de Dieu… »
Posant les yeux sur la Dames Askiath, coupant court avec la discussion avec la jeunette, je feins la surprise vis à vis de ce dernier point :
" Cette rumeur est donc vraie, nous avons eu vent du fait que les Askiaths faisaient chanter leurs esclaves et que vous en faisiez profiter quelques intéressés. J'espère que cette esclave, cette fille de dieu que vous voulez faire chanter devant moi, sera à la hauteur de la réputation que vous semblez lui rendre. Faites la donc venir, cela me rend curieux. "
Cette rumeur m'était en effet parvenue, cependant elle était très controversée, car une Noble du rang des Askiath promenant l'une de leurs esclave élégamment habillée était aussi sujet à bien des crises de rire. Certains parlaient d'un manque d'argent pour acheté un animal de compagnie, d'autre d'opérette au rabais. Je me réservais cette réflexion pour plus tard. Portant de nouveau mon regard sur la jeune Askiath, Varius, lui, reprit la conversation avec la Dame Askiath :
" Vous avez eu de la chance de découvrir le don de cette fille de dieu, mais j'imagine que vous jouez de la harpe bien mieux qu'elle ne chante, elle doit vous devoir son talent, en fait non, c'est certain. "
Varius avait comprit dans mon regard qui devait s'élever et qui devait s'effondrer, en ce sens, il faisait son possible pour qu'il n'y ait pas de hasard possible, que mes mots tomberaient telle la lame d'une guillotine, implacable et irrésistibles. Parce qu'alors que la gouvernante s'en allait chercher "la harpe", je décidais d'attaquer et de mettre à l’épreuve la contenance de ces deux femmes :
" Je suis navré d'avoir coupé court à nos descriptions Demoiselle Askiath, vous comprendrez qu'il me fallait répondre à Dame votre Mère. Cependant, vous me semblez être très à même de trouver et comprendre ce que je cherche. A l'avenir, je vous ferai quérir au château, plutôt que vos couturières, cela sera plus confortable pour converser. "
Varius s'était tu durant cette dernière phrase, de façon à laisser mes mots parvenir jusqu'à la Dame.

Quelques instants plus tard, la-dites enfant de Dieu fit son entrée. Beauté frêle et fragile, elle semblait vouloir disparaître plutôt que de rester là un instant de plus. D'un regard interrogateur vers Varius, celui-ci me confirma silencieusement qu'elle avait bien une marque sur la joue, me rassurant ainsi sur la qualité de ma vue. Elle avait été battu il y a peu, qu'avait-elle put bien faire pour que leur précieuse chanteuse soit de la sorte réprimandée. L'envie de souligner ce dernier point était puissante, mais je souhaitai l'entendre chanter avant cela, le stresse actuel semblait déjà l'empêcher de respirer, une quelconque remarque la ferait sans doute disparaître.
" Eh bien, nous vous écoutons. "
Je portai mon regard sur la jeune esclave, sur la Dame Askiath et la Demoiselle Askiath à tour de rôle, essayant de sonder ce qu'elles pensaient, de pouvoir prédire ce qui allait se passer.
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Tataliä Askiath

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MessageSujet: Re: Choc social [PV Tataliä Askiath]   Mer 29 Jan - 23:49

Ringil n’était pas dénué d’intelligence, loin de là. Jamais il n’aurait atteint le statut d’intendant des Askiath, ayant commencé comme simple serviteur, si cela avait été le cas. Mais aussi habile et prévoyant pouvait-il être dans la gestion des gens et de la maisonnée, certaines choses lui étaient impossibles parce qu’hors de portée de son système de pensée. Qu’un noble Supérieur jouissant d’une position aussi prestigieuse que celle de servant du Conseiller royal puisse le traiter d’une façon aussi antagoniste à sa fonction, qu’il s’adresse à lui comme on le ferait courtoisement à un ami ou tout du moins à un égal, il ne pouvait ni le comprendre ni en prendre acte. Lui qui avait toujours rampé dans l’ombre des puissants, imprégné depuis bien avant sa naissance par les générations d’esclave précédentes de la loi naturelle selon laquelle il était inférieur en tout point à ses maîtres, qui avait grandi inféodé à leurs moindres désirs sans considération pour les siens propres, il lui était impossible de rendre sa politesse à Salim. Il pouvait le renseigner autant qu’il le souhaitait, le laisser s’adresser à lui de la façon qui lui convenait (bien que pour sa part, il aurait trouvé cela fort déplacé s’il avait été capable du moindre jugement envers un Supérieur), mais quand à le traiter de même en retour comme il semblait le sous-entendre, son esprit était dans l’incapacité de seulement en formuler l’idée. Oser l’imaginer aurait suffi à ébranler si profondément le fondement même de toute sa personne qu’il n’aurait pu le supporter. Depuis longtemps déjà, il était esclave de sa propre servitude. C’est pourquoi lorsqu’il répondit au jeune courtisan en s’inclinant humblement, l’obséquiosité de sa voix n’avait pas décrue d’un pouce :

« Oh, fort bien, Messire Salim, comme il vous siéra. Ringil des Askiath, pour vous servir. Je suis l’intendant du manoir et… oui, j’ai également pour tâche de gérer le personnel, de concert avec Herma, notre gouvernante. Si son Excellence votre maître a daigné transmettre un message au vulgaire esclave que je suis, ce serait un honneur à nulle autre pareille que de l’entendre de vous… »
Et alors qu’il se tenait prêt à boire chacune des paroles qui voudraient bien tomber de sa bouche, la Dame des Askiath savourait mot par mot la curiosité du Seigneur Svylsa autant que l’éloge de son suivant. Sans avoir besoin de lui jeter un seul regard, elle savait que son orgueilleuse belle-fille n’en perdait pas une miette elle non plus et cette pensée suffisait à ancrer un peu plus le sourire minuscule au coin de ses lèvres. Cependant, sa voix restait dépourvue de la moindre trace de suffisance lorsqu’elle répondit :

« Il est vrai que j’ai eu la chance de découvrir par hasard les dispositions de cette fille, mais aussi idéal soit le terrain, il n’est rien sans un bon architecte pour le faire fructifier… »
Faire preuve de présomption maintenant était la dernière des erreurs à commettre. Grand bien lui en prit d’ailleurs car le conseiller, après avoir laissé Hélessabel ni plus ni moins qu'en plan lors de leur conversation pour demander après son esclave (ô quelle savoureuse satisfaction il lui donna alors), se retourna vers elle pour s’excuser de cette interruption en l’invitant à venir au palais la prochaine fois qu’il commanderait un vêtement. La Dame cilla et jeta un infime regard sur sa belle-fille, laquelle retrouva aussitôt l’harmonie de ses traits perdue dans la contrariété. Son sourire se détendit et elle inclina poliment la tête et le buste en direction du vieux Supérieur. Il sembla à Sulinor qu’elle seule pouvait voir en ce moment la joie venimeuse qui frémissait sur ses lèvres alors qu’elle acceptait humblement :

« Votre Excellence ne saurait me faire de plus grand honneur et je serais ravie de me présenter au palais chaque fois que vous m’y ferez mander. »
Et la Dame en titre des Askiath se doutait bien qu’elle ne manquerait pas de la mettre au courant chaque fois qu'elle jouirait de cette faveur. Petite vipère arrogante… La haine glaciale dont elle la gratifiait par avance pour les humiliations à venir ne trouva de l’apaisement que lorsque le pas des serviteurs dans l’escalier lui annonça la venue de son instrument et son esclave. Pour l’heure du moins, il n’était pas question de robes ni de soieries mais de musique et de chant. Et dans quelques minutes, si tout se passait comme prévu, seule trônerait dans les esprits le talent de la jeune Fille de Dieu qu’elle avait su porter au pinacle de sa perfection. Car elle ne doutait pas un seul instant que cette dernière jouerait son rôle, il n’y avait pas d’autres raisons pour lesquelles elle avait pris en charge son éducation musicale. Il était inconcevable que cette petite chose insignifiante puisse ne pas jouer à la mesure près la partition écrite pour elle . C’est pourquoi Sulinor eut cette fois toutes les peines du monde à masquer sa surprise lorsqu’elle découvrit la marque rouge encore à vif sur la joue blanche de Tataliä et ses paupières gonflées par des pleurs récents. La colère d’abord se fit jour en elle. Comment osait-elle ? Alors qu’elle lui devait tout, comment osait-elle se permettre de lui faire honte en n’étant pas parfaite, en apparaissant aussi laide devant le conseiller royal en personne ? Cesser ainsi d’être un simple objet ravissant pour afficher un quelconque état d’âme était d’une suprême inconvenance et si elle l’avait pu, elle l’aurait faite châtiée aussitôt. Mais outre le fait que cela n’aurait en rien arrangé les choses, la Dame parvint à maîtriser les élans de son impulsivité devant l’urgence de la situation. Elle s’était engagée à présenter son oiseau au Seigneur Svylsa et celui attendait. Se rétracter maintenant, c’eut été perdre la face de la plus humiliante manière qui soit. Reprenant contenance à cette seule pensée, elle cala comme à son habitude la harpe contre ses genoux et vérifia en un rapide arpège que l’instrument était accordé. Cette vérification fut également l’occasion d’un regard glacial en direction de son esclave, qui ne lui signifiait que trop bien la punition qui l’attendait si elle manquait à nouveau à son rôle. La jeune fille tressaillit, trembla, rougit, parut sur le point de pleurer de nouveau, puis n’eut d’autres choix que de se redresser et d’inspirer profondément pour se préparer. Les premières notes papillonnèrent sur la harpe.

Un air joyeux, dont la mélodie légère et malicieuse évoquait sans peine une promenade aventureuse dans la forêt. L’histoire de Sangos l’Astucieux, jeune Supérieur encore novice au combat qui serait parvenu autrefois à échapper à l’attaque d’un Etementa gigantesque grâce à sa lyre, aux chansons et aux histoires avec lesquelles il finit par l’endormir. Tandis qu’elle reconnaissait l’air et se souvenait des paroles, Tataliä sentait les regards sur elle, qui pesait sur ses épaules et sur la voix encore enclose en sa poitrine. La menace latente de la Dame, le mépris souverain de sa belle-fille et l’intérêt vigilant du vieux conseiller et de son suivant qui, curieusement, portait aussi bien sur elle que sur ses maîtresses. Elle n’aurait su dire pourquoi mais, pour une raison inconnue, cela apaisa quelque peu la tension qui la paralysait. Si elle n’était pas seule sous les yeux de ce puissant personnage, peut-être avait-elle moins à craindre. C’est ce qu’elle voulait croire alors que l’instant de son entrée en scène approchait. Elle ferma les yeux et prit une dernière fois son souffle. L’attaque douce de cette chanson lui permettait de délier progressivement sa voix et la Dame l’avait sûrement choisie ainsi sachant qu’elle n’avait pas eu le temps de s’échauffer, mais cette amorce demeurait malgré tout cruciale. L’impression première et toute la beauté du chant à venir se jouerait ici, à cette seconde précise. Comme à chaque fois elle en était totalement terrifiée mais, comme à chaque fois, lorsqu’enfin arriva l’instant de délivrance, elle n’eut d’autre choix que de s’abandonner sans réfléchir à ce vide vertigineux qui la guettait et ses ailes se déployèrent sans qu’elle y songe. La première note naquit délicatement dans sa gorge blanche et s’épanouit avec fraîcheur, s’envolant vers les harmoniques suivantes dans un glissement admirable. Son cœur frémit doucement, sa poitrine se souleva comme une voile sous le vent, sous la légèreté caressante de la mélodie. L’inflexion était pure, la perfection sans appel. Les dernières inquiétudes de Tataliä disparurent et ses yeux se rouvrirent alors, vibrant de l’émotion qui semblait maintenant l’habiter toute entière. Le temps se suspendit dans le salon, tout entier dévolu à l’essor de sa voix rayonnante qui modulait avec passion chaque vocalise, s’enhardissant à les souligner par quelques gestes lents et gracieux, en appui du regard ardent qu’elle posait sur son public. Quelque part dans un coin de sa tête, elle savait qu’elle n’en avait pas le droit, mais en cet instant cela ne comptait plus. La beauté véhémente qu’elle offrait sans retenue ne s’embarrassait pas des rangs et des titres. Pendant les quelques minutes d’éternité qu’elle déploya pour eux, chaque chose et chaque personne dans la pièce confinèrent au sublime dans la majesté de son chant. Son petit corsp palpitant de l’énergie aérienne colorant sa voix, elle n’aurait su dire combien de temps s’écoula depuis les premières paroles jusqu’à ce que les derniers échos de la harpe ne s’évanouissent dans l’air. Retenant son souffle, encore transportée par l’émotion, elle laissait tout juste s’en échapper les dernières volutes lorsque retentit dans son dos un pas sec qu’elle connaissait bien.

« La ballade de Sangos. Est-ce bien cela, Mère ? »
Le charme se rompit instantanément, avec lui sembla-t-il l’éclat assourdissant d’un verre qui se brise. Alors qu’elle avait semblé si radieuse et si pure lors de sa prestation, Tataliä parut aussitôt se replier sur elle-même, le visage baissé entre ses épaules courbées, écrasée par la peur. La marque sur sa joue se fit plus cuisante encore et elle s’appliqua aussitôt à fixer le bout de la chaussure du conseiller qui apparaissait sous sa robe, endurant comme un supplice la chair de poule qui lui hérissa la nuque lorsque le Jeune Maître passa auprès d’elle. L’ignorant superbement, il vint s’incliner devant le Seigneur et le saluer de sa voix grave :

« Je vous prie instamment de pardonner mon retard, votre Excellence. Je suis arrivé après vous et je ne souhaitais pas interrompre cette représentation. C’est une grâce sans pareille que de vous accueillir dans notre humble demeure et une grande chance pour moi de pouvoir vous y rencontrer ainsi. Si j’avais eu vent de votre présence, j’aurais été là pour vous recevoir, soyez-en certain. »
Il s’éloigna le temps de baiser les mains de sa mère et de sa femme pour clôturer les salutations, et Tataliä se rendit compte qu’elle avait cessé de respirer. Pourtant, même après ce constat, il lui était impossible de reprendre son souffle tant la terreur la broyait toute entière. Il ne la regarderait pas, ne lui parlerait pas, ignorerait jusqu’à son existence tant qu’elle serait là en présence de tant de monde, mais elle pouvait sentir au plus profond d’elle-même que cette négation était remplie de son dégoût envers elle et cela lui donnait, plus que tout autre chose, envie de disparaître. Alors, en attendant l’ordre salvateur qui la congédierait sans doute maintenant que sa présence n’était plus de mise, Tataliä gardait sans relâche son regard braqué sur cette chaussure et sur l’ourlet damassé de la robe qui la découvrait, priant pour que cela cesse vite…
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Sylsa Svylsa
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MessageSujet: Re: Choc social [PV Tataliä Askiath]   Dim 16 Fév - 13:30

Le conflit, le défi, la confrontation, ils sont mes instruments et mes armes depuis toujours, tout comme ils le furent pour les Svylsas des générations précédentes. De voir ces deux femmes s'entre déchirer silencieusement était le plus beau des spectacles à mes yeux. Arriva la harpe, instrument majestueux, suivis par la fameuse et frêle créature que la Dame Askiath avait tant vanté. Je perçu le trouble de Varius à la découverte de la marque sur la figure de la fille de Dieu. Quand bien même esclave, quand bien même elle était leur propriété, son code moral voulait que toute femme, quelque fut sa race ou son statut, ne méritait aucun châtiment qui pourrait nuire à son bonheur ou sa beauté. Le tressautement de l'une de mes clochettes le fit revenir à lui, lui indiquant également de revenir à mes cotés afin d'éviter tout débordement, mais aussi pour pouvoir savourer avec moi ce qui allait suivre. C'est sans mot dire que j'invitais la Dame Askiath à commencer.

De son coté, Salim fut quelque peu désespéré par la réponse de l'intendant, tout comme les autres esclaves, il n'était pas capable de faire fit de son statut, ni d'obéir à un ordre original qu'on lui donnait. Soudain, il perçu le son de l'une des clochettes de son mentor, suivis par la légère mélodie d'une harpe.
" Ringil, nous allons les rejoindre, je vous prie de me suivre et vous ordonne de ne pas décliner ma demande. "
Il avait prononcé ces mots toujours de façon courtoise, un léger sourire aux lèvres. Le ton de Salim se démarquait de celui des nobles car il n'était pas hostile ni hautain, cependant derrière chacun de ses sourires, chacune de ses politesses, se cachaient de tendres menaces, bien plus sombres que ses yeux et plus mortelles que les lames que l'on devinaient dans les plis de ses vêtements. D'un pas étrangement léger et rapide, Salim prit la direction du salon où se jouait la délicieuse mélodie.

La performance de Dame Askiath était à la hauteur des musiciens de la cour, bien que louable, ce n'eut pas le don de spécialement m'émouvoir, cependant, quand la fille de dieu se mit à chanter, mon intérêt fut total, ma curiosité focalisée. Sa réputation était véritable, ce qui était regrettable cependant était que la pureté qu'elle transpirait par son chant n'était pas représenté physiquement. Que pouvait-elle avoir fait pour avoir été corrigée ? Je savais que, tout comme moi, Varius savait apprécier les Arts tels que le chant, la musique ou la poésie, cependant, sa jeunesse et son passif de grand charmeur risquait de le discréditer lorsqu'il voudra affirmer son point de vue. Aussi je lui fis discrètement signe pour qu'il vienne s'approcher de moi et lui murmurer à l'oreille :
" Tu me laisseras parler Varius, écoutes et apprends "
C'est une poignée de seconde plus tard que la balade prit fin et encore un instant plus tard que le jeune Maître Askiath fit son apparition. Ni moi ni Varius ne manquâmes la soudaine réaction de la fille de Dieu à l'apparition de celui-ci.
" Soyez bien sûr, Maître Askiath, que nous sommes enchanter de votre disposition à nous accueillir et ce, malgré votre absence. Dame votre mère et Demoiselle votre soeur nous ont fait grâce de leurs conversations et de leurs dons respectifs. "
Portant mon regard sur Dame Askiath, toujours assise derrière sa harpe, je la gratifiais alors d'un applaudissement aussi symbolique et lent que silencieux, l'absence de force de mes mains et la bien séance voulant cela. Inclinant la tête un instant, je repris alors la parole :
" Je vous remercie Dame Askiath, votre talent et dextérité à la harpe sont des plus délicieuses, quant à votre jeune prodige, elle mérite visiblement la réputation que vous lui conférez. Il est toutefois surprenant qu'un tel don aie-été donné à une fille de Dieu et non pas à une Supérieure. "
Compliments et remerciement, les deux clés nécessaires pour rendre une femme heureuse, dirigé vers la Dame Askiath, l'ouverture laissée était par contre laissée à Salim, que je devinais dans l'ouverture de la porte. Il ne manqua pas de la saisir pour faire l'une de ses légendaires entrées, déclenchant fureur, rage et désarroi afin d'éprouver mes visiteurs ou hôtes. Il fit un pas dans la pièce, puis un autre et posa sa main droite sur la tête de la frémissante Tataliä.
" Une Supérieure ne saurait être aussi faible et ne se frapperai pas aussi bien. Tout comme sa beauté tant louée, qui ne traduit qu'un entretient correct de la peau de cette esclave. Je vous aies aussi apporté l'intendant Ringil qui souhaiterai vous consulter sur la subtilité de l'entretient d'un domaine. "
Bien différent qu'avec Ringil, son ton s'était voulu hautain, ignorant totalement la présence des autres personnes dans la pièce, affirmant et affichant avec force la différence de statuts qui existait dans ce salon, que les Askiaths étaient encore très loin d'arriver à la cheville des serviteurs du conseiller Royal, Sylsa Svylsa.

Je regardai attentivement la réaction de l'assemblée, voir qui allait exploser, disparaître ou rester neutre malgré cet affront très direct. Salim restait là, sa main droite vissée sur la tête de la jeune fille de Dieu, sa voulant malgré tout protectrice et chaleureuse, tel un parent l'aurait fait avec son enfant.
" Je vous prie d'excuser les manières de Salim, il n'a jamais vraiment su s'adresser aux personnes de qualité. "

La situation était exquise, le contexte magnifique, Salim était parfois magicien, faisant d'une poignée de mot un poison bien plus destructeur que celui des plus puissants alchimistes.
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